V. nu second volume^ V Appendix
cxiv NOTES ET SOUVENIRS.
Cette mission plaçait M. Barliet, et ceux dont il avait accepté la cordiale assistance, dans une situation difficile. Les visiteurs écartés par la plus expresse volonté du malade se plaicfuaient volontiers, et le mot de a séquestration » commençait à circuler. Chacun de ceux qu'il pouvait atteindre avait à dégager sa responsabilité. Ce fut dans ce but qu'eut lieu une démarche mal interprétée, paraît-il, et dans tous les cas mal présentée par quelques écrivains.
Deux ecclésiastiques, tous les deux anciens amis de Lamennais, le Père Ventura et M. Martin (de Noirlieu), avaient été avertis et s'étaient présentés une première fois chez l'illustre malade, sans qu'il fût possible de les admettre auprès de lui. Tous les deux avaient annoncé l'intention de revenir, et demandé qu'il fût prévenu d'avance. 11 fallait que cet avertissement préalable fût établi d'une manière tout à fait authentique, afin que les amis qui veillaient sur Lamennais ne demeurassent point exposés à des doutes injurieux, à de fausses interprétations. M. Barbet lui-même, si mes souvenirs ne me trompent point, exprimait ce désir.
Ce fut en ce sens qu'eut lieu une réunion officieuse à la- ([uelle on appela les personnes qui pouvaient ofïrir le plus de garanties au clergé: M. J. d'Ortigues, rédacteur des Z)é6afs, M. Benoît Champy, parent de Lamennais, désigné par lui comme un de ses exécuteurs testamentaires, M. de Vitrolles (qui avait lui-même averti MM. Ventura et Martin de Noirlieu), et une autre personne dont le nom m'échappe; j'avais aussi été convoqué.
Ainsi qu'il avait été convenu d'avance, nous fûmes introduits par M. Barbet dans la chambre du malade. On s'assit en demi-cercle auprès du lit, et, après quelques instants donnés aux questions de pure amitié, M. Barbet, resté au chevet (le Lamennais, lui transmit la communication réclamée par les deux prêtres.
Lamennais répondit, d'une voix très-ferme et avec un accent très-net :
(( Je sais dans quel but viennent ces Messieurs. Et c'est parce que je le sais que je ne puis les recevoir. On les remerciera de ma part. »
NOTKS I-:T SOUVi'NIUS. cxv
Un instant de silence suivit cette déclaration si précise et si tonnelle. Personne ne se permit la moindre observation ; personne, je le répète, n'était venu pour autre chose ([ue pour constater, sans (ju'il restât un doute possible, la volonté du mourant.
Postérieurement à cette démarche, le curé de la paroisse des Blancs-Manteaux ' se présenta, de la part de l'archevêque de Paris, demandant à être introduit auprès du malade. On lui opposa, mais avec tous les égards possibles, la détermination bien arrêtée de ce dernier. On ajouta, pour rassurer sa conscience et celle de ses supérieurs hiérarchiques, que si cette détermination venait à changer, on irait aussitôt l'en prévenir, avant même d'envoyer à l'Archevêché. Aucun retard ne serait donc à redouter. Ces assurances, données à plusieurs reprises, parurent satisfaire M. le curé. Il se retira sans insister davantage.
Dès le lendemain, cependant, il revenait à la charge , ce qui, après les paroles échangées la veille, était une démarche tout à fait imprévue. Les engagements pris, les paroles données ne semblaient plus lui suffire. Cette seconde entrevue eut le même résultat que la première, avec cette dittérence qu'elle fit naître un germe de mécontentement réciproque, bien facile à concevoir.
j'arrivai justement à l'issue de cette embarrassante visite : MM. Barbet, d'Ortigues et Benoit-Champy en causaient ensemble, et m'en firent part. J'ouvris l'avis qu'une démarche devait être tentée auprès des supérieurs hiérarchiques à l'insistance desquels, sans nul doute, devait être attribuée celle du curé de la paroisse. Personne ne parut disposé à prendre l'initiative de cette démarche : la conversation en resta là.
Le soir même, c'est-à-dire trois ou quatre heures plus tard, deux personnes vinrent frap[)er à ma porte. C'étaient MM.Be-
l. Sur laquelle est située la rue du Graud-Cliantier, où Lamennais habitait, u° 12.
cxvi NOTES ET SOUVENIRS.
noit-Champy et d'Ortigues : — » Décidément, me dit le premier, votre avis était bon. 11 faut essayer d'arrêter ces inutiles démarches. Nous allons à l'Archevêché. Voulez-vous vous joindre à nous? »
Refuser de m'associer à une démarche que j'avais proposée, m'eut paru peu convenable. Je suivis ces Messieurs. Nos cartes remises à un valet de chambre, avec mention sommaire de l'objet qui nous amenait, nous ouvrirent l'accès du salon archiépiscopal.
