‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (volume 2)Chapitre 144 sur 213 · PAC · texte numérisé non relu

PAC

Je Iroute un témoignage hiatorique en divcur de rcltc lij'polhèaedanirffiilDiredelaChinf , parle pèrellar- Uoijjvrel: n Soua le rËgne d'Yaua, leptième empe-

• reur, lei anoalca du paya rapportent que le «ricil fui > dii junn saiu le coucber, et qu'on cmlgoit uu em-

• brMemeDi univemi. ■ Il en résulta au contraire 00 déluge qui inonda loate la Cblne. L'époque <k' ce déliige dilnoii d celle du Muge universel aonl du n>i>nK «t«clr. Yana naquit ÏSSS an» araol Jét-u-Clirlil , et te déluge uniienel arriva 2318 an aiantla méine épiique, anivaat les Uébreui. Lui ÉgypUeni aTaieut aubti des tradilioDiiur cet aniieiuKS altératloni du cuun du «uleit.

" PAGE )8ï.

J'ai TU, t l'Ile de France, de ces gn<ndilunc« de madrépom, de aepi à huit piodc de hauteur, unitilablei è deiiniiipBrts,Teil()siiec, eltpluidelniiicentspaidii rivage. L'Oréan n laissa dam tout» le* terres dea traça de ses ancienne* eicurtioui. On trouve dam lea lïlaiMS du |ia).< de (^ui une Irfs-granile coquille de* Iles Antilles appelée la tullée ; dam les lignnlilca de Lyon, celle qu'on appelle le ci>q et la poule, qu'on n'a pécbt'e vivante d»n> aucune nier qu'au détroit de MagcUaii ; des dent* et iln mdrliuim de requin* dam Im sables d'Klampes... ?jiis narrUm nxit pleines dea di^uiUes de l'océan méridional. D'un aotre cdié, suivant les ttc- 1 nioln'!; du p^re Iji Comte, jéniile, il ya â la Cliiue de* ouuchn de terre v^Male de trois i quatre ceuli pied* i (Je pruroudeur.Oniiisiounain; leur attribue, avec rai- I tua , l'eiti-éuie fécondité de ce payn. Nih meilleurs tei'- 1 raint eu Euni|>e n'en onl pas pim de Irais ou qintre !

pledi. Si noui avion* de* rartet itéo(mph>f|nni <|nl ivpréscnbiiacnt les diflércntci couettes de nni oNjulUafo to!iEilea,on pourrait y reconnallre les dirertiona et In foyers des a ndensmuraus qui le* onl apportés. Je n'étendrai pat cette Toe plu* \cAn ; mais eu tonH une antre qui peut présenter de nouieaui obiett de euTi<mià ain savant qui font pIm de cas dea nionuinen* des boaunat que de ceui de [a nature. C'est que, ooninie on Irotne dans tea fossile* de nos contrées occidentalia une nullitude de monumen* de la uier, on pourrait pent-Mn rencontrer ceiu de notre incienDe terre dana en eoucbe* de terre végétale de trois k quatre oenla pied* ifépaiiseur, des contrées orientales. D'abord, il eat nrtaiB, d'aprt* le témoignage du niénie mittiouDalre que je iiem de citer, que le charlxin de terre est si cunumuidl la Cbine,que la plupart dm Cbin.iii n'cniplutenl pas d'autre matière pour te chaullbr. Or, oa sait que Ir cbarbou de terre diùt son oHgine k ùa fbréit qui Ml été enifveliis dam le idn de la terre. On pourrait duH trouver, an milieu de ra débris de végétaux, wui iki animaiii lerretres , dn hommes , et des premien aiti du monde qui avaient quelqno solidité.

"PACE ISS.

Quoique le sem que je donne 1 ce psMgenc dUftrr pas beaucnop de celui que lui donne M. de Sacy dausi belle traduction de la Bible, il y a cepeiMlBnl pliHieun eipreuion* auiquelles je donne uu sens opposé k odnl de ce bavaul homme.

1° Otifiim veut proprenwnt dire des nuTérlurct, drs dégorgeoirs, des(<clusn,drt portes, des enilnuetnm. et nim pat des ba^^i^r^, oMume Ta traduit Saci- Ofcservii que le seiu de ce verael et celni du niivaol mviennent admirablement à l'état de contrainte cl d'inertie ufi la mer est relenne tur les pOlei, environofe de nuées et d'olMcurJté, Kjmme on enfant de Imuddetlit dam «ou lierteau. Ils etprimeut enriire lea Lruuillardi qui environupiil la base des glaces polaires, conuDrk tavent tous les marins du nord. 2' Les épitliUn précédentes , de f'mdemens dt la lent . de batrt nmtntUtn. depofxlid'uii Cou <t dirige (rsnimiKj-, d'érfu Vf d'uà la mer sort cootme d'une matrice, déterminent pailîculiérenient les pûtes du monde, d'où les inen l'rovleut sur le reste du globe. L'épllbèle de pirrre (m^af ■in' semble ausu désigner d'uDe manière plus pirllculihe noire pOle, qui se distingue, par tiinatlnclioa luagaelique,de tous lex points de la terre.

.liiroriF iorum niiim . le Heu de l'aurore, Peut-éliv est-il question ici de l'aunire biiréalc. Le froid dn pi'Jn pruduiU'aurureiCar iln'y en a presque point entre les iTopiquc*. Ainsi le pôle est proprement le tien natuivl de l'aurore. Le venet suiiant, Iniaitli nmi'Btiras rj^ Iremit UrTŒ. c;ir.iclérù<e é\ idi'mment lea effutioiM total» de* glaces polaires situOes aux eitrémités de b tenv. qui occaslouèrent te déluge nuivenel.

Rrslilurltir Ht Jiiluni tigNarwInm. Ce vend est tan

NOTES DE LAUTELR.

olierur dans la tradoctioa de Sacy. 11 me par^t gner ici lei coquillages fossiles, qui soot par toute la loire les monumens du déluge.

'*PAGElP^.

In «orissîMis alnfssi . aux souires de rabime. Sacy a traduit, daiM tes extrèmiÈés de l'abme, H lait disparaître la ctosoDnaucc de cette expresaou n\vc celle (tes autres caractères polair» , si clairement exposés auparavant, et rantithèsede fiortoiMMi avec celle de profuHda ntaris qui la précède, en lui doaoant le oiéme sens. L'antithèse est une figure fréquemment employée par les orientaux, et surtout dans le livre de Job. iVortsstaia abyssi signifie littéralenient le» lieux qui reoouvellenl rabime, les sources de la mer, et par oonséqueut les glacer polaires.

