‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-PierreChapitre 22 sur 116 · REPONSE DU ROI D'ACHIN A LA REINE ELISABETH · texte numérisé non relu

REPONSE DU ROI D'ACHIN A LA REINE ELISABETH

« Grâces soient rendues à Dieu , qui s'est glorifié lui-même dans ses ouvrages , qui a établi les rois et les royaumes , et qui est exaké seni en pouvoir et en majesté î Son nom ne peut être exprimé

TOTAGE EX KUSSIE.

«tpaarPen-

deiHiis le «■■MBoeoMBl josqn^

ytist éoÊaatt>3 pov lp rai éi Bmide. Qa^a4-9 de plus que soo offlgiKÎi ? C'est OB sorcrail de joie poor oni et oDe eonfinmioB de noire ainnee , qaH soin notre endMB ee monde H àms Faou^e. En

hnélciYMis b Tie par nn sopfiiee poliîc.

wsanz de pins qne imis désirez noire et notre adiîanoe. Que Diea soit béni et reponrb grandenrdeMsgrtœs! Noire intention et notre désir sont qn^fl Tons plane enTo^rcr ms sujets à notre bendar ', pour exercer nn hooanMt traie, et qne qnioonqiie liendia dans cette Tne, de la part de Totre hanlesse, soit admis à la même soeiélé et aox mêmes pririléges. Car anssildt qne le capitaine Jacques Lanoaster et ses compagnons sont arrivés , nous leur aTons permis de former une soeiélé libre , et nous les avous revétns de la dignité convenable à leur entreprise. Nous leur aTons aooocdé des prifiléges; nous les avons instruits des meillenres méthodes du commerce. Et, pour leur Cure connaitre la fraternité

' C'eat OB nom que tes Arabes donnait en ^éiMfnl à toute riviiro|ie, doiit les Equ^nuls se Taotaient alors d'élre les

' Prîocipal olBckT du port d'Achin.

DES HOTCXS QT'OV MMT BHFUnTCB POCACHBn-

GHEn rx somuLr passage Arx ikocs. --»

CaÈATIOX D^rXECXHiFA«XISn*ACnQKXAlftnS

nrsEs ET hYxs oompacucib n^ATEKitmiEns

Piefre4e-Grand a lenlé s'oHvnr nn passage aux Indes et en IVise. Otte expédition n'eut point de »coès, par la dilfionllé insurmomable de fiàre snlisi$4er et marelMr una nombreuse dans des déserts, et an nûlien des Taitares qui la baroehàent sans cesse. Ainsi on Périfia alors ce que rexpcricace aiail conlinné bien des fois, que, dans des enlrepiics de cena nainre , on Ton est obiqié d*i^ loin dn centre de ses éinu, reonemi est moins à craindre que le nombre des soldats de sa propre armée.

Un petit nombre dlmmmes choisis avance bien plus rapidement % se dégage beaucoup mienx , sa soutient bien plus loQg-lenips, se retranche on fiut ses letraites avec pins de sécurité et moins de dan^

Ces hommes ne doivent point être choisàs parmi les Russes, où on en titmvenit certainement un

«Lallraqiae.

'On ne doit pas prendre ici en mauTaise part le oon d'àvemarier. Il sùonifie taq^onrs, lorsqu'à s'a^il d'e^pédMon mStaire, une troupe dViounes hra^Ts, |4aseiposé« que les antres aux «hrénmens ou aTenturrs de la suerre.

* Cela ne doit s'entendre que des pays sraihlaMes à cens dont tt s'a^L,où, faute de canons une prande troupe dlioni* mesàchenl ne peut lien entirpteudie oonlre des toldais bien exeroffs. Au reste, œ ivrait le wajtt d'un nénoire fsft kms, si Ton voulait parler de Tannure, de la mardie. de la discipline et des è^-ulutkins oonvenaMes à une troupe ausM peu nombreuse que celle dont i est question un peu plus bas. Si on était curieux d'en voir un easai. Je me ferais fort de traverser avec un petit nomhre dVmnnes armés comme Je IV ma^iK* une très-raste plaine, malgré le leu et tes batOMMtlM de l*infauterie et les sabres de la cavalerie, en sopposMit qu 'ils n'eniplof asseut |)oint de canon coqitc ma tnnqie.

