DE LA NOBLESSE ET DBS GABDE8 NATIONALES
L'ambition de la noblesse s'était emparée des honneurs ecclésiastiques, militaires, parlemeotaires, finanders y municipaux et même de cenx des gens de lettres et des artistes. Il fallait être noble pour être évêque, colond et même simple officier, conseiller de grand'chambre , prévôt des mardiands ; on le devenait poor avoir été édievin de Paris; bientôt il aurait fidlu l'être pour être membre de nos académies qui avaient toutes des noUes on soi-disant tds à leur tête. M. le Clere éuit devenu Bl. le comte de Buffion, et Voltaire, M. le comte de Femey; d'autres bornaient leur ambition au cordon de Saint-Midiel ; tous nos illustres voulaient être gentilshommes ou le devenir. Il n'y avait que ce pauvre Jean-Jacques qui était resté homme. Aussi n'était-il d'aucune académie.
Une nation qui ne serait composée que de nobles finirait par perdre sa religion , ses armées , sa justice, ses finances, son agriculture, son conmieroe, ses arts et ses lumières : die y substituerait des cérémonies , des titres , des impôts , des loteries , des académies et des inquisitions. Voyez l'Espagne et une partie de l'Italie, prindpalement Rome, Naples et Venise. L'assemblée nationale française a rouvert la carrière des honneurs à tous les Français; mais, pour s'y maintenir, il faut qu'ils y courent eux-mêmes. La liberté n'est qu'un exerdoe perpétuel de la vertu. C'est en se reposant sur des corps que les citoyens en perdent les habitudes et bientôt les récompenses. 81 tant d'évéques et de colonels ont été si aisément dépouillés de leur crédit et de leurs places, c'est qu'ils se dédiargeaient de leurs devoirs sur leurs subalternes. C'était rimbitude de foire ses aumcVnes \w les mains du dergé qui avait appauvri lepeui^le et enridil tant de maisons rdigieuses. C'était pour s'être feit remplacer dans le service militaire par des soldats , que les dtoyens eux-mêmes avaient pei-du le pouvoir exécutif, et que les régimens s'eii étaient emparés au profil des» nobles. Ce fut eii remplissant ce devoir que Sparte maintint sa liberté, et en s'en déchargeant sur des soldaU mercenaires qu'Atiiènes perdit la siemie. Il faut donc que les citoyens français servent eux-ménies. J'ai proposé dans mes f^œux les moyeas d'entretenir aisément en France une armée formidable , qui ne coûtera pas un sou à la patrie (lendant la |)aix. C'est en instituant dans les villes et villages des exercices, des jeux et des prix militaires parmi les jeunes gens. AiiLsi ou les formera à la subordination , sans laquelle il ne fieut y avoir d'armée ni de citoyens. Il n'y a que l'obéissance aux lois qui
SUITE DES VOEUX D*UN SOLITAIRE