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Le vin est le bit des rài-
lank,clfebilC5tle J^appraove cnoore toams Tvs^çt de
dn thé, dn café et dn cbooofat. Je n pas id si le liié idiclie OQ nettoie Test»à le café alofise le sanç OQ dttcse les Tapeors do cencan, si le diocoiat cpaiasil nos humeuis oa Bons fialifie. Je croîs qne ces boissons font dn bien aax entes , dès qo*3s les ffiMcnt aiec plaisir. Je les considère id , non sons leor nppoit lis sons lenr ijppoft moral et pofi»
nne tel pas inspirer aox entes le Ine pins qne celai des briâls et des rnenblés, ni on goût de préférence potar des prodnclions étrangères. Il est donc aisé de niir déjà qne lespremièRs bases de h morale sont dns Ffaismire nalarele , et ceSes de h politiqoe des nadons dmsla morale des entes : noos les décoorrirons €le pins en pins, en snlTanl le pte de nos harmonies, n est bien immoral^ selon moi, de mettre le dqenner de nos entes en Asie et en Amérique, et delenr fûre préférer les prodnctîons des pais éUaugets à celles de lenr patrie. Cest aussi une grande serritode poor on peuple , de bire dépendre ses picnneis besoins des peuples les pfais éloignés de hn, et de supporter plus difficikinenl la prifation du thé, du café et du sucre, que cde du pÛB. J'ai TU ks premiers désordrts de Paris , dans notre terrible révolution , commencer par les Manrfiiiwrnses, qui, oe pouranl souflfnr le renehérisBement dn sucre et du café, occasioné par la gœrre, pUbient ces denrées chez les épiciers. J'ai TU depuis ces mêmes femmes à la porte des boulangers, où on leur distribuait quatre onces de pain après trois ou quatre heures d'attente , rester tranqidlles et tomber d'inanition. La séparation de r Amérique anglaise de sa métropole est Tenue à rœcasîon d'un impdt sur le thé. Nous arons dans notre pays de quoi suppléer à ces besoins tetices: le bon miel est pins sucré qne le sucre ; nos plantes aromatiques penrent nous donner des assaisonnemens aussi agréables et plus convenables à notre santé , que les épiceries des Moloques. Combien de combinaisons et de déoourertes en ce genre ne pouTons-nous pas fure dans notre botanique ! Pendant des siècles , b feniDe du thé a été le jouet des Tents de la Chine , et le grain du café foulé aux pieds des bétes en Arabie , sans qu'on se doutât que ces amers, harmonies aTcc le feu, l'eau et le sucre, serviraient un jour aux délices de l'Europe. Notre olÎTe même n'a4-elle pas été long-temps la proie des oiseaux dans les Ues de r Archipel , avant qu'on s'avisât d'en tirer de
et delà nnelesnTe? La
aux animanx; mas^ I mMUgcnoe qui apprît Athéniens à préparer son fruit inl la qui en 6t prescnl aux hommes. GoinhicB de fnilles, de erunes. de baies, se perdent dans nos prairies et dans nos forêts, dont les préparaUons ponrraieiM nous être également utfles! Tena-t-O <|ui en exçe autant que le blé avant qne d'être changé en pain? Si on mettait nn Sauvage de r Amérique, qui ne vit que de chasse et de pattles. et ne sliafaile que de peaux , an mSm de nos riches camp^nes couvertes de tant de recolles, se dooterait-a qne de petits grains portés pv des pailles metaies, servent de base à h nonrritnre des Européens? nies croirait bien pins propres à celle des oiseaux. Fonrrait-il imaginer que nos lins et nos chanvres produisent des fibres dont nous fidiriquons notre hnge, et qne des dûflbns de ce linge se Cdiriqne notre papier, auquel nons confions les chefs-d*<ruvre de Fesprit humain? Aurait-il ridée de la charme, du moulin, des moutures, de la boulangerie, d'une multitude de teriques en tout genre , qu*alimeiitenl nos T^iétaux; des papeteries, de récriture, de r imprimerie, et de Finfluence de nos fivres , dont les plus révérés ont agité les quatre parties du inonde? il mourrait de Eûm au milien de nos moissons, de froid dans nos chaumières, et d'ennui dans nos bibliothèques. Mais que l'Européen ne s'enocgueillisse pas de ses lumières; eOessont si bornées, et il en bit un si crad abus, qu'il n'est lui-même qu'on sauvage au sein de la nature.
