‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (volume 2)Chapitre 205 sur 213 · DIALOGUE SUR LA CRITIQUE · texte numérisé non relu

DIALOGUE SUR LA CRITIQUE

les l'amena à Tile de France ^ où iisTretombèrent probablement dans l'esclavage.

Infortuné de la Peyrouseî tous êtes peut-être • conune eux, avec vos compagnons, sur un banc de sable , au milieu des mers , dénué de tout , et ne pouvant Instruire de votre destinée votre^patrie, qui a fait de vaines recherches pour la connaître ! Si les Académies , qui fondaient tant d'espérances sur votre voyage, avaient mis an rang de leurs systèmes astronomiques une théorie plus simple des coorans , et parmi vos collections d'octans, de (]uaris de cercle, de pendule et d'instrumens savans , des projectiles communs, tels que des bouteilles, des bouts de planches, des cocos, vous auriez pu donner des nouvelles de votre désastre jusqu'aux extrémités du monde. C'est par de sim* pies fruits nautiques , chassés par les courans, que les Sauvages ont découvert toutes les terres où ils ont abordé. Peut-être aux mêmes signaux , des ncnrs d'une île voisine fussent venus à votre secours; îk n'eussent point hésité à s'embarquer dans leurs, pirogues, parce que vous étiez blanc, et de la couleur de leurs tyrans ; mais ils eussent ajouté au respect dû à votre liberté naturelle , celui que leur eussent inspiré vos malheurs.

Parif, le 7 bramaire an vt (2S odolire 4707.)

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