‹ Œuvres posthumes de F. LamennaisChapitre 66 sur 165 · Le Comlitutionnel et le Courtier · texte numérisé non relu

Le Comlitutionnel et le Courtier

au commencement de mars. Vous aurez vu, dans rintervallc, l'ouverture de la session; tout le monde se demande ce qu'elle produira, et moi je réponds : l'ien, parce qu'il est impossible (ju'il sorte rien de là. Je crains seulement des lois prétendues favorables à la Religion, et qui la mettraient dans un état pire que celui oîi elle est maintenant; par exemple, une loi sur la presse, une loi sur le mariage, etc.

Je m'étonne que l'on demande tant le renvoi des ministres, puisqu'il faut bien qu'on aille jusqu'au bout, et que les dernières conséquencejs du désordre actuel se réalisent : Quod facis, fac cilA'ùs; et qui fait plus vite qu'eux? Vous devez être de plus en plus frappé de l'abrutissement des esprits. Nonseulement on ne veut rien entendre, mais on est incapable de rien entendre sur rien. Cela fait grande pitié, mais cela fait peur aussi, non pour soi, mais pour l'avenir du monde.

Les Débats poussent tant qu'ils peuvent, en politique à la république fédérative, et au schisme en religion. La question américaine et la question russe compliquent toutes les autres questions; et, ce qu'on n'avait jamais vu, les deux forces qui remuent l'Europe, et qui agissent sur elle en sens contraire, sont toutes deux hors des gouvernements ; d'où suit, quoi qu'il arrive, l'insurmontable nécessité d'un changement total dans les gouvernements. Il faut qu'ils soient détruits ou qu'ils se régénèrent, et ils ne peuvent se régénérer qu'après la destruction. Vous direz que cette perspective n'est guère consolante, et je serai de votre avis; mais ce n'est pas un motif pour s'abuser sur l'état des choses.

Mille tendresses à notre ami. J'ai reçu son excellente lettre, et j'y répondrai bientôt. 11 me tarde de vous embrasser l'un et l'autre. Adieu, cher.

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