Mgr Sibour nous reçut, assisté de deux ou trois ecclésiastiques. Debout devant sa cheminée, il entra en matière dès que nous fûmes assis, et nous parla, pendant environ vingt minutes, de son affliction, de ses devoirs, des mesures qu'il avait cru devoir prendre, des prières ordonnées pour la conversion de Lamennais, etc. Nous écoutions, dans un silence respectueux, ces développements un peu prolixes de la pensée pastorale. La péroraison me réveilla tout à coup. Après avoir insisté sur la nécessité où il était d'employer tous les moyens à sa disposition pour ramener l'àme égarée, l'archevêque ajoutait que, de concert avec un de ses vicaires -généraux, il avait mandé une pieuse femme, autrefois très-liée avec Lamennais, -M'"*' de Vaux, supérieure des sœurs de Juilly : — « Et, continua le prélat, il lui est enjoint de se transporter rue du Grand-Chantier, avant môme de passer à l'Archevêché. Cette dame est pleine de zèle; elle est ardente; elle est robuste' ; elle trouvera bien moyen de pénétrer jusqu'au lit du malade... »
M. Benoit-Champy avait à faire revenirMgr Sibour des idées fausses qu'il s'était faites sur la situation de Lamennais, entouré, croyait -il, de gens fort résolus à ne souffrir point qu'un ministre de la religion arrivât jusqu'à lui ; il avait de plus à démontrer l'inconvenance et l'inutilité des mesures projetées pour venir à bout de ces chimériques obstacles. Il le fit avec beaucoup de tact et de mesure, sa tâche, d'ailleurs, lui étant rendue facile par la confiance per-
1. Je g'arantis lu mot poui- mot de cette phrase étrange, qui me causa une véritable stupéfaction, et demeurera toujours gravée dans ma mémoire.
NOTHS HT SOUVENIRS. cwii
sonnelle que M. d'Urtigucs et lui inspiraient à l'archevêque, il put, en outre, exhiber, i\ l'appui de son dire, des instructions de la main même de l^amennais, ([ui ne laissaient aucun doute sur les véritables dis|)ositions du mourant.
Ces arjiuments et ces preuves avaient produit tout leur effet sur l'esprit du prélat, lorsque la porte du salon s'ouvrit et livra passaj^e à M. Hautain, qui, parait-il, avait suggéré l'idée de la démarche dictée à .M"'*' de Vaux ' . L'archevêque lui fit part des résolutions nouvelles qu'il venait d'adopter, séance tenante. Elles consistaient à modifier les instructions données à la supérieure de Juilly, en ce sens qu'elle eût à passer chez l'archevêque avant de se rendre chez Lamennais.
Ce simple changement d'itinéraire en impliquait un autre beaucoup plus essentiel. Et, au surplus, je dois dire ici, qu'ayant eu l'honneur de rencontrer quelquefois M'"*' de Vaux chez M. deVitrolles, je ne doutais guère qu'elle ne dût se refuser à la mission réclamée de son zèle et de son ardeur. Elle l'a désavouée, en termes formels, dans une lettre que le neveu de Lamennais a rendue publique.
Sauf les instances personnelles de sa nièce, mentionnées dans un document également livré l\ la publicité, et qui sera reproduit à la tin de la Correspondance, Lamennais n'eut plus de nouveaux assauts à subir. 11 mourut tranauille dans la foi qu'il s'était faite.
J'avais été mandé par son ordre, quand il se fut dit que l'heure suprême n'était plus loin. Penché sur lui, j'avais reçu le dernier adieu qu'il envoyait à son vieil ami, M. de Vitrolles, et une recommandation — fort inutile, à coup sûr, — de ne me laisser arrêter ni intimider par aucune obsession dans l'accomplissement du mandat qu'il m'avait confié. Quand il eut entendu ma solennelle promesse, il parut n'avoir plus rien qui pesât sur son esprit. H était alors près de six heures du soir. Je ne quittai plus la maison, prêt à recevoir toute pres-
1. M. Bautain est un des fondateurs et des administrateurs du colléu'e de Juilly.
cxviii NOTES ET SOUVENIRS.
cription nouvelle que dicteraient au mourant les inquiétudes de l'heure qui finit tout.
Un profond sik-nce réiinait dans la chambre où il achevait de vivre. Pas une plainte, et, pour ainsi dire, pas un mouvement. Outre la garde-malade, il n'y avait plus là que la nièce de Lamennais et une de ses amies (M™* de Kertanguy et ]\jme (|p Granville). M. Barbet allait et venait de cette chambre au cabinet de travail où quelques amis passèrent encore la soirée. Vers onze heures, nous n'y étions plus que trois ou quatre, et le reste de la nuit s'acheva ainsi.
