‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-PierreChapitre 48 sur 116 · LIVRE INEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE INEUVIÈME

HARMONIES DU CIEL

ou LES MOiNDES.

L'homme ne voit dans le soleil, aa premier coup d'cril , qu'un astre d'un demi-pied de diamètre , qui l'éclairé et l'échauffé, et qui, chaque jour, se lève à l'orient pour aller se coucher à rocddenl. Moins attentif à ses mouvemens qa'un enfant à ceux de son ballon , il faut qu'un almaHadi l'aTcrtisse des heures où il se lève et où il se couche, et des époques où il nous donne les saisons. Cependant ses ravons animent toute la nature: ils difah tent les airs, liquéfient les eaux, réchaufTentb terre, f(ikx)ndeut les végétaux, colorent les flem», mûrisseni les fruits , et embrasent des feux de l'amour tous les animaux. Voyez ses rayons entre les mains de l'homme. Âreliimède les rassemble avec un miroir ardent, et en tire un feu capable de fondre les plus durs métaux. Vous les croyez par» et blancs : Newton les décompose avec le prisme, et il en fait jaillir le jaune, le rouge, le bien, le pourpre , qui y étaient renfermés. Ce sont des pinceaux célestes qui colorent toute la nature. Ils vous semblent inunobiles, ils n'agitent pas h plus légère feuille ; et Newton vous démontre qu'en venant du soleil à nous , ils parcourent trentequatre millions de lieues eu septmûmtes et demie. C'est sans doute dans le soleil que sont renfermées les causes inconnues de tant de pliénomènes qui nous étonnent , de ceux de l'électricité positive et négative , du magnétisme qui a tant de rapports avec elle , des variations , de l'incUnaison et de la déclinaison de l'aiguille aimantée, etc. C'est le soleil qui peint la terre de veniure, et lesnnées des couleurs de l'arc-en-ciel; c*estlui qui lance les feux du tonnerre au midi , et ceux de l'aurore boréale sur les pôles. Il attire tous les globes planétaires , les fait circuler autour de lui , et verse sur leur circonférence la lumière, la chaleur, le moovenienl et la vie. Il est le réservoir des trésora de la nature. Les modifications physiques des corps, leurs attractions, leurs mouvemens, leur durée, leurs générations , sont |ieut-ètre contenus actuellement dans le globe animé du soleil , comme toutes les combinaisons das grandeurs et des formes lo sont virtuellement dans une sphère.

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Tâchons de nous former ime idée du premier mobile de notre univers. Le soleil est un corps céleste y un million trois cent quatre-vin^-quatre mille quatre cent soixante-deux foLs plus gros que la terre. Tous les corps planétaires, entraînés par son attraction, tendent vers loi comme vers leur centre; et ils iraient y tomber, si une autre force, perpendiculaire à la première, ne les obligeait d'aller en avant et de tracer des cercles autour de lui, en s'écliappant à ciiaque instant par leur tangftate. La première force s'appelle centripète ou attraction , et la seconde, centrifuge ou force pro • jectile. Telles sont , suivant Newton , les causes des mouvemens circulaires ou plutôt elliptiques* des planètes. Cependant Kepler , surnommé avec raison le législateur de l'astronomie , avait eu à peu près ces mêmes idées avant Newton. Il disait que le. soleil, en tournant sur lui-même, attirait à lai les planètes; mais que celles-ci ne tombaient pas dans le soleil, parce qu'elles font aussi une révolution sur leur axe , et qu'en tournant autour du soleil elles lui présentent , tantôt un côté ami, qui est attiré, et tantôt un côté ennemi , qui est repoussé. L'idée de Newton parait plus simple , parce qu'il met ou semble mettre les deux forces centripète et centrifuge dans le soleil même , la première dans sa matière , et la seconde dans son mouvement : du moins je le conçois ainsi. Ce double effet, partant de la même c«iuse, me parait d'ailleurs conforme aux harmonies générales du soleil, qui les produit à la fois positives et négatives. Il engendre , par sa présence , le jour , la chaleur, le mouvement et la vie; et , par son absence, la nuit, le froid, lé repos et la mort, qui, venant à se combiner , forment les principales harmonies de la nature.

