‹ Œuvres posthumes de F. LamennaisChapitre 94 sur 165 · Le père Ventura · texte numérisé non relu

Le père Ventura

liuniblenient les tribulations qu'à n'en point sentir. J'aurais grand besoin pourtant de vous savoir tous heureux; ce serait une douce consolation à mes propres chagrins. Les gens qui m'ont trompé sont plus que jamais déchaînés contre moi. Jamais je n'eusse imaginé qu'il pût exister de pareils honmies. Cela brise l'âme et altère la santé. Mes spasmes m'ont repris avec les douleurs de cœur. J'espère, néanmoins, que cet état n'aura pas de suites fâcheuses.

Voici quelques faits qui vous donneront une idée de notre position. On avait menacé Mah. \ s'il parlait de la destitution de Laurentie, de destituer de plus l'abbé de Salinis^. Rien de nouveau et d'étrange en cela; il y avait des précédents; mais, ce qui n'avait pas d'exemple, on a menacé son confesseur, vicaire de Saint-Louis à \ersailles, de lui ôter aussi sa place s'il continuait de le confesser; et le voilà obligé de se choisir un confesseur à Paris, pour ne pas compromettre ceux de la ville qu'il habite. Par ce trait jugez du reste .

L'archevêque de Reims^ déclare publiquement aux ordinations que quiconque professera les mêmes doctrines que le Pape sera exclu des Ordres, et que partout où il ira on s'y prendra de manière à ce qu'il meure de faim. Le même archevêque a recommandé très-expressément à son clergé de ne coopérer en rien à l'œuvre de la Propagation de la Foi, parce que « c'est procurer de l'argent aux ultramontains.» Il s'est prononcé également, et sous le même prétexte, contre la Société catholique des Bons Livres. Outre la rabbia Gallicana, on présume qu'il croit par là favoriser son entrée au ministère, dont il a été grandement question dans un certain monde. Je n'ai pas besoin de vous dire que de toutes les chimères c'est la plus absurde.

Les missionnaires s'attendent à être bientôt supprimés ; il est certain qu'il a été résolu quelque chose contre eux dans le conseil. Les J viendront après.

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