Portœ mortis, et osiia tmeltrosa, les portes de la iiiort , c^s dégorgciiirs téoAreux. Les pôles qui sont iohalNtabics sont vraiment les portes de la mort L'épitbète de ténébreux désigne ici ks units de six mois qni y régnent. Ce sens est encore confirmé dans les verMii Miivans par lotus tenebrarmm , le lien des ténèbres , et |)ar tkesauros airis, les réfervoin de la neige. Les pôles sont à la fois le lieu des ténèbres et celui de raorore.

•• PAGE l&S.

Lutiladiiiefli tentr. Mot à mot : Atci-voqs considéré la latibMle de la terre? En effet , tons les caractères da pôle œ pouvaient être connus que de ceux qui avaicst parcouru la terre ea latitude. Il y avait , du tempa de Job, beaucoup de voyageurs arabes qui allaient à Forient , à Toccident et an micfi, mats fort peu qoi eoamt Tmagé au nord , c'e»t-^dire en btitode.

Spon , sans doute , n> pense pas, en soupçonnant que rart ait pu aidfr la nature dans Li eonstmction de cinq c *naux souterraios, cbacun de dix mifies de long, à travers nn rocher. Ces canaux soalerrains se reooontreot fréquemment dans les pays de montagnes , comme feo pourrab dtcr mille exemples. Ils servent à b drcnlation des eaux , qui ne pourraient autrement en traverser ka riialoes. La nature perce les rochers, et y frit pâmer ka fleuves, comme elle a percé pkuieun os du eoqis homain pour la eommnniratioo des veines. Je bine le lectrar sur celle nonvrlle vue. J'co ai dit aswz pour le convaincre que ce globe n'eut pas Tonvrage da désordre et da hasard.

Je finirai ces observations par une réflexion sar les denx voyageurs qœ je viens de dler ; de pourra cire utile à nos monirs. Spon éîait Français, et George Wbeler Ângbb. Ils voyagHmt en société dans rArrfaipel. Le premier nous en a rapporté beaucoup dloMriptifios et d'épilapbes grecques, et nos saians da deraier siècle l'ont fort vante. L'autre nous a àu^ué les noms et les caractères de beaucoup de ptaales fort cnrieasesqai cnii:ûeot sur les mines <ie b Grèee, et qui jellent, à mou gré, nn intérêt fort touchant daaa ses relatioos : i est peu connu parnii noat. Stôvanf les titre» que Tna et

raulre se dorment, Jacob Spon ébit médecin agrégé de Lyon, et fort curieux des monumens des hommes. George Wbekr était gentilboinme , et enthousiaste de ceux de b nature. Il semble que leurs goûts devaient être tout-à-fiùt dilVérens ; qne le gentilhomme devait aimer les miMiumens, et le médecin ks pbnics; mais, C(imme nous te verrons dans b suite de ces Etudes, nos passions naissent des contraires, et soot preaque toujours opposées à nos états. C'est par une mile de cette loi harmonique de la nature, que quoique ces voyageurs fusKut, run Angbis et Tautre Français, ils vécnrent dans b plus parbiie union. Je remarque à lenr louange qu'ils se sont cités mutuellement avec éloge. Ministres d*éUt , voulei-Tous former des sociétés qni soient bien unies entre elles ? ne mettez pas des académiciens avec des académiciens, des mltibires avec des milibires, des marchands avec des marchands, des moines avec des moines : mais rapproches les honnnes d'élais opposés , et vous verra régner entre eux rharmooie ; ponrva tonteioifqoeTonsenécartieilesaniibitieux,eeqm n*e^ pas aiié, puisque Tambition/st nn des premiers vioej que nous inspire notre éducation.

Plus d'un goomiand a déjà l^it cette observation, mais en voici une à bqueUe peu d'hommes s'arrêtent ; c'est qu'en tout genre, et par tout pays, let choses Us pins eommmmes sont les «ei/lraref.

De tontes les oormptions, ceOe de b chair humaiae est b pbs dangfiTiiie En voici an effet bien étrange, qne rapporte Gardlassode b Vega , dans son Hisfoirr des çmerres eirUes des Espagaofs daks les Indes, partie m, tooM I, chap. xlii. Il obsene d'iabord qae les Indiens des les de Barlovento envenimaient leurs flèches , en en mettaot les pointes dans des corps morts ; et il aiunie eosnile : « Je rapporterai ce qae fai va arriver de Fan des quartiers du corps de CarvaisI, (|n'on avait mis sur te cfacoan de CoBasaya , qai est au midi de Cusco. Noos sortknes un dimanche , pour aUrr à b promenade , dix oo douae écoliers qne noos étions, loos mestifr , c'est-è-dne fils d'Espagnob et dln- «fiennes, dont te pins Igé n'avait pas douae ans. Ayant aperçu à b campagne nn des quartiers du corps de Carvajal, fl ooas prit cnvte de TaBer voir; et nous ea étant approchés , ooas trouvâmes qne c'était une de ses caisses doat b gratee était oonbe à terre. La chair en était vcrditre et toate corrompue. Gomme uoas regardkMiseetobietfBDeBte,Bndesplus hardis d'entre nous se mit à dae : Je gage qne personne ne Toselaittondier; an antre dit que si. Enlhi teplushardlde tons, qu'on appelait Bartbâemi Monedero, croyant fiiire ane action de eunrage, enfimça te pouce de si main droite d?ns cette cuisse coiiompue, où il entra toat entier. Cette adioa ooas étomia tons a bien, que nooi noos éluignimes de Ini, de peur d'en être infectes, en hU criant : O te viain : Carvajai le paiera de ton effronterie. Cependant il s'en aOa droit à nu qai était b tout auprès, on il se Li%a b main

NOTES DE L'AUTEUR

>» plasietin fois, et «e la flrotta de boue, puis s'en rrp tourna en son logis. Ijc lendemain il rerint à Técole, » où il nous montra son pouce qui s'était extrêmement 1/ enilé ; mais sur le soir toute la main lui liot grosM* jus- B qu'an poignet, et lejour d*après,qui était le mardi, elle j> s'enfla jusqu'au coude, tellement que la nécessité le » contraignit d'en dire la cause à son père. On appela » d^abord les médecins , qui lui bandèrent étroitement u le bras, et le lièrent au-dessus de l'enflure, y apportant H tous les remèdes qu'ils jugèrent pouvoir servir do » Hintre-poisou. Avec tout cela néamnoins, peu s'en » rJlul que le malade n'en mourût ; et il ne réeJiappa » qn'av( c beaucoup de peine , après avoir été quatre D mois entiers sans tenir la plume h la main, tant il Ta- ') >ait faible, a

On peut conclure de cet événement combien les émanations putrides de nos cimetières sont dangereuses pour les babitans des villes. Nos églises de paroisse, où Ton enterre tant de cadavres , se remplissent d'un air si corrompu , surtout au printemps, lorsque la terre vient h N'échaufTer, que je les regarde comme une dos principales sources des petites-véroles et des fièvres (Nitrides qui régnent dans cette saison. Il en sort alors une odeur fade qui soulève le cœur. Je Tai éprouvé, notamment dans quelques-unes des principales églises de Paris. Cette odeiu* est bien différente de celle que produit ta foule des honunes vivans , car on ne sent rien de semblable dans les églises des couvens , où l'on n'enterre que peu de monde.

