‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (volume 2)Chapitre 56 sur 213 · AVIS DE L'EDITEUR · texte numérisé non relu

AVIS DE L'EDITEUR

Les convcUoQi pr^uréei pu- l'Auteur donnertieiit i celle édilion du £tiid« de la Xatmt, ont gnude mpérioriU MIT toute» oeUn qui ont été publiée* jntqu't ce jour. Ion même qu'elle ne lenît pu eurichie de ph>- ■tean'auDolatioiu Importantes. B£iinAiiDiHD£ Saiht- PiERHE avait eu l'Idée de déveliipper oertaiDet parlia deiouliire, Duitsauienalténr le teite primitif ; car il ajouttii plD> TOloolien qu'il ue retraocbait, t'ippuyiDt de l'avi» de Hootalgue, qui ne Toolall pai que < sou traTail pu» coodamner la premiËre fonue de m* ■ EmoIi. mais aeulmieat donner quelque prii i cba- > cune de» iinvantei '. >> C'est ce que BERNAROm de Saiht-Piebiis a eiéculé au commeDcement de l'Etude cinquième, en ajoutant ta peinture de noi climat» i celle des climita du nord et du midi, c'est-à-dire en duanant le dernier trait Ueui autres Tragmeua ,

/chapitre du Sentiment de^l'i ,^ „„■-

VfSÊulé^tt Ces amioiâBaiù étant le» plu» coosidérablei, aunt auui les teule* qne nout crojoo» nëcetuire d'in-

DesoDcAié, l'Éditeur, en prenant pour base de sm trJiail l'édition U plus esUroëe de l'Auteur, celle de <7m, a reiu et collitionné toutes ks autres éditions, aflu d'ajouter au mérite de celle-ci par la conecUoo , la pureté et l'eiaclitude du teite.

QuaDtauinotes,i1eâtétéfodle de les multiplier dalautagc; mai» l'Editeur a cru devoir se borner i cdies i|iti pouvaient servir à l'intellifteoce de» (ait», ou Ji l'biatuire de la KÙeuce. 11 s'est donc atntenu de porter un jugement sur les tliéories qui (bmieat la baae de quelques parties des Éludii. ^on-cntleaient il ne s'est cru aucun titre pour dédder des qnesliom qui touchent lui plus bautet spéculation) de la science, mais encore il est pânélré de cette peqsée, que le temp» seul peut y porter la lumière. Au reste, le but de l'Auleur de* Ëludeteri si suliiinté , qu'on éprouve t chaque page le tiesoln de croire et de penser comme lui. Pent-étre s'e»t'11 trompé quelquefois dans les détails ; mais il ne s'est jamais trompé »ur les prii)cipe8 ; et lors même qu'il lui arrive de mal iDterpréter les desseins de la ProTidence, il hit voir que celle Providence eitsle , U force les incrédules A 1* rcconnaitre, et, suivant une eipression énergique de e de battre leurs oreilles de ce 1 11 ne &ut

done plut s'étonner du discrédit que certaf ne* geni ont voulu jeter sur son ouvrage : ils auraient TOlonUer* ipplaodi 1 cette multitude d'Idées et d'obacrvatioDs nouvelles qui ont servi é l'avancement de presque toote* les sdencea; peut-être même lui Buraieot-il* pardonné d'être un grand écrivain, mais ils n'ont pu lui pardoooer d'être un écrivain religieux. En oombattant cet (Eusses doctrion , U ëvdlla la baïne des tofdiUei qu'a voulait convainre; car ceni-U ne demandaient pas it mais i être applaudis :

Tinta nu)ar (mue sltis cil , qolm

Leur vérité , c'était le mal ; pour s'en hire écouler, U rallait croire t eux , et Bernabdih D£ Saint-Pierre ne savait croire qu'A la Providence. Hais ce n'est point ici le lieu de développer ce» vérités , qui trouveront leur place dans la vie de l'Auteur. Il suint, en ce moment, de remarquer qu'il avait prévu le» maui que le tiide qui vient de t'â»uler prétendait lêgu» au tiède (pli lue SB vuji généreuse s'deva pour refiirnoeste héritage que nous avoot accepté.

