RÉCAPITULATION
m fruits el de leurs liges , avec le sol et le B des oaissent , et ceux qu'elles forment de ta genre, étant pour ainsi dire groupées deux a : enfin j'ai indiqué les relations qu'eOes rec les animaux et les bonunes; en sorte que dire avoir démontré qu'il n'y a pas une seule se de couleur jetée au hasard dans la nature. ODné, par ces vues, le moyen de former des ties complets dliistoire naturelle, en mooqne chaque plante était le centre de l'exisdTune iniSnité d'animaux, qui ont avec elle ■nenances qui nous sont encore inoommes. Rurait étendre, sans doute, leurs harmonies oÎD ; car beaucoup de plantes semblent avoir dations non-seulement avec le soleO , mais iiferses constellations. Ce n'est pas toujours Moteur du soleil sur Thorizon qui les met en Hion. D y a telle plante qui fleurit au prini, qui ne développerait pas la plus petite 5 en autonme, quoiqu'elle éprouve akm le t degré de chaloir. D en est de même de semences, qui germent et poussent dans saiton et non dans Fantre, quoiqu'elles h même température. Ces relations eélertes ttconnnesderancienne philosophie des Egypet de Prthagore. On en trouve beaoeoop erraiioos dans Plme. lorsqu'il dit, par esem- |Be vers le lever de la Poosnniére les oiivien ( vignes conçoivent leur fruit; et d'après le, qœ le froment doit-se semer après la rede cette cottsteUatiou. et les lentilles à ceBe Bovier; que les roseaux et les saoKaesdoitt planter kmqne Téloîle de la Lyre se coo- Cest iraprês ces relations . donc les causes Mat inxnniiesw que Linnée avait fonné avec Mn d» phote» on almanach botanique, dont a pmeute la première idéeanx bbooreors 0 lemp^ ", Haif doqs avons indiqoé des hares végétal» enewe plofr tooehaoles, en bà- Mr qœ le temps do développement de dMifoe e, de sa Ikanàstm et de la antoriié de ses i, était hté avec le» déveioppemnis et les hedesanimaax. d iortMil avec < r en a poiot qoi n'aîi avor bck» des fié dô«eie ou ÎMireeie : MÛ celle partie de rhitlMre ooouneqaedc»
àb Ty ai fait v«ir qoH «tait fane fiiyiiqae tS. Tmân
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contraires, dont Tun est celui de sa misère , et l'autre celui de sou excellence. J'ai démontré que ces deux puissances étaient très-lieureusement mtisfl^ites dans les diverses périodes des passions, des âges et des occupations auxquelles b nature a destiné rbomme , comme l'agriculture , le mariage , l'établiaKement de b postérité , b religion. Je me suis arrêté principalement sur les affections de b puiManee intellectuelle, en faisant voir que tout ce qui nous paraissait délicieux et ravissant dans nos pbisirs naissait du sentiment de l'infini , ou de quelque autre attribut de b Divinité, qui se montrait à nous à l'extrémité de nos perspectives. J'ai démontré, au contraire, que b source de nos maux et de nos erreurs venait de ce que , dans Fétat social, nous croisons souvent ces sentimens naturels par les préjugés de l'éducation et de b société; en sorte que nous portons souvent le sentiment de l'infini sor les c/bj/tta pasiagert de ce monde, et celui de notre misère et de notre fiûbicsse sor les plans immortels de b natnre. Je n'ai fiût qo'cflleorer celle riche et sobymeoiatiére; mais j'ose dire que par cette seule roule j'il prouvé soffhoHment b nécewllé de b vertn , et qoe j'en ai indiqué b vâitable sooree, non on nos philosophes modenies b cliercbaM, e'cit-è-dire dans nos înslitutions potitiqofs qoi lui sont souvent coolnires, mais dans Fétat naturel de Fboaone , et dans son propre coeur.
rm apptiqoé enmite de mon mieux, dans F£tnde înàDèaÊt, Faction de ces ^bn» wiiiiinfci an bonbeor de b sociélé, en faisant voir d'abord qœ bplopartde nosmanx ne sont qœ des réactions qoi ont tooles pour origiœ irtofffira^ Pfi^
argent et en terres. J'ai prouvé qœ ces |tf«priéiés piïidinnifnl Fiodipcoee physiqœ et
drait à soo loor one fwde dlmomes corroMpos. qui caifloyaîent tontes les reMMiTR» de b rme et de FindMtrie poor Cnre rendre aux riebe» b portion de leur neocMaire;qœleeettat et les todes qoi Faocooqoigneat «uéenl, dans m
de ci^eos, des effets de cet état de péet d* wciénf oè îb se tiooioiiet rôdoiis ; et
par OMire-ooop« b
defsréoo de Miâbj i#nœdes deb
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KTIJDË QUATOIIZIÈMK.
humaine. J'ai tiré de ces principes plusieurs conséquences imporlantes.