Il serait digne de la curiosité des anatomistes d'examiner pourquoi la pntréftiction des corps détruit Técoiioinie animale de la plupart des êtres, et pourquoi elle ne dérange point celle des bêtes carnassières. Beaucoup d'espèces d'insectes et de poissons se nourrissent de cadavres. Je remarque que la plupart de ces animaux n'ont point de sang , qui est le premier fluide qui soit afledé |>nr la corruption , et que Ick ouvertures l'ar où ils respirent ne sont point les mêmes (|ue celles par où Is mangent. Mais ces raisons ne peuvent s'appliquer aux vautours , aux corbeaux , etc.

Je prèsnnu' cpie c'est une espèce particulière d*arai- ^uéc. Je crois qu'il y en a d'autant d\>spèces qu*il y en a (le celles d(*s insectes. Elles ne tendent \ï09 toutes dis filets ; il y eu a qui attrapent leur proie à la course ; d'aultt^s leur dressent des embuscades. J'en ai vu une h Malte iriti- singulière, et qui est fort commune dans toutes si*s maisons. T«a nature a donné à cette araignée de lexliMuliler par la tète et par la partie antérieure du cor\ïs a une mouclio. Lo^.^qu*elle >;per^^oit une mouche sur un mur, elle s'en approche d'aliord fort \ite, en obscnant toujours de s<* mettre au-dessus d'elle. Quand elle en est .'i cinq ou six pouces, elle s'avance fort lentement, en lui pressentant une ressemblance trompeuse ; et , lors- (pfelle n'en est plus éloignée que de <leux ou trois pouces, elk* s'élance tout à coup sur elle. Ce* saut, fait sur un plan fierpendiculaire . devrait la précipitera terre; point du tout. On la revoit toujours sur le mur , soit qu'elle ait uiaiK|ué ou saisi sa proie , parce qu'avant

de s'élanocr, ello y attache un fl! qui Vj ramène. Philo-

kisophes cartésiens , regardez donc les bêles eomme des

machines !

Les politiques, en classant les ganvemeroens par rei ressemlilances extérieures de formes, ont fkit comme ks botanistes , qui comprennent dans la même ertégorie la picotes qui ont des fleurs on des feidllei semNabfci, sans avoir égard à leurs vertus. Geni-d ont mis dans ta même classe le chêne et la pimprendle ; oeai-lày li république romaine et celle de Saint-Marin. Ce o'cst pas ainsi qu'on doit oliserver la nature ; elle n'ert pnrtool que convenance et harmonie. Ce ne sont pas ses fonneiy c't'stson esprit qn*il fhut étudier.

5i dans l'histoire d'nn peuple vous ne ftiiles pas attention h sa cfmstitution morale et intérieure, dont pimaf aucun historien ne s'occupe, il vous sera impo»kible de (concevoir comment des répulHiques bien ordonnées en apparence te sont minées tout à oonp ; comment d'antres, au contraire, où tout parait dans ragitation, deviennent formidables ; d'oîi vient la durée et le pouvoir des états despotiques , si décriés par nos écrifains modernes; et d'où vient enfin qu'après ces beaux règnes de Marc-Aurèle et d'Autonin, qu'ils ont si Tantes^ rcmpire romain acheva de s'écrouler. C'est , je Fose dire, parce que ces bons princes ne songèrent qn*à cooMrver la forme extérieure du gouvernement. Tout était tranquille autour d'eux ; il y avait une forme de aénat ; le Mé ne man'^uait point à Home; les garnisons dans les provinces étaient bien payées. Point de séditioo, point de troiit>les; tout allait bien en apparenœ; mais peodaot cette léthargie les riches augmentaient leurs grandes propriétés , le peuple perdait les siennes ; les emplois s'aecumulaient dans les mêmes familles. Pour aToir de qooi ^ivre, il fallait s'attacher aux grands : Rome ne renîèrmait plus qu'un peuple de valets. L'amoar de la patrie s'éteignait. I^es malheureux no savaient de quoi se plaicdre. On ne leur faisait point de tort. Tout était dn» l'ordre ; mais , par cet ordre , ils ne pouvaieat plus parvenir «'i rien. On n'égorgeait pas les dtoycns comme sons Marias et S) lia , nuiis on les étoulTàit.

Dans toute société humaine il y a denx puisanen, l'une temporelle et l'autre spirituelle. Voua les retrouverez dans tous les gouvernemeus du monde, en Europe , en Asie , en Afrique et en Amérique. Le genre huuuiin est gouverné comme le corps humain. Ainà Ta voulu l'Auteur de la nature , pour la conservation et ie bonheur des honmies. Lorsque les |)euples sont opprimés iKir la puissance spirituelle, ils se réfugient aoprti de la temporelle ; quand celle-ci les opprime à son tour, ils ont recours A l'autre. Quand toutes denx s^accordent |K)ur les rendre misc^rables, alors naissent en ftwle ks hérésies , li>s schismes , les guerres civiles, et une moKitude de puissances secondaires qui balancent les abosdei deux premières , jus(|u'à ce qu'il en résulte enfin oae aïKithie générale , et que l'état se détruise. Nous approfondirons ce grand sujet tout-à-rbeiu«, en parlant de b France. TSous verrons que quoiqu'il n'y ait de droit qu'ime puissance , il y en a en efRpt cinq qui la gouvernent.

NOTES I»F. L AUTEUK.

Ce)<ieeaient àa ntgiw incKlmirs Imr fiiit b«anroop «rboaiMur. Ili KOlml te prii iDOtinuble de> lomiires ; nuii «Ils miml ïo m Europe )e nrt de la pinparl *s sras de IfUks , (4 (HuJ da gent qni jool deTor, ih anrsÎCTil rwnewé Imr indiUoo.