Je ne doute pas, comme Brydone, que, si les lois de l'électricité eussent été connues il v a un jûècle , Newton ne les eût appliquées à son système astronomique. Le soleil est un globe immense qui, par les jets de sa lumière, électrise tous les corps planétaires. Ces corps, à leur tour, renvoient ses feux par leurs côtés opposites ; les comètes , par des queues lumineuses; la terre, aux pôles, par des aurores boréales. L'astre du jour a encore bien d'autres propriétés inconnues. Ceux (jui n'y veulent voir que la force centripète et la force centrifuge , et qui les applicpient aux opérations de la nature, exclusivement à toute autre loi, sont comme de simples maçons qui , dans un palais magnifique, ne feraient attention qu'à son niveau et à son aplomb. Certainement la beauté de l'architecture hnmaine tient encore <\ d'antres lois; à plus forte raison celle qu'a élevée la Divinité. Je ne suis point

surpris que des hommes Ignorons, avenues par leur ambition , et voulant se faire un grand parti en ôtant tout frein aux passions de leurs semblables , aient tâché de ramener tous les ouvrages de la Divinité à quelques lois de la matière , qu'ils ont été capables de saisir; mais je suis véritablement étonné qu'un génie profond comme Newton , qui a répandu tant de lumière sur les ouvrages les plus incompréhensibles de la nature, et qui avait tant de respect pour son auteur qu'à son nom il se découvrait la tête , ait avancé , dans ses disputes avec Leibnitz sur la raison suffisante, que Dieu , ûifiniment libre , avait fait beaucoup de choses qui n'ont d'autre raison de leur existence ((ue sa seule volonté. Selon lui, il est indifférent, par exemple, que les planètes se meuvent d'occident en orient, ou d'orient en occident : la volonté suprême en est la seule raison. Voltaire, (jui rapporte ce raisonnement de Newton , et les objections de Leibnitz, daas son chapitre de la Lil)erté de Dieu , n'ose décider entre eux; et, par ce doute , il semble donner gain de cause au pldlosophe anglais. Je ne rapporterai point ici les argumeiis spécieux de Clarke en faveur de la liberté infinie de Dieu , argumens qu'il détruit lui-même , en objectant que la volonté de l'Être suprême est la raison, a On cesse de » sentir, me disait Jean- Jacques à l'occasion de » Malebranche , quand on commence à raisonner. » Je puis ajouter qu'on cesse de raisonner quand on commence à disputer. Newton donne aussi, si j'osedire , un coup de pied à son système, quand il objecte à Leibnitz qu'il n'y a pas de raison pour que les planètes se meuvent d'occident en orient plutôt qu'autrement. Cette raison existe dans la force centrifuge même du soleil, qui, provenant du mouvement de rotation de sa partie supérieure vers son inférieure, oblige les planètes d'incliner vers lui, dans le même sens, le côté qui le reganle, et d'abaisser leur orient en élevant leur occident. D'ailleurs il est évident que notre terre a des clialnesde montagnes disposées dans le même ordre. Si, par exemple, le vent que le soleil fait élever maintenant sous la ligne du côté de l'orient, par le mouvement actuel de notre globe, soufDait de l'occident par un mouvement en sens contraire, il est certain que toute la partie torridienne de l'Amérique ne recevrait pas une seule vapeur de l'océan Atlantique qui la luigne, qu'elle n'aurait aucune rivière, et que toutes les vapeurs qui s'élèveraient de la vaste mer du Sud iraient s'arrêter en vain à la clialne des Cordillères, qui n'a point son continent tourné vers l'occident.

On pourra me demander maintenant pourquoi le soleil abaisse vers nous sa partie supérieure, plu-

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tôt qu'il n'élève son inférieure : à cela je répondrai sans doute, comme Newton, que la raison en est dans la volonté suprême de Dieu; mais sa volonté n'est pas sans raison , puisque , suivant le newtonien Clarke, elle est la raison même. Au reste, j'anéantis la mienne devant sa sagesse infinie, à l'exemple de Newton, de Clarke, de Leibnitz , et de tons les liommes qui ont tant soit peu médité sur ces sublimes ouvrai^es.