J'ai démontré en(in qn'iuie panie de nos maladies pliysiques et morales venait des ciiâlimens, des nkx)mpenses et de la vanité de notre éducation.
J'ai hasardé différentes vues , pour fournir au peuple dos moyens abondans de subsistance et de population, et pour ranimer chez lui l'esprit de religion et de patriotisme , en lui présentant (pielques perspectives de l'infini, sans lesquelles le bonheur d'une nation , comme celui d'un particulier, est nul et bientôt épuisé, (piand on le composerait, d'ailleurs, des plans les [)Ius avantageux de finances, de commerce et d'agriculture. Il faut pourvoir à la fois à l'homme comme animal et comme être intellecluel. J'ai temûnéccs différens projets par présenter , à la fin de la cpialorzième et dernière Etude, res(|utsse d'une éducation nationale, sans laquelle il ne peut y avoir aucune espèce de li^slàtion ni de patriotisme durable. J'ai tâché d'y développer à la fois les deux puissances pliysiquc et intellectuelle de l'homme , et de les diriger vers la patrie et la religion.
Saas doute je me serai souvent égaré dans des roates si nouvelles et si étendues. J'aurai été bien des fois au-dessous de mon sujet par la coupe de mes plans , par mon inexpérience , par l'emliarras même de mon style; mais, je le répète, pourvu que mes idées en fassent naître de meilleures à d'autres, je suis content. Ce|)endant, si le malheur est le chemin de la vérité , je n'ai pas mampié de moyens |)our me diriger vers elle. Les désordres dont j'ai été souvent le témoin et la victime m'ont fait naître des idées d'ordre. J'ai trouvé quelquefois sur ma roule des grands accrédités et des hommes appartenant û des corps respectables, ({ui avaient toujours à la bouche les mots de patrie et d'humanité. Je me suis approché d'eux pour m'éciairer de leurs lumières , et [>our me mettre sous la protection de leurs vertus; mais je n'ai trouvé que des intrigans, qui n'avaient d'autre objet que lenr fortune persoimelle, et qui m'ont bientôt persécuté , parce «ju'ils ont vu que je n'étais propre à être ni l'agent de leurs plaisirs , ni la trompette de leur ambition. Je me suis alors rangé du côté de leurs ennemis , croyant que j'y trouverais l'amour de la vérité et du bien pid)lic; mais, quelque variés ((ue soient nos sectes, nos partis et nos corps, j'ai rencontré partout les mêmes hommes, couverts seulement d'habits différens. Quand les uas et les autres ont vu que je refusais d'être leur sectateur , ils m'ont calonmié à la manière perfide de (X sit-clc, c'est-à-dire en faisant mon éloge. On
vante beaucoup le temps où nous vivons; nous avons sur le trône un prince rival de Marc- Âarèle, notre siècle est l'émule de oehiî de Tibère. Si je mettais au jour les mémoires de ma vie '*, je ne voudrais pas d'autres preuves du mépris que mérite la gloire de ce monde, que de montrer i découvert ceux qui en sont ks objets. Pendant que , sans nuire à personne , après une infinité de vo^'ages, de ser\ice8 et de travaux infructueux, je préparais dans la solitude ces derniers fruits de mon expérience et de mes veilles , mes ennemis secrets, c'est^-dire les hommes dont je n*ai pas voulu être le partisan , m'ont lait retrancher on bienfait que je devais chaque année à la bienfiiisance du prince. C'était le seul moyen que j'eusse de subsister et d'aider ma Camille. A cette cala* strophe se sont joints des altérations de santé et des maux domestiques inénarrables. Je me suis donc hâté de cueillir le fruit, encore vert, de l'arbre que je cultivais avec tant de constance, avant qu'il fût renversé par les tempêtes.