Dn ofiinions vmbUUes >e rdmaTeot chei les anlrci ncMrs de TAnique , ri nitre aattt» cbti Im Doin da lies do npVert, connue on peut le loir din* l'eicrilente irlalkH) que George Hoherti nous ea ■ donnée. (>l iaforfuné ntiigsleur >e r^fogU dans celle de Sainl- Je«n , où il refui de li part de mi habilans les preuret la plus tuochauln de géuAxtnlê el d'hocpilalilé , aprn ■«mr ^pm»« na IrailenHnl «Irooe de U part dei pi- , qui lui pillèrGuI wa

CependaDl , il hol l'aiooer, liqnekioes peuidalei de l'Afrique nous nirpaœnl en quililësmonlis.en gtntnl le nègres »nt tri»-inMrieiiis ani aulres ualiom par celle* de Taprit. lli n'ool pai encnre eu liodu»lrie de dompter l'Héplisnl comme les Asaliqucs. lU n'ont pcrlËctionné aucune espèce de culture. Htdoitenl celle de la plupart de leurs Ttgétaui alimenUires aui Portugais el aux Arabes. Ils n'eierceni aucun des arli liliér«ui qui raisaîeni wpendaal des progrès cbei les haliiLins du Noureiu-BJoiide , Irien plus uKidenKs qu'eut. Ib sont dans tUKpntie do conlioent d'où ilspouYaientaiiénteDl pénétrer josqn'en Amérique , puisque les teals d'est les î porlent, xent arrière ; et ib n'aTSieul pa» même décootctI les Des qui sonl dans leur Toùinage, Idles que le> llea Canaries et celles du cap Vert. Les | noira de l'Ahique u'oot >iDa>s eu l'ctprit de construire un brigaalio. Ijrin de l'étendre au dehors , ella ont laÎKé les peafile* étrangers s'eraparer de loules leors oMe*. CardaiB le« anciens temps, les Égjptiem et les Pbéùdens se tonl étatriis sur lears cùles arieiilales et sepCeotrionBles, qui saut anjoonl'bui au pootoir des Torca el des Arabe» ; el depuis quelques ùèdes , les Portugais, les Anglais, les Danois, le* NoUandali et le* Frantaia le sont saitia de ce qui en redait i l'orient , aa midi et * l'occideat, uniquenieiit pour aToir des esdaies. Il but, après tout , qu'une ProvideDC« particidière pr^sene le patrimoine de ces enfkn* de Chanaan de l'aridiie de leurs frtns, les enbntdeSem etjaptwl; mr il Mtétonnantquenouseulrea surtout. Dis de Japtiel, qui, comme des cadets, cbercbons rortuDe par tout le moule, et qui, suiiaut la bëoéAetioa de rtoé, doUv |ière , nou* logeons jusque dans le* teoles de Sem notre aloé, par nos comptoirs eu Asie, nm* n'ajons pas éta- Mi des colonies dans une partie de la terre aoai tielle que laKlRfitie,iiioirinedenouB,oùlaeanneàsncre, le café et la plupart des productiom de l'Amérique et de l'Asie peurent croître , et enflu où le> odaTes sont lont porté*.

Les politiques attribueront les difHrens cancttrea des Pi^preset des FJiinpéens » telles cames qu'il knr plair». Pour nxM , je le dis du loaâ de mon eonir, je ne nw ■Mis poiol de livre où il t ait des i

taiusdellMoiredesnalioiKet decHledela nature que latinOsr.

Jedlerai encore un exemple des diannesioenilili's que h rt'ligion répand air l'inooccDceiit est tirCd'unereUlion ataei peu estifiMie de l'ile de Sainl-Krini ,cb. m), psr le père Fraii(oit Richard, jésuite misHMoaire ; luaiiuûil j a des duKS qui me plaisent parleur oalTeté.

■ Après illoer, dit le père Rîdianl, je nie retirai à

• Niint-Georges, qni est l'église principale de l'ile de . * Stamiialia. Ce Fui It qu'un papa m'apporta un litre

• d'Évangile, peur laioir si je lisais en leur langue aussi

• liJen (|ue j'y pariais : un autre me tint donandvr si > noire «linl-pèie le papeélail iiurié. Mais ce qui uh-

• parai plut [riaisani fut la demande d'une Tîeillc Eiunu- , ■ qui, après m'aioir fort long-tnnpa iTgardé, nie pria

1 ■ de lui dire si téritablemeut je croyais en Dieu et euh ' I sainte Trinité. Oui, lui dit-je ; et pour l'atairer da-

• vanlage, je Bs le signe de la croix. Oti l que cela la " Imn , dit-cUe , (pn lu«oss du-étirn ! Kuus en doutions, v Sur cela, je tirai de mon sein la croii que je piirtais : v celle feouno toute ntie d'aiw l'écris : Que cbercttou»-

sl liua colbolique, puis-

Khi quoi, dil- > elle, n'y a-t-il point de péclK' de se coulesser à lous ■ autres? Non, dis-je; car, quoique je «lii franc, je

• atoSetm ea grec. Je m'en tais le demander i uolrc léréqne, re|»it-elle. Un peu apris elle retourna

• toule jufope d'en atoir obleou la permiitiua. Aprta i.jehiidoiiMinn afnM Det , qu'elle ne

1 qu'ils D'avaîeal jamais f ne. Incaalioentje hisaccalilê

> taienIdeleuréndoaaer.Jallii réponse que ces ofHui

> ne se doaoaieot qu'a oeUt qui s'étaient cunlessés ; ils ■ t'olTrireot, pour en aroir, deie conléseer,elle <ou-

• laie.it Ure dem k deui; t savoir, une liUea>eci« u confidente, un jeune gai^n avec son intime, qu'un » ippdai^«iiipuvii9arfadelptio()eithonj, frère de OMi-

I Oaace , apportant pour raison qu'ils n'avalent qn'un

> cœur, et partant rieo ne devait être secret entre eus.

• J'eus de la peine de les a^arer ; tonleliMs ils furent

• obligés d'obéir. •

Ou a souvent calomnié la religion, en Iniattribuaut nos maltieun politiques. Voici ce qu'en dit Montaigne, qui a técu au milieu de ces guerres civiles : i ConlvBOnt ( b vérité : qui Irieroit de l'armée nmme légitime pi j moyenne oeuiqui y marcbent |iar le seul scie d'un»

> allection religieuse, et encore ceui qui regardent sru-

> lemrnl la protection des lois de leur pays, ou serties

> du prince, il n'en sauroil lioslir une ronipagnie ai-

II gensd'annes eimplele ".•

■' PiCE 23S.

