VOEUX POUR LE CLERGÉ
tour do soleil , et lui montre loor à tour ses pdies glacés.
Cet ordre me semble encore plus convenable aux fonctions d'un roi, qui, après tout , n'est qu'un homme, et qui doit non-seulement répandre ses lumières sur son peuple , mais qui a besoin à son toor d'en recevoir de lui. Ainsi le roi saura , par l'assemblée nationale , ce qui se passe dans les assemblées provinciales; par les assemblées provinciales, dans les assemblées des villes; et par celles des villes, dans celles des villages.
Les hommes , comme les affaires , circuleront sous ses yeux ; car le moindre paysan pourra être député de l'assemblée de son village à celle de la ville de son district, de celle de cette ville à celle de sa province , et de celle de sa province à l'assemblée nationale. Ainsi , par ces périodes, les députés de l'assemblée nationale pourront montrer successivement au roi tous ses sujets , comme la terre présente au soleil toutes les parties de sa circonférence.
Je suppose ici que les assemblées des villages , des villes et des provinces, auront lieu dans tout le royamne , qu'elles seront à la fois permanentes et périodiqties, c'est-à-dire qu'elles se renouvelleront chaque année dans un tiers de leurs membres, et qu'il en sera de même de l'assemblée nationale, qui doit être le centre de tontes ces assemblées; car il doit y avoir de l'harmonie dans toutes les parties de l'état. Accorder la permanence aux assemblées des villages , des villes et des provinces, et la refuser à l'assemblée nationale, c'est, dans une montre, où les petites, les moyennes et les grandes roues sont en mouvement, ôter le grand ressort.
Il résultera, de la permanence de l'assemblée nationale, qu'aucun corps aristocratique ne pourra se mettre désormais entre le roi et la nation; et de la périodicité de ses membres, qu'elle ne pourra ellemême se changer en corps aristocratique. Comme le roi a de droit le pouvoir exécuteur, il n'y pourra passer aucune loi qui ne soit revêtue de sa sanction ; et comme il a aussi le pouvoir modérateur, cette assemblée étant formée de deux puissances dont les intérêts sont opposés, il aura toujours le pouvoir d'y maintenir l'équilibre. Elle ne peut donc, ni par ses opérations, ni par sa durée, porter aucun ombrage à l'autorité royale.
Il y a plus , c'est qu'elle seule peut faciliter les opérations d'un bon gouvernement ; et c'est par elle seule que les intérêts du roi et du peuple , qui sont les mêmes , se trouveront réunis. Le roi , en donliant aux députés des communes le pouvoir de défeniireJesinléréfs du peuple, leur donne en même
temps celui de défendre les intérêts de la royauté, qui ne sont que la prospérité même du peuple; et s^il arrivait, comme par le passé , du désordre dans l'administration, le peuple ne poiu*rait en accuser le roi, qui lui donne le pouvoir perpétuel d'y veiller, et de lui en proposer les remèdes.
Puisse cet ordre si simple , si naturel et si juste , être admis dans tous les gouvememens du monde, pour le bonheur des nations et de leurs princes ! Les goûts , les mœurs, les modes , les discordes et les guerres se communiquent d'un royaume à l'autre : pourqtioi n'en serait-il pas de même de la concorde et des bonnes lois ? Puisse donc l^uis XVI en recevoir à jamais la louange qui lui en sera due par son propre peuple ! Puisse-t-il l'obtenir de la reconnaissance de toutes les nations, et remplir la devise glorieuse qu'il tient de ses ancêtres , maïs que lui seul aura méritée , un soleil éclairant plusieurs mondes, avec ces mots : a II suflit à tous ! » Nec pluribus impari
vœux POLTl LE CLERGE.
H serait bien à souhaiter que le clergé n*eât jamais séparé ses intérêts de ceux du peuple. Quelque riche que soit le clergé d'un état, la ruine du peuple entraîne bientôt la sienne. Cesl ce que prouve l'exemple des Grecs de Constant rnople , dont les patriarches se mêlaient des fonctions des empereurs, et les empereurs de celles des patriarches. Le peuple , épuisé par son clergé et par ses princes , qui s'étaient emparés de toutes ses propriétés, même en opinions, resta sans patriotisme : que dis-je ? on l'entendait crier, pendant le siège où les Turcs s'emparèrent de Constantinople : « Nous airains mieux voir ici des turbans qu'on » chapeau de cardinal. » J'observerai ici que la religion d'un état n'est pas toujours son pins ferme soutien , comme on l'a tant de fois avancé ; car l'empire grec de Constantinople est tombé, et sa religion est restée. Il en est arrivé de même aa royaume de Jérusalem. D'un autre côté, beaucoup de l'eligions ont changé dans différens états dont les gouvememens n'ont pas cessé de subsister : telles ont été les ancieimes religions de plusieurs royaumes de l'Europe , de l'Asie et de l'Afrique, auxquelles ont succédé les religions chrétienne et musulmane, sans que plusieurs de ces états aient changé même de dynastie. \je bonheur du peuple est la seule base inébi-anlable du bonheur des empires ; il l'est aussi de celui de son clerj^é. Le clergé grec de Constantinople est réduit , sou< les Turcs, à vivre d'aumônes dans les mêmes lieiix