Je crob que c'est à répoque où les entes mangent seok, qu'on doit commencer à leur donner une idée de nos plantes domestiques et des arts qui les préparent pour nos besoins. Un homme , quelle que soit sa condition, n'est pas excusable d'ignorer comment se cultiTent le blé, les divers légumes, et comment on les convertit en alimens. U doit savoir, dans le besoin , se préparer à manger,, comme il doit savuir se vêtir , se peigner , se laver; il lui serait même utile d'apprendre comment se préparent nos principales boissons : il ne sait pas où le conduira la fMtune. J'ai tu en Russie, et même dans nos armées, des officiers auxquels ces connaissances ont été souvent importantes. Bien en prit au capitaine Cook, dans ses voyages autour du monde, de savoir lùre de la bière aTec des branches de sapinette , pocnr préserver sur mer son équipage do scorbut.
Mais c'est aux jeunes filles surtout, qui doivent être chargées un jour du soin de la maison , qu'il convient de savoir fiire à manger, conserrer des
iâ8 LEÇON DE
proTÎsîoiis, et préparer des boissons utiles et agréables. Quel plaisir pour elles d*étre déjà nécessaires à leurs parens , et de pouvoir un jour ofTrir à leurs maris et à leurs enfons un pain et des mets Falubres ! Quelle douce joie n'éprouveront-elles pas , lorsqu'elles feront apparaître aux yeux de leur famille étonnée des légumes et des fruits consentes dans toute leur fraîcheur, au milieu des rigueurs de l'hiver! Quelle abondance ne verseront-elles pas sur leur table par une multitude de fruits de l'été , conservés par la dessication ou la cuisson ! Elles doivent joindre à ces cormaissances économiques l'art de préparer le lin et le chanvre, de les filer, de les tisser et de les blanchir. La chimie peut leur présenter, dans les livres élémentaires, non des principes savans , mais des résultats simples , relatifs à la composition des levains , aux fermentations, aux savonnages, aux lessives, et même à quelques teintures. C'est par ces travaux domestiques qu'elles se prépareront à elles-mêmes des mœurs innocentes , conjugales et maternelles; elles seront dans leurs maisons comme des divinités bienfaisantes. On met entre les mains des ensuis des deux sexes une multitude de livres moraux et philosophiques, qui ne leur donnent rien que de l'ennai. Mais ne serait-il pas plus à propos de leur offrir une théorie claire des choses naturelles qu'il importe à un père et à une mère de connaître , pour entretenir l'abondance et la propreté dans leur famille? Ne trouveront-ils pas des preuves plus certaines de l'existence de Dieu , de la reconnaissance que nous lui devons, et de nos devoirs envers les honmies , dans les bienfeits de la natnre que dans les livres? Un jour, un de mes amis fut voir un chartreux : c'étnt au mois de mai. Le jardin dn solitaire était couvert de fleurs dans les plates-bandes et sur les espaliers. Pour lai, il s'était renfermé dans sa chambre, où l'on ne voyait goutte. Pourquoi, lui dit mon ami, avez-vous fermé vos volets ?— C'est, lui répondit le chartreux, afin de méditer sans distraction sur les attributs de Dieu. — Eh ! pensez-vous, reprit mon ami, en trouver de plus grands dans votre tête que ne vous en montre la nature au mois de mai ? Croyez-moi, ouvrez vos volets et fermez votre imagination.
Je crois avoir rapporté ce trait ailleurs , mais il est bon de le répéter. Il donne un aperçu de la manière dont se fourvoie l'esprit humain. Que de livres sur la nature et sur son Auteur ont été écrits dans des chambres noires!
Les hommes veulent connaître les attributs de l'être invisible, et ils ne connaissent pas ceux du soleil, qui agissent sur tous leurs sens. Chaque plante est une pensée qui exprime une harmonie de l'as-
BOTANIQUE
tre du jour , et toute la puissance végétale n'etf qu'une page du li>Te immease de ses propriété!. Qui osera donc calculer la puissance de l'Auteur de la nature, qui a établi les harmonies du soleil avec ses différeas mondes , et celles du soleil avec tant d'antres soleils ? Bornons-nous donc ici à la connaissance de la terre que nous habitons. Je crois qu'on peut apprendre la géographie anx enfans par le moyen des plantes. U est difficile de leur donner d'abord des idées abstraites d'éqnateur et de méridien , de latitude et de loqgitade, auxquelles nous reportoas tous les points du globe. Les hommes, pour se ressouvenir d'un grand nombre de faits particuliers, les lient à des lois générales, sans lesquelles ils n'en auraient pas la connexion; mais les enfans, qui ne saisissent pas cette connexion, ne manquent pas , lorsqu'on leur parle d'une loi générale, de la particulariser en on seul foit; d'abord pour la concevoir en en faisant l'application , et ensuite pour s'en ressouvenir. H font à leur jugement un point qu'il puisse saisir , et oà leur mémoire s'arrête. Bien des honmies sont enfans à cet égard : voilà pourquoi, comme noos l'avons déjà observé, l'exemple leur est pins qne le précepte.