Quelques obligations que nousayoas à Newion, il ne fout pas croire qu'il ait découvert l'attraction des planètes; il en a seulement calculé les lois. Bacon l'avait soupçonnée , et Kepler, comme je l'ai dit, l'avait appliquée à leurs mouvemens bien avant lui; elle a été d'ailleurs connue dans la plus haute antiquité. Il est curieux de voir comme le bon Plutarque s'évertue à la comliattre dans son traité intitulé : De la Face qui apparaît au rond de la lune. Il regarde l'attraction comme une des plus grandes absurdités de l'esprit humain, a II y » a des philosophes, dit-il, qui assurent que la terre » est ronde comme une boule, et néanmoins nous » voyons qu'elle a de si grandes hauteurs et si » grandes profondeurs.... Ne tiennent-ils pas qu'il 3> y a des antipodes qui liabitent à l'opposite les «> uns des antres , attachés de tous côtés à la terre , » conune si c'étaient des chats qui s'attachassent à » belles griffes ? Ne veulent-ils pas que nous soyons y> posés sur la terre , noii à plomb et à angles droits , » mais penchant à côté, conune font ceux qui sont D ivres? Ne font-ils pas ces contes, que s'il y avait » des fardeaux de mille quintaux ((ui tombassent » dedans la profondeur de la terre, que, ([uand » ils seraient arrivés au centre du milieu , ils s'ar- » rêteraient sans que rien les contint ni leur vint » au detant; et si d'aventure tombant à force, ils » outrepassaient le milieu , ils s'en retourneraient, » et rebrousseraient derechef arrière d'eux-mêy> mes? Ne supposent-ils pas que si un torrent im- » pétueux d'eau coulait contre-bas, et qu'il rencon- » trât le point du milieu , leiiuel ils tiennent être » incorporel y il s'amasserait, tournant en rond » tout à l'entour, demeurant suspendu d'une sns-

» pension perpétuelle et saas fin ? N'est-ce pas

» mettre le haut en bas et tout bouleverser , puisy> que ce qui est juscfu^au milieu sera le bas, et ce » qui est dessous le milieu sera le haut; de manière » que , si quelque homme avait son nombril au V centre de la terre, il aurait tout ensemble les » pieds et la tête en haut. » Après un pareil jugement du plus juste appréciateur du mérite des hommes de lettres grecs et romains, il faut conclure que la raison humaine est sujette à s'éblouir fiar l'éclat même de l'évidence; que le son de la

vérité est d'abord d'être méconnue et méprisée, et que tout homme qui la dierclie sincèrement , pour la loger dans son cœur, doit laisser toujours la porte de son jugement ouverte au doute.

Observons que le nom & incorporelle y que Plntarque donne à l'atti'action, suppose nne espèce d'ame qui agit sur la matière , et qui en explique mieux tous les phénomènes , que le nom de oor- {wrelle ou de matérielle que les altractionnaires d'aujourd'hui lui atlribuent comme une qualité résultante de la matière. En effet, dans qnd corps réside l'attraction qui fait tourner le soleil autour du cercle ?

Les anciens connaissaient également la force centrifuge , et la faisaient résulter de l'attradioD ou force centripète; ils l'appliquaient au cours des planètes, a Si la lune , dit Plutarque , au même » traité , ne tombe point sur les Ethiopiens , c'est » qu'elle ne se meut point selon le mouvement den » pesanteur, son inclination étant déboutée et empè- » chée par la violence de la révolution circiilaire...ni » plus ni moins que les cailloux, et tout ce que l'on » met dans une fronde, sont empêchés de tomber » parce qu'on les tourne violemment en rond. »

Les pythagoriciens connaissaient le mouvemeiil des planètes autour du soleil ; ils évaluaient b distance de la lune à la terre à cinquante-six denôdiamètres de la terre , et nous la faisoas de soixante, c'est-à-dire de quatre-vingt-dix mille lieues pour sa distance moyenne , etc. Mais toutes ces vérités, aujourd'hui si bien démontrées, sont entremêlées, dans Plutarque, d'opinions les plus absunles, qui les offusquent et les prédomùient : telle est , pur exemple , celle de Pindare, qui prétend que la terre est portée par des colonnes de dianumt. Les dduris de notre grand système planétaire, connus des anciens , ne nous apparaissent plus , au milieu des imaginations des philosophes et des poètes, que comme les ruines d'un temple antique à travers des ronces et des broussailles , à la vérité couverlei de fleurs.