AVIS DE L'ALTEUB.

La première édition de cet onvr«ge, qui parut en dé- CEnibret78J. s'est tmnvée presque épiùiée en décembre 17S5. Depuis sa publication, je n'ai qu'A me félidter de* témoignages ttonorable» d'amitié que m'ont donnés des personnes de tout état et de tout scie , dont la plupart me sont inconnues. Les unes sont venues me trouver, et d'autres m'ont écrit les lettres Ira plus touchante» pour me remerder de mou livre, comme si, en le donnant BU public, je leur avais rendn quelque service particulier. Plusieun d'entre elles m'onl prié de venir dans leur» dilteaui habiter la campagne , où j'aimerais tant A vivre, m'ont-ellesdlLOui,»Bns doute, j'aimerai* la campagne, mais une campagne A moi , et non pas crile d'autrui. J'ai répondu de mon mleus A de* ofn-es de senicesi agréables, dont je n'ai accepté que labieaveillance. La bienveillance est la Oeur de l'amilié; H son parfum dure toujours quand on la laiaae sur sa tige sans la cueillir. lin père de famille malbenreui m'a mandé que mes ^ludei faisaient sa plut douce consolation. Un athée est vcnn me vmr plusieurs ftils . d'une ville éloignée de Paris, frappé juaqu'A t'admirstloo , m'a-l-il dit, des harmonies que j'ai indiquées dans les

AVIS DE UAUTEUR.

ptanlei, et dont il a reoonna Texistence dans la natare. Des personnages important, et d'autres qni croient Tétre , m'ont fiiit intiter d'aller les ? oir, en me donnant de grandes espérances de Ibrtnne ; mais autant j'accueille le ra^ bonheur d*étre aimé , et celui de pouvoir être utile , autant je fuis , quand je le peux , le malheur si commun et si triste d'être protégé. Je ne dis point tout oed par yanilé, nuis pour reconnaître de mpn mieux, suivant ma coutume, jusqu'aux plus légères marques de bien?eillanoe qu'on me donne , quand je les crois sincères.

J'ai donc lieu de penser, par ces suffrages des gens de bien, que Dku a béni mon trayail, quoique rempli d'imperfections. Il est de mon devoir de le rendre le plus digne que je pourrai de l'estime publique : ainsi j'ai corrigé les Taules de style , de goût et de bon sens que j'ai remarquées dans les précédentes éditions, ou par moi> mème,ou avec le secours dequelq lies personnes instruites, sans rien retrancher cependant du fond des choses, comme elles le desiraient. Je me suis permis seulement, pour les éclaircir, quelques transpositions de notes. J'y en ai ajouté quelques-unes, dans la même intention; entre autres, dans l'explication des figures, une figure de géométrie, pour rendre sensible aux yeux l'erreur de nos astronomes sur l'aplatissement de la terre; et de nouvelles preuves du cours alternatif et semi-annuel de l'océan Atlantique, par la fonte des glaces polaires.

J'aurais bien souhaité de m'éclairer encore, sur cet ouvrage, du jugement des papiers publics. Leurs auteurs outeu, à cet égard , une entière liberté de sufTrages, car je n'en ai sollicité ni fait solliciter aucun ; mais ils ne se sont arrêtés qu'à des observations peu essentielles. Celui de tous qui embrasse le plus d'objets, et qui, par les grands talens de ses rédacteurs, paraissait le plus propre à me donner des lumières , m'a repris d'avoir dit que les animaux n'étaient pas exposés, par la nature, à périr par la famine comme l'homme ; et il m'a objecté les perdrix et les lièvres des environs de Paris, qui meurent quelquefois de faim pendant l'hiver. Mais puisque , d'une part, on multiplie ces animaux & l'infini aux environs de Paris, et que de l'antre on y bûche jusqu'à la plus petite herbe des champs , il faut bien que quelquefois ils y meurent de faim , surtout dans les hivers un peu longs. La ftmine donc qu'ils éprouvent dans nos campagnes vient de Tinconséquenoe de l'homme, et non pas de l'imprévoyance de la nature. Les perdrix et les lièvres ne meurent point de fiiim dans les forêts du IHord, pendant des hivers de six mois; ils savent bien trouver sous la neige les herbes ti les pommes de sapin de l'année précédente, que la nature y a cachées pour les leur conserver.