Je commencerais donc par prévenir les enftuiK qu'ils doivent se défier du témoignage de learssens et de leur raison isolée ; je leur en donnerais poor preuve le ciel et la terre, a Le ciel , leur dirais-je , vous parait former une voûte ronde, et la terre une sm^ce plate; c'est tout le contraire. Le ciel n'a point de forme déterminée; c'est un espace sans bornes, et la terre est ronde : si vous marchiez toujours droit devant vous, vous en feriez le Urar. La terre est une grosse boule de mille deux cent soixante-treize myriamètres ou de deux mille huit cent soixante-quatre lieues de diamètre, et de huit mille cinq cent quatre-vingt-douae lieues de circonférence. EQe est suspendue dans l'espace par la puissance de Dieu, qui* la balance par les lois positives et négatives de l'attraction. Vous croyez qu'elle est plus grande que le soleil , qni ne vous paraît pas aussi large que la forme de votre chapeau ; vous vous trompez : le soleil est un million de fois plus gros qu'elle. Il ne vous parait petit que parce qu'il est à plus de trente nûllions de lieues de distance de vous. Vous croyez qu'il se lève le matin et qu'il se couche le soir; vous vous trompez encore : il ne change point de place : c'est la terre qui tourne sur elle-même autour de lui. La sagesse de Dieu emploie toujours la voie la plus courte; elle ne fait rien en vain. Si le soleil tournait autour de la terre, il décrirait chaque jour un cercle de plus de cent quatre-vingt mil-
A PAUL ET VIRGINIE
IÎ0D8 de lîeoes. Vous ne devez ces connaissances qu'anx observations réanies de tous les hommes dispersés sur le gld)e. Vous voyez donc bien que vous leur devez de la reconnaissance, puisque vous ne pouvez rien savoir seuls et par vous-mêmes. Diea a attacbé les sciences et le bonbeur des hommes à lear union. »
n est aisé de donner aux enfons une idée du mouvement de rotation de la terre , et des effets du soleil sor eUe , par celui d'une lioule qui tourne devant im Oambeau. Lorsqu'ils auront une notion générale de la grosseur de la terrci de sa distance an «deil et de son mouvement journalier et an- 'nod , cela doit leur sufCre. Après cela , je leur détenmoerais les quatre points cardinaux, comme je Tai dit ailleurs, par ceux de l'horizon, lorsqu'ils cnt le visage tourné vers le midi. J'y ajouterais les deux points des pâles, et les cercles principaux de laspbère.
Ces notions préliminaires établies , je leur donnerais une idée des principales parties de la terre, par les végétaux qui sont à leur usage; je commencerais par ceux de leur patrie. Quelqu'un avait eu ridée de foire une géograplûe pour les en&ns, en caractérisant chaque ville par quelque friandise. Ainsi, par exemple, ils auraient connu Reinis par son pain d'épices; Verdun, par ses dragées; Rouen, par ses gelées de pomme. Ce répertoire de la gourmandise aurait été aussi agréable aux hommes qu'aux enflkns; mais il ne faut pas £dre naitre les lumières d'un vice. Toutefois en donnant plus d'étendue à ces premières notions géograpûqnesy on peut les rendre plus utiles qu'on ne pense ; il ne s'agit que d'y comprendre les végétaux les plus Intéressans, les animaux les plus nécessaires, et surtout les hommes qui ont été les bîenCûtenrsderhumanité. Dans l'alm^nach républicain, on avait établi une nouvelle chronologie par OD moyen à peu près semblable ; mais des plantes, des outils et des animaux ne laissent que des souvenirs bien fkoids. D'ailleurs , on n'y avait pas donné place à un seul homme célèbre : comme si testale&s et les vertus n'étaient pas des dons du ciel aussi reoommandahles à des citoyens que l'ail
ou l'oie!
Je crois donc qu'en donnant aux enfons une géographie qui leur indique ce qu'il y a de plus intéressant pour les hommes dans chaque partie de la terre, elle en caractériserait les principaux poînls dans leur mémoire d'une manière plus intéressante, plus durable et plus utile sous divers rapports, que la latitude et la longitude ; elle détrairait les pr^ugés injurieux si communs, d'une pravinoe à l'antie, et de nation à nation ; elle
ferait naître en eux une foule de sentimens de bienveillance envers leurs semblables, par le sentiment du plaisir et de la reconnaissance.
Sans parler ici des relations morales qui survivent aux siècles contemporains, et s'étendent par toute la terre , la nature a établi dans tout le genre humain un si grand nombre de relations physiques, que je tiens qu'il n'y a point d'homme, soit civilisé, soit sauvage, qui n'ait à son usage habituel quelque production des pays étrangers. Les Laitons, les Sauvages de l'Amérique , les Nègres de l'Afrique, se servent de nos fusils, de nos harpons , de nos aiguilles, de nos toiles, de nos eauxde-vie. L'homme le plus pauvre parmi nous prend du tabac , qui vient de l'Amérique. Le mouchoir bleu de sa femme est de coton et teint d'indigo, qui y croissent également. Quant à nos riches, ils ont épuisé le luxe de toute la terre.