Mais je ne veux de mal a aucun de mes persécuteurs. Si je suis forcé un jour , à cet égani , de (Mirler de leur conduite secrète envers moi , ce ne sera que pour justifier la mienne. Je leur ai d'ailleurs obligation : leurs persécutions ont causé mon repos. Je dois à leur ambition dédaigneuse une liberté préférable à leur grandeur. C'est à eux que je dois les études délicieuses auxquelles je me sui« livré. La Providence ne m'a point abandonne comme eux; elle m'a suscité des amis qui m'ont servi dans le temps auprès de mon prince , et elle m'en suscitera d'autres auprès de lui lorsqu'il sera néa\ssaire. Si j'avais eu en Dieu la confiance que j'ai dimnéc aux hommes , j'aurais été toujours ti-an(iiiille; les preuves de sa providence à mon égard dans le passé devaient me rassurer pour l'avenir. Mais, par un rice de mon éducation , les opinions des hommes ont encore trop d'empire sur moi. Ce sont leurs craintes , et non les miennes, qui me troublent. Cependant je me dis quelquefois A moi-même : Pourquoi vous embarrassez-vous de l'avenir ? Avant de venir au inonde, vous êtes-vous inquiété de quelle manièi-c s assembleraient vos membres et se développeraient vos nerk et vos os? Quand vous êtes venu ensuite à la lumière, avez-vous étudié l'optique peur savoir comment vous a|)ercevriez les objets; et l'anatomie , pour apprendre à mouvoir votre corps , et pour loi donner de l'accroissement ? Ces opérati(MLH de la nature, bien supérieures à celles iles lioiumes , se sont faites en vous à votre insu, sans que vous vous en soyi^z mêlé. Si vous ne vous êtes pas inquiété du naître, {H)urquoi du vivre et pounpioi
RECAPITULATION,
(iu mourir? N'étes-voos pas toujours dans la même main? ;
Cependant d'autres sentimens naturds m'ont attristé. Par exemple , de n'avoir pas acquis , après tant de courses et de services , seulement un petit lieu agreste où j'eusse pu , au sein du repos , mettre en ordre mes observations sur la nature, qui sont les seules qui m'aient paru aimables et intéressantes sous le soleil. Un autre regret encore plus vif est de n'avoir pas attaché à mon sort une compagne simple, douce , sensible et pieuse, qui, bien mieux que la philosophie, eût adouci mes peines, et qui, en me donnant des enfans semblables à elle, m'eût laissé une postérité [^us chère qu'une vaine réputation. J'avais trouvé cet asile et ce rare bonheur en Russie, au milieu d'un service honorable; mais j'ai renoncé à tous ces avantages, |K>ur cliercher, à l'instigation de nos ministres , de l'emploi dans ma patrie, où je n'avais rien de semblable à prétendre. Cependant je puis dire que mes éludes particulières ont réparé la première privation , en me donnant de jouir non-seulement d'un petit coin de terre, mais de toutes les harmonies répandues dans le grand jardin de la nature. Une épouse estimable ne peut pas être aussi aisément remplacée; mais si je puis me flatter que cet ouvrage contribue à multiplier les mariages , à les rendre plus heureux , et à adoucir l'éducation des enfons, je croirai perpétuer en eux ma famille, et je considérerai les femmes et les enfans de ma patrie comme m'appartenant en quelque ciiose.
n n'y a de durable que la vertu. La beauté du corps passe vite; la fortune inspire de vains désirs; la grandeur fatigue; la réputation est inconstante; le talent et le génie même s'affaiblissent : mais la vertu est toujours belle, toujours variée, toujours égale et toujours forte , parce qu'elle est résignée à tous les événemens, aux privations comme aux jouissances, à la mort comme à la vie.
Heureux donc, et mille fois heureux, si j'ai pu contribuer à réparer quelques-uns des maux de ma patrie, et à lui ouvrir quelque nouvdle perspective de bonheur ! Heureux si j'ai pu , d'iuie part , essuyer les larmes de quelque infortuné, et ramener , de l'autre , ces hommes égarés par la volupté, à la Divinité, vers laquelle la nature, le temps, nos propres misères et nos affections secrètes nous entraînent avec tant de rapidité !
