ARISTIPPE
Quoiqne ma philosophie diffère un peu de la sienne, je lui dois cependant beaucoup ; j'emploierai quelque jour une partie de ma fortune à lui élever un beau monument au milieu de mes jardins.
ESCIIINB.
Je lui suis plus redevable qu'aucun de vous. Je vivais dans une extrême pauvreté , et je voyais tant de jeunes gens riches et nobles fré(]uenter sa maison, que je n'osais en approcher. Enfin, comme mon ame avait un grand besoin d'instruction , je me hasardai un jour à l'aborder. Je lui dis, tout tremblant : Je suis pauvre, Socrate; je me trouve dans l'impuissance de vous rien offrir en récompense des soins (fueje désirerais que vous prissiez de moi , en me recevant au nombre de vos disciples; mais je me donnerai à vous tout entier, je serai le compagnon de votre bonne et mauvaise fortune. Il fut si touché de ma franchi.*>e qu'il m'embrassa, et me dit : Mon pauvre Eschine, il n'y a que vous qui ayez su m'honorer parfoitement Je lui dois aujourd'hui l'art de faire des vers avec quelque succès.