Je me suis un peu arrêté sur l'attraction du soleil, parce qu'elle est la base de tout notre système planétaire; qu'elle est répandue dans tontes les parties de notre globe, qui tendent vers leur centre commun, et qui s'attirent les unes les antres; qu'elle parait se combiner avec l'électricité positive et négative, et qu'elle semble produite par les flux et reflux du feu , dont le soleil est le foyer, puisque la plupart des corps électriques attirent quand ils sont échaufles , et repoussent quand ils pcnlent leur chaleur.

L'astre qui produit ces effets, et une infinité d'autres dans la nature , semble avoir des analo-

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gies parliculières avec riiomme. Quoiqu'il goit à trente millions de lieaes de nous dans sa plus petite dislance , et qu'il ait environ cent onze diamètres et demi de la terre , ou trois cent dix-neuf mille trois cent quatorze lieues de largeur, sa grandeorapparente sur nos horizons est de doozedoigts, c'est-à-dire à peu près de la grandeur de la fece bomaine , sous laquelle on le représente quelquefob. Il occupe un demi-degré du ciel , en sorte qu'il fondrait sept cent vingt soleOs pour en faire tout le tour, et trois cent soixante pour en embrasser an hémisphère depuis l'orient jusqu'à l'occident. Ce dernier nombre est très-remarquable, en ce qu'il est le même précisément que celui de la division de notre cercle , formée de décimales tirées do nombre de nos doigts. C'est encore à peu près le même qne celui des jours de l'année , formée de trois cent soixante et cinq jours , cinq heures quarante-huit minutes et environ douze secondes. Le cours d'un jour serait, en quelque sorte, par ses divisioas naturelles , une image du cours de l'année, conune un cercle de l'horizon en est une du globe , mais il ne dut pas s'attendre, dans les ouvrages infinis de la nature , à trouver ces rapports terminés en formes circonscrites et en nombres ronds, tels que nous les desirons dans nos travaux bornés. Les excès ou les défauts d'une période ne sont que les pierres d'attente d'une autre: toutes les parties du monde sont engrenées, et leur perfection n'est que dans leur ensemble. Les rapprochement que j'indique ici peuvent avoir un jour leur utilité^ et je me crois aussi bien fondé à les faire du soleil à l'homme , que Newton l'a été à rapfjorter les sept couleurs, qu'il appelle primitives, aux sept tons de la musique. Au reste, nous avons observé, dans nos Etudes, que la marclie de l'homme sur la terre était réglée; en quelque sorte sur celle du soleO dans l'année, car il peut le suivre aisément d'un tropique à l'autre , en faisant seulement cinq ou six lieues par jour.

Au surplus , l'homme ne doit pas s'enorgueillir de ces convenances lointaines : il serait confondu de son néant, s' il' pouvait approcher assez de cet astre pour en entrevoir seulement la grandeur. Ce n'est pas assez de dire que cet astre a plus de cent onze fois le diamètre de la terre , on trois cent dix neuf mille trois cent quatorze lieues de largeur, et qu'il est un million trois cent quatre-vingt-quatre mille quatre cent soixante-deux fois plus gros. On y a aperçu , au télescope , des taches qui étaient dîxHiept cent vmgt-huit fois plus volumineuses que la terre, et qui n'étaient pas sensibles à la vue.

Je me suis toujours étonné que des dessinateurs et des peintres se soient donné beaucoup de peine