Vers deux heures du malin , M. Barbet venant à moi, me dit que Lamennais l'avait appelé à deux ou trois reprises pour lui parler, mais que ses paroles étaient devenues indistinctes : on n'y discernait plus que le mot -.papiers. M. Barbet semblait penser que Lamennais manifestait ainsi, sans pouvoir les exprimer nettement, des inquiétudes sur le sort des manuscrits qui m'étaient légués. Je m'offris à faire immédiatement tout ce qui pourrait calmer ces anxiétés. M.Barl)et retourna auprès du malade ; mais il ne put saisir, me dit-il, ce que Lamennais voulait lui faire entendre. Lamennais s'en était aperçu, et, avec un mouvement d'impatience découragée, il s'était retourné du côté de la muraille. — Le silence se fit encore, et mes yeux fatigués continuèrent à suivre, sur la pendule, le cours inexorable du temps.
Le jour était revenu, lorsque j'entendis, pour la dernière fois, la voix du mourant, qui était alors seul avec sa gardemalade. Le domestique fut appelé. 11 se fit un mouvement autour du lit. On avait soulevé Lamennais pour changer son linge ; il s'était évanoui dans ce dernier etïbrt; — et l'agonie venait de commencer. ISous vînmes alors entourer notre ami. Cette agonie durait encore, et, détournant un instant mes yeux d'un si cruel spectacle, je m'étais approché de la fenêtre. On voyait de là quelques petits jardins, encaissés dans de hautes maisons, le sombre squelette des arbres dépouillés, les allées noires autour des gazons flétris. Le pâle soleil d'hiver, traversant la vapeur matinale, jetait sur ce mélancolique tableau un éclat humide et voilé. Au bord d'un des toits voisins , quelques colombes couraient. Deux d'entre
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elles, s'envolant tout à coup et traversant l'air, blanches dans un blanc rayon, vinrent s'ahattnî i)rt;cis(''inent sur le relioi'd (le la tenèlre mortuaire . L ne iniaj^ination un peu exalté*; eùl pu voir eu elles deux an^es envoyés pour recevoir l'âme tourmentée, et la conduire au sein de l'éternel repos. L'âme s'exhala peu d'instants après.
La chambre, en ce moment, était repeuplée. L'impression était profonde, et, chez tous, la même. La tête de Lamennais, presque toujours penchée sur sa poitrine, et comme pliant sous le poids de ses fortes méditations, était maintenant rejetée en arrière, et se révélait pour la première fois, à la plupart d'entre nous, dans toute la majesté de son yalbe pour ainsi dire césaréen. Jamais contours et linéaments n'ont traduit à mes yeux, aussi énergiquement, une idée abstraite : — celle de la volonté victorieuse. Spectacle imposant, j'allais dire sublime, devant lequel nous restâmes longtemps recueillis, presque stupéfoits
Passer de ce souvenir à celui des funérailles de Lamennais, me serait, en vérité, trop pénible. On comprendra, d'ailleurs, que le jour n'est pas venu où peut être racontée, sans réticences, cette matinée lugubre. Lamennais avait écrit, pour ses exécuteurs testamentaires, les instructions suivantes :
« Je veux être enterré au milieu des pauvres, et comme le sont les pauvres. On ne mettra rien sur ma tombe, pas même une simple pierre.
« Mon corps sera porté directement au cimetière, sans être présenté à aucune église.
«On n'enverra point de lettres de faire part. On annoncera seulement ma mort à MM. Béranger, de Vitroiles, Ém. Forgues, L d'Ortigues, Monlanelli, et M°" veuve Élie de Kertanguy.
«Je défends très-expressément qu'on appose les scellés chez moi.
« Paris, 16 janvier 1854.
F. I.AMENiNAlS.
cxx NOTES ET SOUVENIRS.
Ces instructions furent interprétées par l'autorité dans le sens étroit qui permettait à ses aj^ents d'écarter la foule accourue pour accompaf^ner, jusciu'au seuil de la tombe, le défenseur dévoué de la démocratie, le champion sans reproche et sans peur de la doctrine émancipatrice, l'homme en qui se sont manifestés, au degré le plus haut, dans nos jours de misère, le respect du droit, le culte de l'autorité purement morale, la haine et le mépris du pouvoir imposé par la force.
L'heure du départ ayant été changée sans qu'on en eût prévenu ni moi, ni aucun des amis mentionnés dans les instructions qu'on a lues, j'arrivai trop tard à la maison mortuaire, et trop tard encore à la porte du Père-Lachaise. L'hémicycle était littéralement envahi par les agents de police. A droite et à gauche, deux escadrons, sabre en main. Au centre, un groupe dans lequel on me signala M. le Préfet de police, par l'ordre duquel l'accès du cimetière était fermé. Une explication très-courte, mais assez vive, décida ce magistrat à me laisser pénétrer dans l'enceinte. A peine mes compagnons * et moi y avions-nous fait quelques pas, que nous vîmes redescendre, par une allée à notre gauche, le petit groupe d'amis (six à huit au plus) qui avaient eu le triste privilège de l'adieu suprême.
