‹ Œuvres posthumes de F. LamennaisChapitre 68 sur 165 · Tous les deux rédacteurs du Journal des Débats · texte numérisé non relu

Tous les deux rédacteurs du Journal des Débats

revoir, vous et M""" de Senfft, et la comtesse Louise. Mou livre vous (lit uiille teudressus. L'abbé G. y joint ses hommages. Adieu, adieu.

ll/l. — A M. BERRYER.

A la Chênaie, le 30 janvier 1826.

Je serai près de vous, cher ami, cuire le 15 et le 20 février. J'étraugle uu peu la tin de mou travail, pour n'être pas, s'il est possible, étranglé moi-iuèmc par ({ui vous savez. Cette triste affaire m'a l)ien vieilli, et je crains beaucoup d'avoir encore à en souttrir longtemps. Croyez que je ^ens ce que vous faites pour moi. et que tout cela descend dans mon cœur pour n'en jamais sortir. Mon repos, si je l'obtiens, m'en sera plus doux quand je vous le devrai. Je vous prie de voir si vous avez chez vous le livre de factures, et de le faire remettre à ^L Lasneau, à qui mon beau-frère a indiqué des vérifications à faire, utiles pour les comptes.

Je ne puis vous exprimer combien j'ai de peine à m'arracher de ma solitude, sans même savoir quand j'y rentrerai, car je n'ai pu me dispenser de promettre à l'excellent comte de Sentît et à sa famille de les aller voir, au printemps, à Turin. Cette idée de passer les Alpes me tourmente, moi qui ne peux sans effort quitter le coin de mon feu. Mais je le dois, et je le ferai.

Vous lisez en ce moment le discours d'ouverture. On ouvre toujours et l'on ne ferme jamais. Il y a des points délicats à toucher dans ce discours; mais les oreilles sont bien préparées. Que ne suis-je riche ? je les familiariserais avec la vérité même. Je suis curieux de savoir ce qu'on imaginera sur la liberté de la presse, car on dit qu'il en sera question. Je n'ai vu encore cet important sujet bien traité nulle part. Ou l'on se trompe dans les principes, ou Ton se trompe dans l'application. \ous devez trouver, mon ami, qu'en général nos chers contemporains ne sont pas prodigieusement remar-

iGO CORRESPONDANCE

quables par la force de tête. Ils ont tant d'autres qualités! C'est comme les Chambres ; on voudrait qu'elles fissent deux choses à la fois, penser et parler, par exemple; il n'y a point de « spiritualité » qui y tînt. A propos de spiritualité , ditesmoi donc ce que devient celle de M. de B.^ Non; de ma vie je n'ai rien lu de si extraordinaire, de si merveilleux en son genre, que son article sur la propriété littéraire inséré dans la Quotidienne. C'est à pleurer, quand on songe à ce qu'était cette raison et à ce qu'elle est devenue. Pauvre humanité! et que cela fait faire de tristes retours sur soi-même !

Je vous remercie mille fois du service que vous avez rendu au digne homme que je vous avais recommandé. J'espère qu'il aura le dessus des odieuses persécutions dirigées contre lui. Les détails, que je vous conterai, forment une complication d'horreurs à peine croyables, même en ce temps- ci. J'aurais une multitude de choses à vous dire; je les réserve pour mon arrivée. Le motif que vous savez m'empêche d'écrire à mes amis : que leur dirais-je? on ne peut plus causer par lettres. Voilà ce qui fait que je n'ai point écrit à la personne qui nous est si chère à l'un et à l'autre ^; veuillez le lui dire, et qu'il y a de la délicatesse dans mon silence.

Adieu, cher, et à bientôt. Aimez-moi comme je vous aime, et aussi longtemps que je vous aimerai. Tout ce qui finit me déplaît.

Paris, le IS février 1826.

Je ne vous écrirai que deux mots, mon excellent ami, pour vous remercier, et M""*^ de Sentît, et la comtesse Louise, de votre souvenir si constant et de toutes vos bontés. Dans une quinzaine de jours vous aurez de mes nouvelles. Je suis en ce moment accablé de visites, de courses à faire et d'occu-

1. Évidemment, c'est de M. de Bonald t\\x"i\ est ici question.

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