DB QUELQUES AUTRES LOIS DR LA NATUBB
PEV CONIVirBS.
Il y a encore quelques lois physiques peu ap^ profondies, quoiqu'on les ait entrevues et qu'on en , ait beaucoup parlé. Telle est celle de rattraction. On l'a i*econnue dans les planètes et dans quelques métaux , comme dans le fer et l'aimant, dans Tor et le mercure. Je crois que l'attraction est commune à tous les métaux , et même à tous les fossiles; mais qu'elle agit, en chacun d'eux, dans des droonstanoes particulières qui n'ont pas encore été observées. Peut-être que chacun des métaux se tourne vers divers points de la terre , comme le fer aimanté vers le nord et vers les lieux où il y a des mines de fer. I| foudrait peut-être , pour en fiiire l'expérience, que chacun d'eux fût armé de son attraction ; ce qui arrive , ce me semble , quand il est joint avec son contraire. Que sait-on si une aiguille d'or, frottée de mercure , n'aurait pas des pôles attractife , comme une aiguille de fer en a lorsqu'elle est frottée d'aimant ? Elle pourrait indiquer, avec cette préparation , ou telle autre qui lui serait plus eonvenable, les Kenx où il y a des mines de ce riche métal. Peut-être détermineraitelle des points généraux de direction à l'orient ou à l'occident, qui serviraient à indiquer des longitudes plus constamment que les variations de l'ai- ^ille aimantée. S'il y a un point an pôle sur lequel le globe semble tourner, il peut y en avoir un sous l'équateur d'où U a commencé à tourner, et qui a déterminé son mouvement de rotation. Il est très remarquable, par exemple, que toutes les mers sont rempKes de coquillages univalves d'une infinité d'espèces très différentes, qui ont tous leurs spirales qui vont en croissant du même côté , c'està-dire dé gMt^ à droite , comme le mouvement du globe, lorsqu'on tourne l'embouchure du coquillage an tford et vers la terre. 1! n'y en a qu'un bien pe^' nombre d'espèces d'exceptées , et que ,
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pour ceixe raison , on appelle uuiquei. Les K;iiraies lie celles-ci vont de droite à gaiiclie. Une direction si générale et des exceptions si particolières dans les coquilles ont sans doute leurs causes dans la nature y et leurs époques dans les siècles inconnus où leurs germes furent créés. Elles ne peuvent venir de TacUon actuelle du soleil , qui agit sur elles par mille aspects diffôrens. Sont-elles ainsi dirigées par rapport à quelque courant général de TOcéan, ou à quelque poiut inconnu d'attraction de la terre au nord ou au midi, à Torient ou à Tocddeiit ? Ces rapports paraîtront étranges et peut-être frivoles à nos savans ; mais tout est lié dans la nature : souvent une observation légère y mène à d'importantes découveites. Une petite lame de fer, <]iii se tourne vers le nord , guide les flottes sur les déserts de l'Océan î et un roseau d'une espèce iDCoaiuie , jeté sur les rivages des Açores, fit soupçonner à ■Clii-rsiopSé Çôjomb j'exîstence (i*un antre~monde7
Quoi qu'il en soit, il est omaïn qu'il y a un grand nombre de ces points particuliers d'attraction répandus sur la terre, tels que les matrices qui renouvellent les mines des métaux , en attirant à elles les {larties métalliques dispersées dans les éléniens. C'est par des matrices attractives que ces mines sont inépuisables, comme on l'a remarqué en plusieurs endroits, entre antres à l'Ile d'£lbe, située tlans la Méditerranée. Cette petite Ile n'est qu'une mine de fer, dont on avait déjà tiré, du temps de Pline , une immense qimntité de métal , sans qu'on s'aperçilt, dit -il, qu'il y diminuât en aucune manière, l^es métaux ont encore d'autres attractions ; et, si j'ose dire en passant mon opinion, je les regarde eux-mêmes comme les matrices principales de tous les corps fossiles, et comme des moyens toujours actifs que la nature emploie pour réparer les montagnes et les rochers, qœ l'action des autres élémens, mais surtout les travaux imprudens des hommes, tendent sans cesse à dégrader.