VOYAGE EN RUSSIE

grand nombre de très-braves : tuais on s'expose à deux inconvéniens. Le premier est rinirotlié et le ressentiment que les Tartares ont conservé de l'expédilion de Pierre-le-Grand. Toutes ces nations se ligueraient pour empêcher, de concert, les entreprises de leurs voisins. Le second viendrait de la jalousie des Persans ou des Turcs, qui s'opposeraient à cet accroissement de grandeur et de puissance de l'empire de Russie ; ce qui pourrait attirer des guerres fâcheuses. Il faut donc que cette expédition soit confiée à des mains étrangères , afin qu'il paraisse qu'elle est plutôt faite du consentement , que par les ordres de la cour de Russie, et qu'on a plutôt eu égard à l'établissement de quelques familles étrangères , que le dessein d'entreprendre sur ses voisins.

Si la cour approuve mon projet et si elle veut m'en confier l'exécution , je me propose de lever un corps de trois cents ^ aventuriers français ou étrangers; de remonter avec eux toutes les rivières qui se trouvent sur la route, avec des barques construites de manière qu'elles serviront en même tem|)s de chariots lorsqu'il faudra faire quelque |H>rtage; de former un établissement sur le bord du lac Aral, lors même que le fleuve qui sort de ce lac aurait été barré dans son cours par les Tartares, et qu'il serait aiasi difficilement navigable; de partir de cet établissement comme d'un point de sûreté et de protection, pour faire , tous les ans , nn voyage dans l'Inde , et pour maintenir le passage libre aux marchands nisses qui iraient trafiquer aux Indes; en sorte que cette colonie serait à perpétuité une république armée pour la défense du commerce, et pour escorter gratuitement les sujets de sa majesté impériale.

Pour remplir tontes ces conditions , je deman4e à la cour 150,000 roubles d'emprunt, et des privilèges pour attirer des aventuriers.

DE l'emprunt des 150,000 ROUBLES, ET PES PRIVILÈGES DE LA COMPAGNIE DES AVEN- TURIERS.

Nous ne dissimulons pas qu'il n'y ait de grandes difficultés à diercher un passage aux Indes , et de

* Dans le nombre de oes troit cents étrangers , la moitié se* rait composée de gentilshommes on d'hommes très-bien nés, l'autre moitié d'ouvriers de toutes sortes de métiers conve^ nables aux besoins d'une colonie. Les lois de cette république, la discipline nécessaire pour la diriger, tout cela est étranger à ce mémoire. U me suffit d'assurer que de tous les étaUissemens possibles, c'est un de ceux où l'on a tâché de rapprocher davanlage les conditions sans les confondre , et de conserver à des hc^mmes les droits et le caractère respecta* Ne de l'humanité.

plus grandes encore à former un étabUssemeiU audelà de la mer Caspienne. La barbarie des nations, la difficulté de remonter des fleuves dont les noms sont à peine connus , les fatigues d'une kmgue expédition, sont capables de rebuter des bommcs qui ne seraient pas engagés à cette entreprise pûtes plus grands motiis et par toutes les fediités qui dépendent de la Russie.

Pour cela, il serait créé une compagnie des Indes , dont les fonds seraient de 150,000 roubles. Cette somme serait divisée en actions de 500 roubles chacune , ce qui formerait un corps de trou cents actionnaires. La compagnie des aventuriers serait également de trois cents hommes, dont chacun serait supposé avoir contribué pour sa part d'une action de 500 roubles; ce qui donnerait à chacun des actionnaires et des aventuriers un sixcentième de droit sur le succès de l'entreprise.

Cette somme de i 50,000 roubles serait employée à fournir à tous les aventuriers les armes, vivres, habillemens, barques, et tout ce qui leur serait nécessaire jusqu'au succès de l'expédition.

Lorsque la compagnie des aventuriers aurait assuré ses établissemens par une forteresse qu'elle construirait sur le bord du lac Aral, le commotse des Indes serait déclaré libre , seulement pour les sujets de l'empire de Russie et pour les citoyens de la colonie; et, pour empêcher que, les passages étant ouverts ^, l'avidité des mardiands ne fit tomber le oonomerce , on y procéderait en celte sorte.