Comme la plupart des hommes »c siiol choqués dos

abus que dans le délai! , parce que tiiul ce oui est grand

NOTES DE L'AUTEUR

kuir impose da respect , je ne citerai ici que quelques cfTels de la vénalité dans la bour{;eoisie. Tous les états subalternes, subordonnés aux autres de droit, en sont derenus les 8U|)érieurs de fait, par cela seulement qu'ils sont plus riches. Ainsi ce sont aujourd'hui les apothicaires qui emploient les médecins; les procureurs, les avocats; les marchands, Ici artistes ; les maîtres maçons, les architectes ; les liliraires , les i;ens <Je lettres, même ceux de l'Académie ; les loueuses de chaises dans les églises, les prédicateurs, elc Je n*en dirai |mis davantage. On sent où cela mène. De cette vénalité seule doit sVnsuivre la décadence de tous les talens. Elle est , en eflet, l)ien sensible, quand on comiMirj oenx de ce siècle à ceux du siècle de Louis XIV.

Nicolas de Villehois était né en Livonie , d'une fimille française originaire de Bretagne. Il décida , à la liataille de Francfort , la victoire pour les Russes, en chargeant les Pmsskms à la tête d'un régiment de fusiliers de l'artillerie , dont il était alors colonel. Cette action , jointe h son mérite personnel, hii valut le cordon bleu de Saint- André, et bientdt après la place de grand-maStre do l'anillerie , dont il était revétn quand j'arrivai en Russie. Quoique son crédit s'afRiiblit alors , ce fut lui qui m'admit au service de sa majesté Catherine II , et qui me fit l'honneur de me présenter à elle comme un des officiers de «m corps du génie. Il m'y préparait de Tavaneement, conjointement avec le général Daniel Du Bosquet , chef du corps des ingénieurs; ik firent l'un et l'autre tout ce qu'ils purent pour me retenir au service , en me le rendant agréable de toutes les manières , et en me proposant des étaMissemens honorables et avanta* geux. Mais Tamour de ma patrie, que j'avais servie précédemment, et le désir de la servir encore, que des hommes à grand caractère nourrissaient de vaincs espérances, me firent persister à demander mon congé, que j'obtins en 1763, avec le grade de capitaine. Au partir de Russie, je fis ù mes frais une tent;itivc pour le ser\ice de la France en Pol:)gne , en me jetant dans le parti qu'elle protégeait : j'y courus de grands risquai, puisque j'y f^is fMt prisonnier par le parti polonais-niâse. De retour à Paris , j'ai donné des mémoires sur le nord aux Aflhires étrangères , où je présageais te partage futur de la Pologne par les puissances limitrophes. Ce partage s'est effectué quelques années après. Depuis , j'ai dierehé A bien mériter de ma patrie par mes services , tant militaires aux Iles où j'étais capitaine ingénieur du roi , que littéraires en France, et j'ose dire aussi par ma conduite ; mais je n'ai pas encore eu le bonheur d'éprouver dans ma fortune qu'elle eût agréé les sacrifices en tout genre que je lui avais faits.

/;irtdéf ci impera, a dit, je crois, Machiavel. Jugez de la bonté de cette maxime par le niiitérable état des pays où die est née et où on l'a mise en pratique.

IjCs enfuns n'apprenaient, à Sparte, qu'à obéir, à aimer la vertu , la patrie, et à vivre dans la plus intime union, jusque \H qu'ik Paient divisés dans leurs écoles

en deux classes d'amans et d'aimés. Ghcx les autres peuples de la Grèce, l'éducation était arbîtratre ; il y avait lieaucoup d'exerdoes d'éloquence, de lutte, de onan» ; des prix pythiens, olympiques, isthmiques, etc. volités les remplirent de luirtialité. Lacédémooe donna à tous la loi ; et pendant qu'il lallail aux pimûen, lorsqu'ils allaient l'ombatlre pour leur patrie, uœ paie, des liarangucs , des iroiupetles et des fifres pour exciter leur C4)urage , il fallnit au contraire retenir celai da l^cédémoniens. lis allaient au combat sans appuiol»mens, sans discours , au son des flûtes, et en chantant tous ensemble rhymue des deux frères jumeaux , Castor et PoUux.

Passe pour le dieu trompeur dn babil , du commerce et des filous ; mais pour la sage Minerve ! Cette ooosidération m'a engagé à substituer le nom sans reproche de Minerve à celui de Mercure, qui est dans Téditioo précédente.

^ PAGE 24i.

Micliel Montaigne est encore un de ces lioniroes qoi n'ont point été élevés daas les collèges : il n'y fîit dn moins que bien peu de temps. Il fut instruit sans cbétimens corporels et sans émulation dans la maison paternelle, par le plus doux des pères, et par des précepteurs dont it a conservé précieusement la mémoire dans ses écrits. Il est devenu , par une éducation si opposée il la nôtre, un des meilleurs et des plus savans hommes de la nation.

Socrate avait feit une étude particulière de la nature ; et quoique son jugement sur la dorée el la oonsvvation de ses ouvrages soit contraire à celui de notre philosophie , qui regarde surtout le gtolie de la terre comme dans un état progressif de ruine , il est parfaitement d'accord avec celui de l'Écriture sainte, qui anure positivement que Di(>u le répare , et avec l'expérience que nous en avons, comme je l'ai d^ fait entrevoir. Il ne faut pas mépriser la physique dos anciens , si ce n'est e^We qui n'était que systématique. Nous devons Dcas rappeler qu'ils avaient fait la plupart des découvertes dont nous nous vantons aujourd'hui. Les philosophes to^c3ns savaient l'art de conjurer le tonnerre. Le bon n)i ?iuma en fit l'expérience. Tuliiis Hostilius voulut l'imiter, mais il en fut la victime pour ne s'y être pas pris convenablement. ( T'oy. Plutarqne. ) Philolaû« , pythag«>ricJen, avait dit avant Copernic que le soleil était au rentre du monde ; et avant Christophe Colomb, que la terre avait deux ronUnens , celui-ci et le continent opposé. Plusieurs philosophes de l'antiquité avaient assuré que les comètes étaient des astres qui avaient uo coon régulier. Pline même dit qu'elles se dirigent toutes vers le nord, ce qui est généralement vrai. Cependant, il n'y a pas deux cents ans qu'on croyait en Europe que c'étaient des feux qui s'enflaimuaient dans la moyenne n^ion de l'air. On croyait encore dans ce temps-là que c'était la mer qui fournissait l'eau des fontaines et des fleuves, en filtrant à travers les terres, quoiqu'il soit

NOTES DE L'AUTEUR

dit, dsn cent endniiti de rFxritare, que ce loat Ici filiiics qui CD entretieniieiil les sooroet. NoQi CD tommei coavaÎDciis aiij<ioitniiii par des otMerratioiis afantes TOT les érapontioiis ôe% men. Les moooniens que les anrieos nous oot IriiMmb dans rarchitedure , la scn^»fure, la poésie, la tragédie et rbistoire , nous serriroot HeroeUement de modèles. NcNis leur derons encore rû»- \cntion de presque tous les autres arts ; et il est à présumer que ces arts aTsient sur les nôtres la même supériorité que leurs arts libéraux. Quant aux sdenees naturelles , ib ne nous ont laissé aucun objet de comparaison ; d'ailleurs, les prêtres qui s'en occupaient parti* ruHèrement , en cachaienl la connaissance au peuple. !Sous ne saurions douter qu'ils n'aient eu i ce sujet des lumières qui surpassaient les nôtres. Voyes^ ce que le jtidicieax cheralier Temple dit de la magie des andeni

J-igyptiens.

