‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (volume 2)Chapitre 154 sur 213 · EXPLICATION DES PLANTES · texte numérisé non relu

EXPLICATION DES PLANTES

tièrccio voifliis , qui forme au dehors iid pohédre trèsrégulier d'une uiul itude de faa« hexagouales ou penlagonales. Ces faces ne sont point exprimées dans la f1gun>, parce qu'on l'a copiée d'apri's celle d'un livre de Ixilanique IN-s-t-stiiiié, mais qui, comme les livres en tout genre, n'a recueilli que IfS caniclèn-s qui convenaient à son système. l.a fouille du pissenlit détermine particulièrement son site naturel ; elle est large et charnue , parce que s'étalantsur la terre où elle forme des étuiles de veiilure, elle ne craint p.'int les vents ; elle est découpée profondément en dents de scie |K)ur ou^ rir un jwssage aux graminées , et ses dentelures se recourbent en dedans pimr nn'evoir les eaux des pluies et les porter à la racine. Alasi la nature pn)|)ortionne les moyens à •chaque sujet , et redouble d'attention pour les plus faibles. I^ sphère du pisneiilit est plus nrlistement faite que ■le cAne du cèdre, et est sans c^mtredit bien plus volatile. Il faut des tem|)étes |)our porter au loin la semence des -cèdres ; il ne faut que des zéphirs pour ressemer celle des pissenlits. Il faut de plus un Litian pour planter le premier, et à l'autre il suffit d'une taupinière. Ce petit végétal est aiLssi bien plus utile dans le monde (fue le cèdre ; il sert k la nourriture de plusieurs quadrupèdes et de l)eauconp de petits oiseaux qui be repaissent de sa graine. 1 1 est fort salutaire à l'homme , surtout au printemps. Aussi on voit alors beaucoup de pau\res geus qui cueillent ses jeunes pousses dans les campagnes. C'est le seul aliment que la nature présente encore gratuitement à l'homme dans notre climat. Il vient partout dans les lieux secs et jusque dans les intervalles des pavés. Il tapisse souvent les cours des bùtels dont les maîtres 1 n'ont pas Ix'aucoup de clieus, et semble y appeler les •miséralHes. Ses fleurs dorées émaillent ti'ès-agréablement le pied des murs , et sa sphère de plume, relevée sur une loHgue ham|)e au sein d'une étoile de verdure, ne laisse pas d'avoir son agrément.

C'est donc l:i feuille qui détermine particulièrement le site natiuxïl d'un végétal ; car, comme nous l'avons vu, il y a des plantes aquatiques qui ont leurs graini*s volatiles, parce qu elles croissent sur bâbords des lacs ou des marais qui n'ont p^is de courans , telles que le saule et le niseau; mais leurs feuilles alors n'ont (mint d'aquéducs. Il y en a même qui s(mt pendantes , et qui par cette attitude refusent les eaux du ciel. I/érable de Virginie, qui se plait sur les lK)rds des lacs, des marais et des criques , a des graines attachées à des ailes membraneuses semblables à celles d'une mouche , ctmnne celle de l'érable de montagne qui est représentée ici. Mais il y a cette grande difréi*ence entre eux, que la large feuille du premier est pc^ndante et attachée à une longue queue ; que celte queue , loiu d'avoir un aquédirc , a une aK*te ;

et que la faille de Térable de montagne , qui est d'une moyenne gramU'iu*, anguleuse et cortioée pour résister aux vents, sVIève pre^que verticalemeut et |)orte no î^quéduc sur sa queue pour recevoir les eaux du ciH.

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