pour nous représenter des fleurs ^ des coquillages, des oiseaux étrangers , qu'ils aient même entrepris de longs voyages aux Indes, pour y dessiner des infectes vus au microscope , tandis qu'aucun d'eux n'a encore essayé de peindre le soleil , tel qu'il parait dans le télescope. L'objet le plus admirable de notre univers et le plus commun , en est le moins connu. Nous en avons des planisphères fort mal feits , si j'en juge par celui de la lune , qui ne ressemble point du tout à ce que j'ai vu moi-même dans cette planète avec une lunette de vingt pieds, comme je le dirai en son lieu. Les astronomes ne déterminent , sur le disque du soleil, que quelques positions, et ils ne les expriment que par des contours secs. Ils font comme nos géographes , qui ne marquent, sur leurs mappemondes, les Cordillères et les Alpes que conune des tau|Mnières isolées. Il a fidlu que des uaturalbtes voyageassent , pour nous donner ime idée des chaînes de montagnes qui divisent le glol)e,de leurs relations avec l'Océan, des bras dont elles entourent ses golfes, et pour nous faire ooimaltre les causes et les sources des fleuves qui arrosent la terre. Si d'habiles artistes avaient représenté le soleil tel qu'on le voit dans le télescope , il n'y a pas de doute qu'ils ne nous eussent manifesté ime multitude d'effets qui eussent contribué à feire connaître sa nature. Quoique son disque paraisse tout lumineux, il ne brille pas également partout. Sou portrait, bien rendu, nous eAt d'abord fait sentir sa convexité sur son planisplière , ce que ne font pas les cartes des astronomes; et nous aurions vu, par l'uniformité ou l'aspérité de son limbe, s'il n'a que des écumes à sa sorl^, comme im fluide , ou s' il a des montagnes, comme les autres corps planétaires. De savans peintres ou dessinateurs nous eussent montré les embrancliemens et les correspondances de ses diverses parties, et, par la magie des demi-teintes, ils nous y eussent, en quelque sorte , transportés. En vérité, si mes moyens me l'eussent permis, j'aurais foit le voyage d'Angleterre, principalement pour voir le soleil dans le télescope d'Herschell , et remereier ce grand homme d'avoir étendu dans les cieux la vue et les espérances du gem-e humain. De longties caravanes de pèlerins traversent tous les ans une partie de l'Asie pour aller baiser une pierre noire à la Mecque; d'im autre cdté, des caravanes de savans européens vont admirer les raines de l'Italie, de la Grèce et de l'Egypte , monimnens de la caducité des travaux de l'honmie ; et nid ne sort de son pays pour avoir une vue plus étendue du plus magnifique ouvrage de la Divinité. Je ne doute pas que des sauvages du Pérou, ou de pauvres nègres de l'Afrique, n'eu-

IIARMOMKS

t reprissent le voyajçede l'Europe, seulcnieiit {Mur y voir le soleil dans uostdescopes, s'ils avaient une idée des merveilles de noire optique.

Le télescoi)e d'IIerscliell grossit (|uatre raille fois un objet, c' est -à-Klire six a sept Tois plus que les meilleui's iiLstrumens de ce crenre cpii aient rtc faits avant lui : ne pouirail-on pas accroilre sa force? Le microscope solaire, inventé par Lieberkhun, produit des effets bien plus considérables : j'ai vu une puce plus grosse ((u'un mouton, parfaitement dessinée : ne pourrair-on ps rendre une petite portion du soleil visible par le microscope so- Iriiremdmc? Je ne présente cet aperçu que comme celui d'un ignorant ; n:ais il n'y a pas cinq cents ans qu'on imagina de faire des lunettes avec le verre; au bout d'un siècle, on fit, avec des verres à lunettes , des lunettes d'approche d'un bien plus grand effet. On croyait avoir atteint la perfection de l'art, lors(|uc ^'c^vlon inventa le télesco|)e à réllexion. On pensait ((u'il élail impossible de \o\r plus loin que Newton, lorsipie llerscheil a augmenté de ))eaucoup l'action de cet instrument : poun]uoi quelque opticien ne le porterait-il pas encore au-delà d'IIcrscliell ? Le télescope ne peutil pas étendre la vue de l'homme dans l'infiniment grand , autant (pic le microscope dans l'infiniment petit?

Newton et les autres astronomes prétendent que cet astre est un glol)e de feu, dont la chaleur est vingt mille fois plus foite «pie celle d'un boulet rouge, et qu'il tourne sur son axe en vingt-cinq jours et demi. II est couvert, selon eux, d'une mer ignée, qui bouillonne sans cesse et pnHhiit des écumes qui api»araissent à sa surface en forme de taclies;. c'est même d'après la rotati(»n de ces ck^umessur sa circonférence (pi'ils ont conclu celle de son globe. Tel est le résultat de leurs observations faites avec l'ancien télescope, llerschell , le Christophe Colomb de l'astronomie, vient de renverser avec le sien toute cette physique. Il a vu et revu que le soleil était un corps planétaire solide , environné , à quinze cents lieues de distance , d'une atmosphère lumineuse et ondoyante, de six à neuf mille lieues de lianteur. Celte atmosphère s'entr'oiivre de temps en temps, et laisse alors apercevoir au-dessous d'elle des {Kirties du disque solaire, qui ne sont point des UK^hes ou des écumes , mais des montagnes et des vallées véritables.