Voyez Flaconrt , Histoire de VUe de Jlf ada^asrar, rhap. XL1V , page 482. Vous y Irourerei cette prière , c^mliarrassée de beaucoup de circonlocutions , mail reorcrmant le sens que je rapporte. Il eA bien étrange que «les nègres aient trouTé tous \es attributs de Dieu dans les imperfections de Thomme. C'est arec raison que la saf^esse dif ine a dit dle-méme qn'efle s^était reposée sur toutes les nations : et in omnï terra sffH . et im ommi IHtpnlo primatum katnii *. Je croîs cependant que cette prière rient originairement des Arabes, et appartient au m ibométiane qu'ib ont introduit à Madagascar.

Je laisse maintenant le lecteur réfléchir sur la disparition totale de ces astres. L'antiquité afail olMenré sept «^toiles dans les Pléiades : on n*en voit plus que six aujourd'hui. La septième disparut au siège de Troie. Oride dit qn'dle fut si touctiée du sort de cette malbeoreu<e fille, que de douleur elle mit la main sur son visage. Je trouve dans le lîTre de Job un Tcrset curieux, qui semble présager celte disparition, chapitre xxxviii» y 31 . Num quid ronjungere valebis mkimtef stetfos PUiadas , mtt gyrmm Arctnri poteris éissipare f c Ponr- » m-¥ous joindre ensemble les étoiles briUantes des >• Pléiades , et détourner l'Ourse de son ooursf » Cest rinsi que le traduit M. Le Maistre de Saey. Cependant, M j'ose dire ma pensée après ce savant homme, je donnerai un autre sensi la fin de ce passage. Gyrmm Arcturi dissipare , Teot dire, selon moi , dissiper rattradkm du |)ôle arctique. Je répéterai ici ce que j'ai d^ uliserfé , cfue le liTre de Job est rempli des conoaivances les plut profondes de la nature.

C'est l'harmonie qui rend tout sensible , comme c'est N monotonie qui Mi tout disparaître. Non-aenleaient les couleurs sont des eonsonnanoes harmoniques de la lumière; mais H n'y a point de corps coloré dont la nature ne relève la teinte par lecoehraite des deux couleurs extrêmes génératîTes , qui sont le Manc et le noir.

* EccléHattique , chap. ixjî , 1 9 et m.

I Toot corps se détadie par hi kmiière et l'ombra, dont la première tire sur le blanc , et hi seconde sur It noir. Ainsi, chaque corps porte avec lui une harmooit conqilète.

Ceri n'est pas arrivé au hasard. Si nous étions éclairés , par exemple , par un air hunineox , nous n'apercevrions point la forme des corps; car leurs cootoors, leurs profils et leurs caviiés seraient couveru d'une lumière uniibnue,. qui en ferait disparaître ks partiei saillantes et rentrantes. C'est donc par une providence bien convenable k tai fiublesse de notre vue , que l'Auteur de la nature a bit partir la lumière d'un seul point du del ; et c'est par une intelligence aussi admiral.le qu'il a donné un mouvement de progression au solefl, qui est la source de cette lumière , afin qu'elle Inrmât , aiea les ombres, des harmonies variées à chaque instant. 11 a aussi modifié cette hunière sur les otijets terrestres, de manière qu'elle éclaire immédiatement et médiate* ment , par réAraction et par réflexion , et qu'elle étend ses nuances, et les haimonie avec celles de l'ombre d'une manière ineflUile.

J .-J.Rousseau me disait un jour :« Les peintres donnent » Tapperence d'un corps en reUefà une aurfece unie: » je Tondrais bien leur yoir donner celle d'une surftee » unie à un corps en rdief. > Je ne lui répondis rien pour Ion; mais ayant pensé depuis à la solution de ce problème d'optique, je ne l'ai pas trouvée impossible. Il n'y aurait, ce me seonble, qu'à détruire un des extrêmes harmoniques qui rendent les corps saiUans. Par exemple, pour aplanir un bai-reUef, il tendrait qu'ils peignissent ses cavités de blanc, ou ses parties saillantes de noir. KïoAy comme ib emploient l'harmonie du chdrolMcur ponr IMre apparaître un corps sur une surfiMe plane , ils pourraient se servir de la monotonie d'une seule teinte pour fliire disparaître ceux qui sont en relief. Dans le premier cas, ils font voir un corps sans qu'on puisse le toucher ; dans le second , ils feraient kWK cher un corps sans qu'on pût le voir. Cette UMgie-ô serait bien aussi surprenante que Tautre.

Chaque organe est lui-même en opposition avec l'è* lément pour lequel il est destiné, en sorte que de leua opposition mutuelle naît une harmonie qui constitue le plaisir qu'éprouve cet organe. Ce«i est très-remarquable, et confhme les prinripet que nous avon» posés. Ainsi Torganedela %ue, ordonné'principalementpourlesoleO , est un corps qui lui est opposé , en ce qu'il est presque entièrement aqueux. Le soleil lanœ des rayons lumineux; l'œil , au contraire, est entouré de db rem« brunis qui l'ombragent L'oeil est encore Toilé de panpièrea, qu'il ouvre et lielsse à aôn gré; et il oppose de |)lus à la Mancbeur de la lumière une tunique toute noire, appelée IHrrée, qui tapisse l'extrémité du nerf

Les autres parties du corps présentent de-méme des oppositions à l'action des élémens pour kaqutls elles sont ordonnées. Ainsi, les pieds deaaBÎmaux qui gravissent dans les rochers ont des molettes , aomme ceux des tigres et des lions. Les ammaux qut habitent les cUmals

NOTES DE L'AUTEUR

froids sont revêtus de fouiTures chaud(*s , etc. Au reste , il ne faut pas compter trouver toujours ces contraires de la même espèce dans chaque animal. La nature a une infinité de moyens (iifTérciis |M)ur produire les mêmes effets, suivant les besoins de cîiaquc individu.