Je commencerais donc par donner aux enfans une idée intéressante de leur patrie et de l'Europe , par les végétaux qu'ils aiment le plus; mes leçons seraient dans leurs déjeuners et leurs collations ; je leur dirais : « Ces pommes viennent de » la Normandie; ces châtaignes, du Lyonnais; ces » noix, de la Picardie. Les arbres qui les produi- » sent en France sont originaires de plusieurs, lies » de la Méditerranée; le noyer, du mont Ida, dans » la Crète; le châtaignier, de la Corse. C'est aussi » des lies de cette mer et surtout de celles de la '» Grèce, situées entre l'orient et le midi, que la » vigne, l'olivier, le jujubier, l'amandier, le poiw rier , ont été transplantés dans nos climats; votre » pain vient du froment , originaire de la Sicile. » En vain la nature l'avait destiné aux hommes : w il n'aurait été mangé que par les animaux , si » une femme inspirée du ciel n'en avait découvert » l'usage. Les anciens , plus reconnaissans que » nous, l'ont adorée sous le nom de Cérès; ils » Font mise presque de niveau avec les divinités » du feu , de l'air, de l'eau et de la terre, parce » que le blé est en quelque sorte pour l'homme un » cinquième élément. Admirez la Providence , » qui a posé le principal fondement de la vie hu- » maine, si ambitieuse, sur des pailles sans cesse » agitées par les vents. Ce sucre que vous aimez » tant est fait avec le jus d'un roseau des lies An- » tilles , vers les côtes de l'Amérique , entre le » midi et le couchant, à quinze cents lieues de la » France : il est cultivé par de malheureux nè- D grès, réduits au plus cruel esclavage, unique- » ment pour nous Êibriquer du sucre. Le miel n'est 1» guère moins agréable, et il est sans contredit » pkis salutaire, n n'expose point tes hommes à » mille dangers pour l'aller chercher à travers les
HARMONIES AÉRIENNES
accidens qui d'abord nous font perdre terre , cf sont les bienfaits du ciel. T^issons-nous-y donc aller : servons-nous des forces de notre ame, qui est en harmonie avec la Divinité , pour nous élever vers elle; il ne faut que nous y abandonner. Si nous nous méfions de Dieu, nous ne pourrons supporter la vie; tnaissi nous nous fions à lui, la vie ellemême nous portera.
Joie de mes vieux jours ! sensible enfant! chère Virginie ! c'est pour toi principalement que j'ai écrit ces dernières lignes! Si un jour tu peux les lire, n'oublie pas les premières leçons de ton père; répète-les à ton frère Paul quand il sera en âge de les entendre. Pour toi , tire ta plus aimable parure des fleurs, tes plus salutaires alimens des fhiits , tes plus doux travaux des plantes. Je ne veux point feire de toi une botaniste. Ne parcours point comme savante te temple immense de la nature ; mais reste sous son vestibule, comme une vierge ignorante et timide, avec tes besoins et ton cœur. Qu'un fraisier soit ton premier autel, et des arbres fruitiers tes chapelles. Us feront drculer un sang pur dans tes veines , des images riantes dans ton esprit, et des passions célestes dans ton ame. Jamais tu ne seras seule, même dans les déserts; partout tu trouveras un Dieu protecteur. Chaque herbe t'inspirera im sentiment, et diaque Tiruit une action de grâces.
C'est par des mœurs semblaMes que les femmes les plus respectables de l'antiquité conservèrent la foi conjugale, et entretinrent l'abondance dans leur maison. Ne t'associe pour époux qu'un amant qui ait des goûts pareils aux tiens. C'est dans la seule classe de ceux qui aiment la nature, que tu trouveras ceux qui aiment la vertu : des Lysis , des Epaminondas, des Cincinnatus, des Fabricius, des Scipions, et ce qui te sera préférable, des citoyens sans célébrité) mais sans envieux; des ip^res de fomlUe obscurs , mais heureux ; des hommes inconnus aux hommes, mais agréables à la Divmité. Pour moi , si , déjà dans l'Iiiver de ma vie, je ne suis pas destiné à te voir dans l'été de la tienne; si ta bonne mère est seule diargée de t'y introduire , après avoir pris seule soin de Ion printemps, tu acquitteras à la fois les dettes de Tainonr conjugal et de l'amour filial, si un jour ta main reconnaissante sème quelques violettes sur non hiunble terre.