Je reman|uerai îd, au siget des mines d'or, qu'elles sont placées, ainsi que celles de tous les métaux, non-seuiemeut dans les parties les plus élevées des continens, mais dans des montagnes à glace.
Les fameuses mines d'or du Péron et du Chili sont, coinnie on sait, dans les Cordillères; les mines d'or du Mexique sont sittiées aux environs dé la montagne de Sainte-Marthe , qui est couverte de neige toute l'année. Les fleuves de l'Eiu-ope, qui roulent de l'or sur leurs rivages, sortent des montagnes à glace. Le Pô, en Italie , a sa souit^ dans celles du Piémont. Mais, sans nooa écarter de la France , on y compte dix !hart$ xm rivièm qui y charient des paiU^liii tf «r il— Uiiw saUet, et qui ont ums lovr «rigiae dans te miMiKgnw à ^
glace. Tel est le Rhin, depuis Strasbourg jusqu'à Philisbourg; le Rhône, dans le pays de Gex; le Doubs , dans la Franche-Comté , qui tons troi^ ont leurs sources dans les montagnes à glace de la Suisse. La Cèse et le Gardon descendent de c lle.s des Cévennes. L'Ariège, dans le pays de Foix ; la Garonne, dans les environs de Toulouse; le Salât , dans le comté de Conserans, et les ruiaseaiix de Ferriet et du Bénagues , ont tous leurs sources dans les montagnes glacées des Pjrrénées.
Cette observation peut s'étendre , oonune je le crois, À toutes les mines d'or du monde, même à celles de l'Afrique , dont les rivières qui charient le plus de poudre d'or, comme le Sénégal, desct^ndent des montagnes de la Lune.
On pourra m'objecter qu'on a trouvé autrefois beaucoup d*or en Europe, dans des lieux on il n'y avait point de montagnes à glace; qu'on en recne itie à la surface même de la terre , comme au Brésil ; et il n'y a que quelques années qu'on en trouva une pépite ou morceau de plusieurs livres sur le bord d'une rivière de la contrée de Cinaloa , dans le Nouveau-Mexique. Mais, si j'ose hasarder mes conjectures sur l'origine de cet or épars à la siirfoce de la terre , dans l'ancien continent de FEiirope, et surtout dans celui du Nouveau-Monde, je crois qu'il provient des effusions totales des glaces des montagnes, qui arrivèrent au temps du déluge; et que comme les dépouilles de l'Océan couvrirent les parties occidentales de l'Europe , que celles des terres végétales se répandirent sur la partie orientale de l'Asie , celles des minéraux des montagnes furent entraînées sur d'autres contrées, où l'on trouvait, dans les premiers temps, leurs débris par grains et pépites tout entiers. Ce qu'il y a de certain , c'est que quand Christoplie Colomb découvrit les Iles Lucayes et les Antilles, il trouva bien chez leurs insulaires de l'or de mauvaisaloi , qui provenait du commerce qu'ils avaient avec les habitans de la terre ferme; mais il n'y en avait pomt de mmes dans leur territoire, malgré le préjugé où l'on était, et où bien des gens aoni oioore , que le soleil formait ce précieux métal dans les terres de la zone torride. Pour moi, je trouve, comme je viens de l'observer, l'or bien plus commun dans le voisinage des montagnes à glace, quelle que soit leur latitude; et |e soupçonne, par analogie , qu'il doit y en avoir des mines fiort riches dans le nord. Il est probable que les eanx du déloge en entraînèrent des portions considérables dus les contrées septentrionales. On lit , je crob , tes le Km de TAiibe Job, ces expressions reman|odiles : « L'or vient deFaquilon.» Il est certainqae le premier commeroe te Inte avec l'Eu-