Billets; dates incertaines
finitivement, A propos de V Evangile Touquet, le Globe nous dit aujourd'hui des choses fort remarquables'.
On assure que la bulle du Pape sur la petite Église-, estar-
1. Yoiei l'article du Globe, du moins ce qu'en transmet Lamennais : "On veut en vain se le dissimuler, la révolution française et après elle la
Charte, qui n'en est souvent que la traduction légale, ont complètement changé le principe fondamental de la société. Jusque-là toute croyance était réglée par le sacerdoce; c'est lui qui faisait la vérité ou l'erreur; la loi morale même venait de lui, et il l'imposait, telle qu'il la concevait, à la loi politique. En vain les dissidents de tous les âges avaient tenté l'affranchissement; il a fallu la philosophie du xviii^ siècle, ses longs et patients combats, et enfin la terrible ruine qui les a suivis. La vérité, telle que le catholicisme, telle même que le jansénisme l'avait proclamée, a cessé d'être la vérité universelle. Travaillées de tous les doutes, en présence de mille religions diverses, de mille systèmes contradictoires, cherchant sans tutelle et sans prêtre la solution du grand problème de Dieu, de la nature et de l'homme, les intelligences se sont proclamées souveraines chacune de leur côté. Qu'il y ait heur ou malheur à cette émancipation audacieuse, qu'il y ait faiblesse ou force dans cette anarchie des esprits, il n'importe ; elle est aujourd'hui notre premier désir, notre premier bien, notre vie ; et voilà pourquoi la loi, cette expression variable de la nécessité, a constaté et consacré l'anarchie. Par elle, toute opinion, ce qui est bien plus général qu'un culte, toute opinion a été déclarée libre et autorisée à se proclamer. Ainsi sont tombés sous la juridiction de chacun toutes les révélations, tons les sacerdoces, tous les livres saints. Si l'État a reconnu des mystères, des livres et un culte, c'est pour ainsi dire un choix privé qu'il a fait; lia parlé pour une collection d'hommes qui aimaient et révéraient ce culte, ces livres, ces mystères ; mais il ne leur a point donné le caractère de la vérité légale et obligatoire, il ne les a point soustraits à la discussion. Sous notre législation, l'Évangile, comme la loi de Moïse, comme les Védas, comme le Coran, est le domaine de tous. Divine ou humaine, cette pensée, dès là qu'elle est écrite (m prêchée, e.st mon bien; j'en prends ce que je veux, j'en retranche ce que je veux, seulement avec respect et sans dérision, parce qu'il y a à côté de moi des citoyens, mes frères, qu'il m'est défendu de blesser, comme il leur est défendu de m'outrager. De tout cela il n'y a que deux juges suprêmes : Dieu, qui me récompensera ou me punira dans l'avenir; l'opinion publique, qui me blâme ou m'approuve dans le présent. "
2. La petite Église, dont les ministres étaient aussi appelés aniiconcordalaires, — on les désignait encore sous le nom de Louisets, — se composait d'ecclésiastiques qui n'avaient jamais prêté aucun serment à l'autorité séculière, se déclaraient absolument indépendants, et ne reconnaissaient aucune des lois qui ont abrogé ou réduit les anciens privilèges du clergé. Quelques-uns d'entre eux et de leurs adeptes avaient subi des condamna tions, et l'un des principaux apôtres de ce culte, nommé Fleuriel, remarqual)le ])ar l'étrangeté de ses discours et de ses actes, fut enfermé comme fou dans une maison de santé.
ivtt't' ;iu C(»iis('il d'I'ital ; on y trouve des chosfs (|ui ne s'act't)rdt'nL pas avec les maximes gallicanes. Ainsi voilà la Kranco soustraite administrativemenl à l'autorité du Saint-Siéye, en matière purement spirituelle. Nous ne serons instruits qu'avec permission du conseil d'l';tat et nous ne croirons que ce (|u'il leur plaira. Us jui^cnt en dernier ressort les jugements du Pape et fixent la doctrine. Je supprime toute réilcxion.
H me tarde bien que votre position soit fixée selon vos désirs ; il n'y aurait pas de comparaison, et tout vous ai)pelle /à'. Dites-moi, au moins, ce que vous présumez sur la jjrobabilité de la chose, et sur l'époque.
Voudriez-vous bien vous charger de mon comi)limenl au comte de M. sur la naissance de son lils? Personne ne partage plus sincèrement ([ue moi sa joie. Ma santé est mauvaise, je soutire beaucoup, et le moment approche cependant où un peu de force sera nécessaire. Deus i)rovi(lebit. Mille tendresses.
Paris, octobre et novembre lS2t).
Paris, 26 novembre 1826.
J'ai reçu exactement les lettres dont vous me rec(jnmiandez de vous annoncer la réception, et je vous remercie beaucoup des détails qu'elles contiennent. On avait imprimé dans le Mémorial de novembre la pièce que M. de S. m'a envoyée, et l'on y avait joint un petit avertissement selon ses vues. D'après sa seconde lettre, arrivée heureusement à temps, on a supprimé le tout. Quoique j'en conçoive très-bien les motifs, je n'approuve point l'espèce d'impatience dont vous me citez des exemples fâcheux. On peut sans doute avoir un avis, mais le jugement appartient à d'autres, sans quoi point