Cet homme était de Franche-Comté. Je ne Tai vu qu'une fois , et j'ai oublié son nom et cplui du régiment où il a servi : ninis je n*fli pas perdu la mémoire de sa vertu, qui m'a élé ct>nfi;-mée de lionne iwirt. Lorsque son malheur l'eut forcé d'entrer aui Invalides , il se rai>pela qu'étant sergent, il avait engagé par surprise, dans un village , h Pinstigation de son capitaine, le fils unique d*mie pauvre veuve , lequel fut tué , trois mois après , dans une bataille. Cet homme , au ressouvenir de cette injustice , prit la résolution de s'abstenir de vin. Il vendait celui qu'on lui donnait ù TUôtel des Invalides , et il eo envoyait tons les six mois l'argent à la mère qu'il avait privée de son (Us.

Cette loi des oontraKtcs est, à mon gi-é, une source déticieuse d'observations et de découvertes. Les fenunes , je le répète , toujours plus près que nous de la nature , en font un usage perpétuel dans 1» couleurs dont elles aisortiasent leur parure , sans que jamais aucun naturaliste , que je sache , ait ot»ervé que la nature remployait cUe-méme dans rhamiodie de tous ses ouvrages. On peut s'en convaincre sans sortir de sa maison. Par exemple, quoiqu'il y ait parmi les chieus une variété singulière de couleurs, jamais on n'en a vu de verts , de rouges ou de bleus ; m::is ils sont , pour l'ordinaire, de deux teintes opp<i6ées, l'une claire et l'autre rembrunie, afin que , quekiue part qu'ils soient dans la maison, ils paissent être aperçus. Mais quoique les couleurs de ces antmaui soient prises , ainsi que celles de li plupart des quadrupèdes , dans les deux termes extriwes de la progression des couleurs , c'est-à-dire le noir et le blanc , je ne me rappelle pas avoir vu des ciiiens tout-â-fait blancs ou tout-à-fait noirs. Les blancs ont toujours quelques mouchetures sur la peau , ne fût-ce que le lM)ut de leur Muiseau, qui est noir, (^cui qui sont noirs ou bruns ont des jalxits blancs ou des taches couleur de feu ; en sorte que , quelque part qu'ils soient , on les aperçoit aisément. J'ai l'cmarqué encore eu eux cet instinct , .•^^urtout dans les chiens de couleur rembrunie : c'est qu'ils vont se coucher partout où ils voient une élofTe iilanche, préférablement à ctlles de toutes les autres couleurs. C'est ce qu'éprouvent souvent les dames ; car s'il y a un petit chien àe couleur sombre dans un appartement, il ne manque guère d'aller se rejiosiT ii 1601*8 pieds et sur leurs ju[)es. L'instinct qui porte lechien à cher. cher le repos sur les étoffes blauclies >ient du sentiment qu'il a lui-même du contraste que cherchent les puces dont il est souvent tourmenté. Les puces se jettent, {Kirtout où elles sont, sortes conteurs blanches. Si vous entrez dans un Ueu où il y en ait Iwaucoiip avec des bas blancs, ils en sennit bientôt couverts. Mlles se jettent même sur une simple feuille de |)apier bl<mc. Voilà pourquoi

les chiens blancs eo aoot bien plus iuoomniodéi que ki autres. J'ai obaervéauasi que partout où il y a des dnew de cette couleur , les noirs et les brans teur font fiète, et les préfèrent aux autres pour jouer avec eox , Mm doote pour se délivrer des puces à tears dépens. Ceci aoU dit cependant sans vouloir rendre leur amitié «aapocte de trahison. Sans l'instinct de ces petits insectes noirs, légers et nocturnes pour la couleur blancbe , il aérait impossible de les apercevoir et de les attraper. La moucbe commune , de couleur sombre, se porio de DMine sur tout ce qui est blanc et brillant. Voilà pourquoi eUe ternit toutes les glaces et tes dorures des appartemens. La mouche à viande aime , au contraire , à se poser sur tes couleurs livides des viandes qui se gâtent. Son corselet bleu l'y fait aisément remarquer. Si on étend oes contrastes plus loin , on troufcra qoe noo-sealemeiit tons les insectes sanguivores ont l'instinct d'opposer teurs couleurs à celles des «tes où ils vivent , mais même tons les animaux carnassiers; tandb que, comme nons l'avons vu y tous les animaux faibles , doux et innocens , ont des mojens et des instincts de cousonnances avec les fonds qu'ils habitent : ainsi l'a voulu la nature, afin que les premters pussent être aperçus de leurs ennemis , et qœ les seconds pussent leur échapper.

On peut threr de ces lois natnreltes une foule de coo- &équences utiles et sgréables pour la propreté et la commodité de nos appartemens. Par exempte , poor détraira aisément les insectes qui troublent notre sommeil et qui stmt si conununs à Paris, il faut que les alcôves , les tentures et les lx)is de lit soient de couleurs Manches ou tendres ; alors on les y apercevra aisément. Quant à la commodité , on sent qu'il est nécessaire de faire contraster les conteurs «te nos meubles , pour les distinguer tes uns des autres avec facilité. Il m'arrive souvent , par exemple, de ne savoir ce que devient ma taliatière, parce qu'elle est noire comme la tabte où je la pose. Si la nature n'avait pas eu plus d'inteUigenoe que moi , la plupart de ses ouvrages disparaîtraient à notre vue. 11 est bien étcmnant que les philosophes, qui ont fait de m curieuses recherches sur te nature des couleurs, n'aient IKiiut parlé de leurs contrastes, sans lesquels nous ue distinguerions rien; ou plutôt leur oubli n'est point siu*prenant : l'honnue poursuit sans cesse l'iliusicm qui luiéchap|>e, et m^lige l'utite vérité qui l'epose à ses pieds.

Les harmonies des couleurs ont encore de grandi» influences sur les passions : mais je n'ai rien à dire, à cet égard , dans un |Kiys où tes femmes les emploient avec tant d'empire; c'est aux fennncs que je dois la première idée que j'ai eue d'étudier les éiémens des hiis par lesquelles la natui*e elle-même cherche à nous plaire.

Desécrivainscélèbresont avancé que tes Nègres trouvaient leur couleur plus belle que celte des blanes, mais ils se sont trompés. J'ai interrogé à ce sujet des noirs que j'avais à mon service à l'île de France, qui me parlaient avec assex de liberté {lour me dire leur scnlimenl, surtout sur une matière aussi indiflércnte à des esctevcs que la l)eaiilé des blano^. Je teur ai demandé quelque-

NOTES DE L'AUTEUR

fuis laquelle ils ainiaieot le mieux d'une femme blaocbe ou d'une femme uoirc : ils u'out jamais hésité à donner la préférence à la première. J'ai vu même un nègre, qui a\ait c^té déchiré de coups de fouet dans une hal»itatiou, se réjouir de ce que les cicatrices de ses plaies blanchissaient, parce qu'il espérait , pcr ce moyen, cessiT d'être nègre. Le misérable &e sérail fait écorcher pour devenir blanc. Cette préférence, dira-t-on, est, daus ce cas , Teffet de la supériorité qu'ils tronveut aux Européens. Mais la tyrannie de leurs maîtres devrait leur eu faire détester b couleur. D'ailleurs , les noirs et les né(;resses de nos colonies témoigueut h*s mêmes gotits que nos paysans pour les étofTes qui ont des couleurs vives et tranchées. Leur supréqie luxe est de s'entourer la tête d'un mouchoir rouge. La nature n'a point donné à la rose de l'Afrique d'autre teinte qu'à a>Ue de l'Europe.