Tous les ans, ime caravane de barques armées aux frais des actionnaires, et montées par les babitans de la colonie, ferait un voyage aux Indes. Chaque marcliandise paierait un droit de dix pour cent de l'exportation , et chaque marchandise rapportée des Indes un autre droit de dix pour cenL Le oonunerce ne serait permis que dans ce temps, et la colonie serait tenue de confisquer les effets de ceux qui s'écarteraient de cette voie. D'un autre côté, la cour de Russie s'engagerait à ne jamais gêner ce oonmierce en établissant dans l'ultérieur du pays ou sur la frontière de nouveaux droits d'entrée ou de sortie, les avantages qu'elle tirerait de ce commerce étant déjà assez considérables \

' Gomme il arriva aux Anglais sur la côte d'Afrique. La compagnie qui avait le privilège exclusif manqua d'argent, et pour s'en procurer permit la liberté du conmierce k toute la nation , moyennant un droit de dix pour cenL Cette permission y amena un si grand nombre de vaisseaux , que le commerce en fut ruiné.

' U est clair que la cour attire dans l'empire la plus riche source de commerce qu'il y ait au monde, et augmente sa population, son conmierce et ses forces, par la facilité de donner à grand marché au reste de l'Europe les marchan- I dises de l'Inde. Si elle fournit les 150,000 roubles, elle s'as-

VOYAGE EN RUSSIE

Les terres que la ookmie achèterait oti conqaerrait sur les Tartares laî appartiendraient à elle seule, et eDe y ferait tels établisseniens qn'il lui semblerait bon de fiiire , sans que la cour ou les actionnaires passent y rien préteiidre. Ou imposerait seulement sor ces terres conquises un dixième racbetaUe à volonté par le corps des aventuriers.

Le produit de ce dixième, ainsi que le dixième d'exportation et celui d'importation , serait partagé également par le corps des aventuriers et des ac* Uonnaires.

On prélèverait sur ces fends tous les frais pour guerre, armement, agriculture, navigation, enfin pour toute opération puisque concernant l'accroissement de la colonie.

Les actionnaires auraient un résident ou commis pour résider en leur nom auprès du corps des aventuriers. Le résident serait diargé de leur part seulement de la recette et du partage de leurs revenus , sans pouvoir entrer ni avoir voix délibérative dans les conseils des aventuriers.

S'il s'élevait quelque difficulté entre le résident des actionnaires et le corps des aventuriers, elle serait décidée par six juges pris réciproquement dans les deux corps. Si la cour se trouvait posséder toutes les actions, sa majesté impériale nommerait trois commissaires et la république trois citoyens.

La colonie des aventuriers serait reconnue par la cour de Russie comme une république entièrement libre, se gouvernant par ses propres lois, ayant ses magistrats et tons ses officiers élus de son propre choix. Il serait permis à chaque citoyen de sortir de l'empire de Russie, et de se retirer où bon lui semblerait, sans être gêné, inquiété, ou Mlgé de payer aucun droit pour des biens acquis par ses services et au prix de son sang.

n serait permis à la colonie d'établir des manufiictares, febriques, métiers de quelque nature que œ soit , et de feire venir d'Europe les artisans et les recrues nécessaires, sans qu'i^ fussent exposés à aucun retardement.

Tout citoyen envoyé pour les affaires de la colonie, dans quelque endroit de l'empire que ce soit, y jouirait des droits et privilèges d'une personne revêtue d'un caractère public.

Quant au commerce particulier qui pouiTait se Cure dans la suite entre les habitans de la colonie et les sujets de sa majesté impériale , on accorderait aux habitans de la colonie les mêmes privilèges et prérogatives accordés par Pierre-le-Grand aux

sure à perpétuité un droit de cinq pour cent sur l'enti'ée , et de cinq pour cent sur la sortie.

négocians anglais ; enfin les privilèges accordés par la cour de Russie aux aventuriers et aux actionnaires, de même que les obligations de ceux-ci envers la cour de Russie et entre eux réciproquement , seront , en cas que le projet soit accepté détaillés et renfermés dans une bulle revêtue des formalités nécessaires pour lui donner à perpétuité force de loi, sans qu'il soit besoin de la renouveler à l'avenir sous aucun prétexte.

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