Les autres obfections que les journalistes m'ont fiiites œ font ni plus importantes, ni guère mieux fondée. La plupart d'entre eux ont traité de paradoxe la cause des courans et du flux et reflux de la mer, que j'attribue à la fonte alternative des glaces des pôles, qui ont, dans l'hivn* de chaque hémisphère , cinq à six mille lieues de tour, et <)ui , dans leur été, n'en ont que deux on trois mflÉ. liais , comme aucun d'eux n'a rapporté un seul argument, ni contre les principes de ma théorie, ni

contre les fiûts dont je l'ai appuyée, ni contre les conséquences que j'en ai tirées, je n'ai rien à leur répondre , sinon qu'ils m'ont, sur ce point, jugé sans examen ; ce qui est expéditif, mais injuste. Celui de tous qui a le plus de souscripteurs, et qui mérite sans doute de les avoir, par le goût avec lequel il rend compte chaque jour des ouvrages littéraires, m'a objecté , en passant, que je détruisais l'action de la lune , si bien d'accord avec les marées. Il est aisé de voir qu'il n'est instruit ni de ma nouvelle théorie, ni de l'ancienne. Je ne détruis en rien l'action de la lune sur les mers ; mais, au lieu de la faire agir siir les mers froides de Téquateur, par une attraction astronomique qui ne produit pas le moindre efTet sur les méditerranées et les lacs de la xone torride même , je la fais agir sur les mers gelées des pôles , par la chaleur réfléchie du soleil , reconnue des anciens ' , démontrée aujourd'hui par les modernes, et dont l'expérience peut se faire avec un verre d'eau. D'aiHeurs, il s'en faut bien que les phases de la lune soient, par toute la terre, d'accord avec les mouvemens des mers. Le flux et reflux de la mer suit , sur nos côtes , plutôt le moyen que le vrai mouvement de la lune : ailleurs , il obéit à d'autres lois; ce qui a fdit dire à Nevvton lui-même, c qu'U fUlait qu'il y eût dans le retour périodique des » marées quelque autre cause mixte , qui a été inconnue u jusqu'ici *. » L'explication de ces phénomènes, qui se refuse au système astronomique, s'accorde parfaitement avec ma théorie naturelle , qui attribue à la chaleur alternative du soleil , tant directe que réflécliie par la lune sur les glaces des deux pôles, la cause, la variété et le retour constant des marées , et surtout des courans généraux et alternatifs de l'Océan , qui sont les premiers mobiles de celles-ci. Cependant nos astronomes n'ont jamais essayé de rendre raison de la cause de la versatilité semi-annuelle de ces courans généraux si connus dans l'océan Indien, et ils paraissaient même avoir ignoré jusqu'à présent qu'il en existât de semblables dans l'océan Atlantique. C'est de quoi on ne (leut douter maintenant , d'après les nouvelles preuves que j'en apporte à la fin du troisième volume de cet ouvrage.

Je n'ai donc point avancé de paradoxe sur des causes si évidentes; mais j'ai opposé, à un système astronomique dénué de preuves physiques, des ftits avérés, tûrésde tous les règnes de la nature ; l^its qui ont une multitude de consonnances dans les flux et reflux de toutes les rivières et de tous les lacs qui s'écoulent des montagnes à glace , et que je pourrais multiplier et présenter sous de nouveaux jours par rapport à l'Océan même, si le lieu et ma santé me le permettaieqt.

Un journal qui , par son titre, parait destiné à l'Europe entière, ainsi que celui qui, par le sien, semble réservé aux seuls savans, ont jugé à propos de garder un profond silence, non-seulement sur des vérités naturelles si neuves et si importantes, mais même sur tout mon ouvrage. D'autres m'ont opposé, pour toute réponse , l'autorité de Pievrton, qui n'est pas de mon avis.

* F'ayez les notes à la fin des Etude* pour tous les renvois indiqués par des cfaifl^res.

* PhiiotopMe de Newton , diap xxv.

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