llerschell assure (|u'il a réitéré ces observations de manière à les mettre hors de doute. On ne peut, sur ce point, refuser sa confiance à un astronome (pii a dtkîouvert , avec ce même télescope , la nouvelle planète (pii porte son nom : et les deux satellitesqui l'accompagnent , avec deux nouveaux sa-

tellites de Saturne et plusieurs volcans dans b lune.

llerschell remarque , avec raison , qaelescalcnis de Newton sur la chaleur immédiate du soleil sont saiLs fondement, puisqu'ils ne sont établis que sor celle que cet astre exerce sur la terre, et qui n'y existe que par la médiation d'une atuiosplière i^ rienne , sans laquelle elle serait sans action, même dans la zone torride. C'est ce que démontrent les sommets des Cordillères , qui , étant au seîn de cette zone mènie , au-dessus de la région de l'air, sont toujours glacés. Il en conclut donc qoe le soleil , n'étant ni un globe de feu , ni une mer ignée, mais un corps planétaire semblable an nôtre, est habitable.

S'il m'est permis de joindre mes faibles ndsonoemensauxsubUmes expériences de ce grand homme, je trouve encore d'autres iuooaséqnences dans le système des astronomes. ^<* Si le soleil était pénétré de feu , il serait aplati sur ses pôles et dilaté sur son é(iuateur par la force centrifuge , comme je l'ai d(ja dit. 2"* Si les taches qu'ils ont aperçues i sa circonférence étaient des écumes, dies n'apparaîtraient pas sombres sur un globe vingt miDe fois plus ardent qu'un boulet rouge : ce n'est qoe l'action de l'air qui noircit et altère la surfine des corps bnllans ; et quand il y aurait une atmosphère d'air autour du soleil , elle serait trop dilatée poor agir à la surfecc d'une semblable fournaise : on cliarbon dans un creuset , un boulet dans sa foige, sont tout blancs lorsqu'ils sont imprégnés de fm. 3® Il s'ensuivrait que les preuves de la rotation do soleil sur son axe seraient fort douteuses, puisqu'elles n'auraient pour appui que des écnmes mobiles , (pli peuvent être entraînées par des coonos pailiculiers sur un globe en fusion. C'est comme si des astronomes placés dans le soleil condnaient un mouvement de rotation de la (erre d'an pôle k l'autre, en oliservant les montagnes de glaces qui en descendent, tous les étés, vers Tcquatear. Il faut l'avouer, l'édifice de nos sciences est bien imparfeit , et les plus liabiles n'ont po , autour de lui , (4ever cpic quelques petits échafiiuds.

L'idée qu'IIcrschell vient de nous donner du soleil me plaît infiniment. Elle me parait la seule véritable, parce que je la trom-e seule oonibraie aux plans généraux de la nature, qui ^-arîe ses ouvrages à l'infini , et qui n'en foit aucnir en vain. Si le soleil , an moins douze cent mille fois plos gros (pie toutes les autres planètes ensemble, était un globe de feu uniquement destiné à les édairer, le révorl)ère serait beaucoup plus grand que la habitations. Les satellites qui ne renvoient qoe de simfklos refiets de sa Inmi^, sont plus petits que

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les planètes qu'ils récliaiifTcnt. J*aime d'ailleurs à voir le soleil animer le monde sans se montrer , et, à l'ima^ de Dieu , par la seule gloire qui Fenvironne. Je pense que si ses élémens sont les mêmes que les nôtres, ils doivent être dans un autre ordre que sur nos planètes ténébreuses , et (ju'il est liabité poisqu'U est liabitable. Il ne doit point y a¥oir d'ombre sous une atmos|)hère de lumière, €le nuit aux sources du jour, d'hiver à celles de la chaleur, ni de mort à celles de la vie.

Platon disait que notre monde n'était qu'une llgnre du monde véritable, qu'il en existait un antre on étaient en réalité les idées des choses dont nous n'avions que les ombres. S'il existe dans quelque lieu visible , ce doit être sans doute dans le soleil.