Si le jugement des esclaves noirs est suspect sur ce point , on peut s*en rapporter à celui des souverains de leur pays, qui n'ont |M)int d'intérêt h dissimuler leur goût. Ils se n connaissent A ce sujet comme en d'autit*s, plus mal partagés que les Européens. Des rois d'Afrique se sont adressés plusieurs fois aux chefs des comptoirs anglais, hollandais et français, pour avoir des femmes blanches, leur promettant en ràx>mpense des privilèges considérables. Lamb, facteur anglais d'Ardra, prisonnier du roi de Dabomé, mandait, en 1724 , au gouverneur du fort anglais de Juida , que s'il pouvait envoyer à ce prince quelque femme blanche , ou seulement mulâtre, elle acquerrait le plus grand pouvoir sur son esprit *. Un autre roi d'une autre {larlie de la côte d'Afrique promit un jour à un missionnaire capucin , qui lui prêchait l'Evangile, de renvoyer son sérail et de se faire chrétien , s'il voulait lui faire avoir une femme blanche. I^ zélé missionnaire se rendit sur-le-champ dans l'établissement portugais le plus voisin, et, s'étant informé dans ce lieu s'il y avait quelque demoiselle pauvre et vertueuse, on lui indiqua la nièce d'un g(Mitilhomme fort pauvre, qui vivait daus la plus grande retraite. Il l'attendit un dimanche matin à la porte de l'église, lorsqu'elle sortait de la messe avec son oncle; et, s'adressant A celui-ci devant tout le peuple , il le somma , au nom de Dieu et pour le bien de la religion , de douner sa nièce en mariage au roi nègre. Le genlilhomiiie et sa nièce y ayant consenti, le prince noir épousa celle-ci, après avoir renvoyé toutes ses fenmies, et s'être fait liaptiser **. Ijes voyageurs les plus éclairés rappinlciit plusieurs de ces traits de préférence dans h's souverains noirs de l'Afrique et de l'Asie méridionale. Thomas Rhoê, amiMissadeur d'Angleterre auprès du mogol Sélim-Schah , raconte que ce puissant monarque faisait l)eaucoup d'accueil aux jésuites portugais, missionnaires à sa cour, tians l'intention d'avoir quelques femmes de leur pays dans son sérail. II les combla d'abord de privilèges, les lr)gea dans le voisinage de son palais, et les admit A sa familiarité; mais comme

' Histoire générale des Voyages , pac l'alibé Prévost . liv. >m. paiçe96.

*' Histoire de l'Ethiopie, par Labat.

il preasentit que ces pères étaient bien éloignés de servir ses passions, il mit en usage une ruse fort adroile pour ks y obliger. Il leur témoigna du |)enchant pour embrasser le christianisnie ; et, feignant qu'il n'était retenu que {lar des raisons de politique , il ordonna A deux de ses neveux d'assister assidûment aux catéchismes des missionnaires. Quand ils furent suffisamment instruits, il leur enjoignit de se ftiire liaptiser; après quoi il leur dit : « Maintenant vous ne pouvez plus épou- M ser des femmes païennes de ce |viys, puisque vous êtes 9 chrétiens ; c'est aux pères qui vous ont baptisés A vous » marier. Dites- leur qu'ils vous fassent venir pour » feumies des demoiselles portugaises. » (^ jeunes gens ne mauquèrent {xis d'en faire les demandes aux pères jésuites , qui , se doutant bien que le Mogol ne voulait voir ses neveux mariés a>ec des demoiselles portugaises que pour avoir des femmes blanches dans son sérail , refusèrent de se mêler de cette négociation. Ce refus leur attira une inflnilé de perst^utions de la part de Sélim-Schah , qui commençj par faire renoncer ses neveux au christianisme *.

La couleur noire de la peau est un bienfait du ciel envera les peuples méridionaux , parce qu'elle éteint les reflets du soleil brûlant sous lequel ils vivent. Mais ces peuples n'en trouvent pas moins les feumies blancbes plus l>elles que les noires , par la même raison qui leur fait trouver le jour plus beau que la nuit, parce que les harmonies des couleurs et des lumières se font sentir dans le teint des blanches , au lieu qu'elles disparaissent presque entièrement dans cdui des noires, qui ne peuvent entrer avec elles en comparaison de beauté que par les formes et la taille.

Les proportions de la figure humaine , après avoir été prises, comme naus venons de le voir, des plus belles formes de hi nature, sont devenues, A leur tour, des modèles de l)eauté pour l'honuue. Qu'on y fasse attention , et l'on verra que les formes qui nous plaisent davantage dans les aris, comme celles des vases antiques, et les rapports de la hauteur et de la lacgeur dans Icsmonumens, ont été tirés de la figure humaine. On sait que la colonne ionique, avec son chapiteau et ses canm-lures , fut imitée d'après la taille, la coifTure et la robe des filles grecques.

•• PAGK 318.

Ainsi , la couleur blanche augmente l'effet des i-ayons du soleil , et ta noire l'affaiblit. Les habitaiis de Malte blanchissent l'intérieur de leurs appartemens, afin, disent-ils , qu'on puisse apercevoir les scorpions , qui y sont assez communs. En cela ils font deux fautes, à mou avis : la première, de se méprendre de couleur ; car les scorpions, qui y sont gris, paraîtraient encore mieux sm* un fond sombre ; la seconde , plus importante , c'est d'y augmenter tellement la réverbération de la lumière, que la vue en est sensiblement aiïectée. C'est A cette cause que j'attribue les maux d'yeux qui sont très-comnmns dans cette .le. Nos Iniurgeois mettent, en été, des chai>eaux blancs A la ca.upa;;ae , et ils sl* plaignent de

* Mémoires de Thomas Rhoî*, colleclion de TIhIvciioI.

NOTES DE L'AUTEUR

froids soot revêtus de foniTures chand<« , etc. Au reste , il ne faut pas oooiptor trouver toujours ces contraires de la même espèce dans ctioque animal. Ijà nature a une inOnitê de moyens dirTéroiiÀ |N)ur produire les mêmes effets, suivant les besoins de ciiaque individu.

Page 1