11 me semble qu'il se prépare pour nous quelque révolution favorable. Si elle arrive, on en sera redevable aux lettres : elles lie mènent aujourd'hui à rien ceux qui les cultivent parmi nous, cependant elles régissent tout. Je ne parle pas de l'influence qu'elles ont par toute la terre, gouvernée par des
livres. L'Asie est régie par les maximes de Confu- ^ cius, les Koran, les Beth, les Védam, etc.; mais, en Europe, ce fut Orphée qui le premier rassembla ses habitans, et qui les tira de la barbarie par ses poésies divines. Ensuite le génie d'Homère fit naître les législations et les religions de la Grèce : il anima Alexandre, et le porta à la conquête de l'Asie. Il influa sur les Romains , qui cherchèrent dans ses poésies sublimes la généaiogte du fondateur et des souverains de leur empire, comme les Grecs y avaient cherché les origines de leurs républiques et de leurs lois. Son ombre auguste préside encore à la poésie, aux arts libéraux , aux académies et aux monnmens de l'Europe ; tant ont de pouvoir sur l'esprit humain les perspectives de la Divinité que ce grand génie lui a présentées! Ainsi k parole qui créa le monde le gouverne encore; mais quand elle fut descendue elle-même du ciel, et qu'elle eut montré aux hommes la route du bonheur dans la seule vertu , une lumière plus pore que celle qui avait brillé sur les îles de la Grèce éclaira les forêts des Gaules. Les sauvages qui les habitaient auraient été les plus heureux des hommes, s'ils eussent été libres; mais ils avaient des tyrans, et ces tyrans les replongèrent dans u ne , iMirbarie sacrée, en leur présentant des fantômes d'autant plus effrayans, que les objets de leur confiance étaient devenus ceux de leur terreur. C'en était fait du bonheur des peuples, et même de la religion, lorsque deux hommes de lettres, Rabelais et Michel Cervantes, s'élevèrent, l'un en France et l'autre en Espagne, et ébranlèrent à la fois le pouvoir monacal ?' et celui de la chevalerie. Pour renverser ces deux colosses, ils n'employèrent d'autres armes que le ridicule, ce contraste naturel de la terreur humaine. Semblables aux enfans , les peuples rirent et se rassurèrent : ils n'avaient plus d'autres impulsions vers le bonheur que celles que leurs princes voulaient leur donner, si leurs princes alors avaient été capables d'en avoir. Le Télémaque parut, et ce Hvre rappela l'Europe aux harmonies delà nature. II produisit une grande révolution dans la politique. Il ramena les peuples et les rois aux arts utiles, au commerce, à l'agriculture, et surtout au sentiment de la Divinité. Cet ouvrage réunit à l'imagination d'Homère la sagesse dci Confudus. n fut traduit dans toutes les langues de l'Europe. Ce n'est pas en France qu'il a été le plus admiré; il y a des provinces en Angleterre où on y apprend encore à lire aux enfans. Quand les Anglais entrèrent dans le Cambrésis avec l'armée des alliés , ils voulurent en eulever l'auteur, qui y vivait loin de la cour, pour Ini donner, dans leur camp, une fête militaire;.
mais sa modestie se refusa à ce triomphe : il se cacha. Je n'ajouterai qu*an trait à son éloge ; ce fut le seul homme vivant dont Louis XIV fut jaloux : et il avait raison de l'être; car, pendant qu'il cherchait à se faire craindre et admirer de l'Europe par ses armées , ses conquêtes , ses fêtes , ses bâtimens el son faste , Fénelon s'en faisait adorer avec un livre 7*.
Plusieurs gens de lettres, inspirés par son génie, ont changé parmi nous l'esprit du gouvernement et les mœurs. C'est à leurs écrits que nous devons la destruction des restes de l'esclavage féodal , celle de plusieurs coutumes barbares, telles que de condanmer à mort pour crime prétendu de sortilège, d'appli(|uer indifféremment tous les criminels à la question , de porter des épées dans le scindes villes et delà paix, etc... C'est à eux qu'on doit le retour des goûts et des devoirs de la nature , ou du moins leur image. Ils ont rendu à plusieurs enfons les mamelles de leurs mères, et aux riches le goA t de la campagne, qui les porte aujourd'hui à quitter le centre des villes pour en habiter les faubourgs. Ils ont inspiré à toute la nation celui de l'agriculture, qui est dégénéré , à l'ordinaire , en fanatisme , dès qu'il est devenu un esprit de corps. Ce sont eux qui ont ramené la noblesse vers le peuple , dont elle s'était déjà rapprochée, à la vérité, par ses alliances avec la finance; ils l'ont rappelée à ses devoirs par ceux de l'humanité. Ils ont dirigé toutes les puissances de l'état , et même les femmes , vers les objets patriotiques, en les couvrant d'agrémens et de fleurs.