S'il était permis à un être aussi lK>mé (pie moi cToser étendre ses spéculations sur un astre que je n'ai pas en même le bonlieur de voir dans le télescope, je dirais que sa matière doit être de l'or, d'abord parce que l'or est la plus pesante de toutes les matières que nous connaissons; ce qui eonvient au soleil placé au centre de notre univers.

Sa lumière, comme l'or, est jaune, indestructible, divisiUe à l'infini ; elle dore tous les objets qn'dle frappe, et semble être un or volatilisé. Si on rassemble les rayons du soleil au foyer d'un miroir ardent et qu'on expose de l'or à leur action, .alors ce métal se revêt, en se fondant, de la plus ridie couleur pourpre ; il s'en élève de petits globules qui circulent en l'air parmi les rayons, et s'attirent mutuellement. La lumière du soleil , si légère et si active, est pesante; elle augmente senablement le poids de tous les corps qu'elle pénètre, et on assure qu'elle forme l'or au sein de la terre. Cest ce que semblent prouver les mines d'or, situées pour l'ordinaire dans les montagnes de la zone torride, en Afrique et au Pérou. Si on en trouve en Sibérie , c'est qu'il y a apparence que eette omtrée a été autrefois dans la zone torride , ainsi que semblent le démontrer les os d'éléphans ioasiles , et d'autres preuves que nous avons rapportées aux harmonies terrestres. Au reste, il est très remarquable que les anciens chimistes ont désigné, par des rapports d'analogie, les métaux par les noms des planètes; l'or par le soleil, l'argent par la lune, le vif-argent [tar Mercure, le eohrre par Vénus , le fer par Mars, le plomb par Satnme. Il est certam que ces métaux tiennent, dans Festime des hommes et par rapport à leur falenr en or, le même rang que leurs planètes eorrélatives occupent dans les cieux , par rapport à leurs distances au soleil. Je conclus de là que notre système astronomique est Nen plus ancien

que nous ne le croyons. La lune seule est exce|>tée de cet ordre; mais on peut dire, d'un autre côté, ({u'après lé soleil , elle influe le plus sur nous de tous les corps planétaires , et qu'elle est dans le même rapport avec lui (pie l'argent avec l'or. L'or est le premier mobile des sociétés du genre humain, comme le soleil lest de l'univers. L'or fait mouvoir toutes les harmonies sociales , chez les peuples policés comme chez les Sauvages. Les financiers , pour nous en inspirer rindifférence , et l'attirer dans leurs coffres , n'en parlent que comme d'un signe idéal et fictif des richesses nationales , qu'on [leut suppléer aisément par tout autre , mais il a une valeur mtrinsèque, du consentement universel de tous \es houunes. S'il était possible qu'il vint tout ù coup à perdre son crédit chez les nations ou à cesser de circuler entre elles , tous leurs gouvernemens seraient renversés de fond en comble , car tous sont fondés sur l'amour de l'or. Il faudrait en excepter peut-être cpiehpies petites nations inconnues qui se gouverneraient par la vertu , car la vertu est autant au-dessus de For que Dieu est audessus du soleil.

On doit rapporter à la matière de l'astre de la lumière les pierres qui en décomposent les couleurs primitives, comme les diamans, les topazes, les rubis, les saphirs, ete. Ce qu'il y de certain , c'est que leurs mines ne sont point dispersées sur le globe; nous ne les troirvons que dans les montagnes et les vallées de la zone torride : c'est là aussi que croissent les végétaux les plus aromatiques , l'arbre de l'encens, le cannelier, le giroflier, etc., dont les parfums viennent des influences constantes du soleil dans cette zone , puis(pi'ils dégénèrent partout ailleurs.

Nous avons vu que la splière contenait virtuellement tontes les formes connues et à connaître. Ije soleil, qui est ime sphère vivante et vivifiante , doit en présenter les plus belles dans les vastes contours de ses montagnes et de ses vallées. Quelles montagnes que celles qui nous apparaissent duhuit cent fois plus grosses (pie notre terre ! On ne doit point y voir, comme sur notre globe, des rochers brisés par la rigueur des hivers , des monts dégradés par des torrens, des promontoires formés et détruits par les mers, un globe mourant et renaissant au milieu de ses ruines , mais on y voit un monde jouissant de toutes les perfections de la l)eauté et de toutes les plénitudes de la vie. Des vallées riantes doivent se perdre dans des horizons cent dix fois plus étendus que les nôtres. Des Alpes de la même proportion, offrant dans leurs croupes les courbes les plus parfaites, doivent porter lenrs sommets non dans une atmosphère glacée ,

HARMONIES

traprisfienile voyage de TEiirope, seulement pour y voir le soleil dans nos télescopes, s*ils avaient une idée des merveilles de notre opUque.