... Le cercueil, a écrit l'un d'eux, fut descendu dans une de ces longues et hideuses tranchées où l'on enterre le peuple. Lorsqu'il fut recouvert de terre, le fossoyeur demanda : « Faut-il une croix ? » M. Barbet répondit : « ISon. » M. de Lamennais avait dit : « On ne mettra rien sur ma fosse. » Pas un mot ne fut prononcé sur sa tombe.
Parmi les témoins de cette scène extraordinaire se trouvait Béranger, qui, trois ans plus tard, mais dans de tout autres conditions, est allé rejoindre son ami. Ses obsèques, à lui, ont été splendides, et le deuil otiiciel s'y associait au deuil
1. L'un d'eux était .M. Éd. Charton, ancien secrétaire général du ministère de l'instruction publique; l'autre, un jeune homme dont le nom m'est resté inconnu, et qui, arrivant en même temps que moi rue du Grand- Chantier, m'avait offert sa voiture.
NOTES ET SOUVl-NIRS. cxx[
populaire. Ce contraste frappant, (ju'on s'explique sans peine en y sonficant (|U('l(|ue peu, fait ressortir le caractère de l'époque, le caracltre des deux liomnies, et le rapport de chacun d'eux avec les temps où ils ont vécu.
Ce que j'avais à dire de Lamennais, je crois maintenant l'avoir dit. 11 ne m'appartient pas, mais bien aux maîtres de la science, de juger sa philosophie. Sauf ce qu'ils en décideront, dans un avenir qui seul peut éclairer leur jugement et le rendre délinitil', il me sendjlc qu'il leur sera aisé d'établir une concordance étroite entre les données générales du système de Lamennais et ses idées, que le temps modifia, non dans leur essence, mais simplement dans leurs applications aux événements, aux faits successivement développés, à ce qu'on pourrait appeler les contingences du mouvement social, de la vie politique en Europe et en France, du catholicisme dans le monde entier. Je ne chercherai pas davantage à apprécier mon illustre ami, au point de vue purement littéraire. Ceci me serait peut-être permis, à la rigueur; mais, si indépendante que fût l'expression de ma pensée à cet égard, je sais et je sens que, placée en tête de ce recueil, elle n'échapperait pas à une espèce de soupçon. Et d'ailleurs, parlant en quelque sorte au nom de Lamennais, ce qui ressemblerait à un éloge serait évidemment un contre-sens; tandis qu'une censure, si loyale qu'elle pût être, semblerait, pour le moins, une inconvenance.
Le philosophe et l'écrivain se trouvant ainsi placés en dehors de ma compétence, ai-je à m'expliquer sur le compte de l'homme ? ai-je à résumer les caractères de la grandeur morale par laquelle il s'impose au respect, — désintéressement héroïque, droiture inflexible, loyauté obstinée, intégrité inébranlable? Mais, ici encore, qu'ajouterait mon témoignage aux preuves déjà fournies, à celles qui vont l'être dans les pages ci-après ? Ceux qu'elles n'éclaireront pas ne m'accorderaient
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certainement aucune créance ; — et , pour les esprits équitables, elles suHiront de reste.
C'est à eux, c'est à leurs sympathies non suspectes que les amis de Lamennais défèrent, sans crainte aucune, sa mémoire chère et vénérée. Nous n'avons à redouter pour elle, devant le tribunal de l'avenir, aucuns préjuf^és, aucuns ressentiments, allons plus loin, aucune mauvaise foi, aucune trahison. Le temps n'est plus, quoiqu'on puisse dire et faire, où les passions relij;ieuses et politiques pouvaient, sur la renommée d'un homme de bien, attacher à jamais, stigmates infamants, les mensonges de leurs animadversions éphémères. Le monde n'est plus ni assez catholique, ni assez monarchiste, Dieu merci, pour que le prêtre désabusé de la papauté, le royaliste devenu républicain, demeure, à ces titres, sous le coup d'une condamnation sans appel. Et Lamennais luimême, si peu enclin à l'optimisme, n'a pas méconnu, à cet égard, la situation qui lui serait faite, quand, aune des époques les plus critiques de sa vie, il s'écriait, avec une confiance que nous partageons et qui ne sera pas trompée :
((...Au reste, si la haine , la colère, l'injure, poursuivent, pendant sa vie, l'homme qui ne connut que le Juste et le Vrai, la justice s'.issied sur sa tombe ' . ))
l'Éditeur.