O hommes de lettres ! sans vous l'homme riche n'aurait aucune jouissance intellectuelle; son opulence et ses dignités lui seraient à charge. Vous seuls nous rappelez les droits de l'homme et de la Divinité. Partout où vous paraissez , dans le militaire , dans le clergé, dans les lois, dans les arts, l'intelligence divine se montre, et le cœur humain soupire. Vous êtes à la fois les yeux et la lumière des nations. Nous serioas peut-être maintenant bien près du bonheur, si plusieurs d'entre vous, voulant plaire à la multitude , ne l'eussent égarée en flattant ses passions , et eu prenant leur voix trompeuse pour celle de la nature humaine.
Voyez comme ces passions vous ont égarés vow:mêmes, pour vous être trop approchés des hommes! C'est dans la solitude, et réunis entre vous, que vos talens se communiquent des lumières mutuelles. Souvenez-vous des temps où les La Fontaine , les Boileau , les Racine , les Molière vivaient entre eux. Quel est aujounl'hui votre sort ? Ce monde, dont vous flattez les passions , vous arme les uns contre les autres. Il vous livre à la gloire
ÉTUDE QUATORZIÈME
comme les Romains livraient des malheureux aux bêtes. Vos lices samtes sont devenues des arènei de gladiateurs. Vous êtes, sans vous en douter, les instrumens de l'ambition des corps. C'est par vos talens que leurs chefii se procurent des dignités et des richesses, tandis que vous restez dans l'obscurité et l'indigence. Songez à la gloire des gens de lettres chez les peuples qui sortaient de la bar^ barie : ils présentèrent la vertu aux nations, eC ils eu furent les dieux. Songez à leur avilissement chez les peuples tombés dans la corruption : ils en flattèrent les inssions, et ils en furent les victimes. Dans la décadence de l'empire romam, les leUres ne devinrent plus le partage que de quelques Grecs affranchis. Laissez courir la foule sur les pas des riches et des voluptueux. Que vous propoaez-voos dans la sainte carrière des leUres, sincm de mardier sous la protection de Minerve? Quel respect le monde aurait-il pour vous, si vous n'étiez couverts de son égide sacrée? Il vous foulerait aux pieds. Laissezle trom|)er ses adorateurs; mettez votre confianoe dans le ciel , dont les secours viendront vous chercher partout où vous serez.
Un jo!ir la vigne, en pleurant, se plaignait au ciel de l'injustice de son sort. EUe enviait odoi du roseau. « Je suis plantée , disait-elle , dans des ro- » chers arides, et je suis obligée de produire des » fruits pleins de jus ; tandis qu'au bas de celte » vallée , le roseau , qui ne porte qu'une bourre )> sèche , croit à son aise sur le bord des eaux. » L^ne voix lui répondit du ciel : « O vigne î ne vous » plaignez pas de votre destinée. L'automne vien- » dra, le roseau [lérira sans honneur sur le bord des » marais ; mais les pluies du ciel iront vous cher- » cher dans la montagne , et votre jus , mûri dans )> les rochers, servira un jour à consoler les liom- » mes et à réjouir les dieux. »
Nous avons encore un grand espoir de réforme dans l'affection que nous portons à nos rois. Chez nous, l'amour de la patrie n'est que l'amour du prince. C'est le seul lien qui nous réunisse, et qui, plus d'une fois , nous a empêchés de nous séparer. D'un autre C()té , les peuples sont les véritables mono mens des rois. Tous ces nionumens de pierre, dont tant de princes croient éterniser leur mémoire, ne servent souvent qu'à la faire détester. Pline dit que les Égj'ptiens de son temps maudissaient la mémoire des rois d'Egypte qui avaient bâti les pyramides; encore avaient-ils oublié leurs noms. Les Egyptiens de nos jours disent que c'est le diable qui les a faites , sans doute par le sentiment des peines que ces travaux ont coûté aux hommes. Notre peu|)le aUribue souvent la même origine à'nos anciens ponts, et aux grands chemins