Le télescope d'Hersdiell grossit quatre mille fois un objet, c'est-à-dire six à sept fois plus que les meilleurs instrumens de ce genre qui aient été faits avant lui : ne poun^ait-on pas accroître sa force? Le microscope solaire, inventé par Lieberklion, produit des effets bien plus considérables : j'ai vu une puce plus grosse qu'un mouton, parfaitement dessinée : ne pourrait-on pas rendre une petite portion du soleil visible par le microscope solaire même ? Je ne présente cet aperçu que comme celui d'un ignorant ; mais il n'y a pas cinq cents ans qu'on imagina de faire des lunettes avec le verre; au bout d'un siècle, on fit , avec des verres à lunettes , des lunettes d'approdie d'un bien plus grand efKet On croyait avoir atteint la perfection de l'art, lorsc|ae Newton in>'enta le télescope à réflexion. On pensait qu'il élait impossible de voir plus loin que Newton, lorsque Herschell a augmenté de beaucoup l'action de cet iiislniment : pourquoi quelque opticien ne le porterait-il pas encore au-delà d'Hen^chell ? Le télescope ne peutil pas étendre la vue de l'iiomme dans l'infiniment grand, autant que le microscope dans l'infiniment petit?

Newton et les antres astronomes prétendent que cet astre est un globe de feu, dont la dialeur est vingt mille fob plus forte que celle d'un boulet rouge, etqu*iltoume sur son axe mvingt-dnq jours et demi. H est oou^-ert, selon eux, d'nne mer ignée, qui bouiUonne sans cesse et produit des écumes qui appanèisent à sa surfece en forme de taches;. r*esl même d'après la rotation de ces écumes sur sa circonférence qu'ils ont conclu celle de son globe. Tel est le résultat de leurs observations Élites avec l'ancien télescope. Ilerscbell , le Christophe Colomb de l'astronomie, vient de renverser avec le sien tonte cette physique, il a vu et revu qne le soleil était un corps planétaire solide , environné, à qninze cents lienes de distance. cTnne atmosphère lumineuse et omloyante , de six à neuf niiOe lieoes de hauteur. Cette atmosphère s'cntr'oQ- \Te de temps en temps, et laisse alors aperoevoir au-dessoQS d^elle des parties da disque solaire, qui ne sont point des taches ou des écumes , mais des uiODti^rne« et des vallées vénubles.

Herschell assure qw*il a wHtêré ces observations de iiHiiiière à les mettre horsde doute. On ne peut, Mir t^e |H)iul , refuser !« contiance à on astronome qui a iHHHHtvert , avec ce même télescope , lawmxi4h« |4amHe qui porte son nom: et les denx satei- I îtfK qui rartHMiipagnent , avec deux nonreaux sa-

tellites de Saturne et plusieurs volcans dans la lune.

Herschell remarque , avec raison , qne les calculs de Newton sur la chaleur immédiate du soleil soot sans fondement, puisqu'ils ne sont établis que sor celle que cet astre exerce sur la terre, et qui n'y existe que par la médiation d'une atmosphère aérienne , sans laquelle elle serait sans action, même dans la zone torride. C'est ce que démontrent les sommets des Cordilières , qui , étant au sein de celte zone même , au-dessus de la région de l'air, sont toujours glacés. Il en conclut donc que le soleil , n'étant ni un globe de fen , ni une mer ignée, mais un corps planétaire semblaMe an ndtre, est habitable.

S'il m'est permis de joindre mes laiUesraisonDemensauxsubtimes expériences de ce grand homme, je trouve encore d'autres inconséquences dans le système des astronomes. 1** Si le soleil était pénétré de feu , il serait aplati sur ses pôles et dilaté sur son équateur par la force centriïhge, oomme je l'ai déjà dit. 2<> Si les taches qu'ils ont aperçues à sa circonférence étaient des écumes, elles n'apparaîtraient pas sombres sur un globe vingt mille fois phis ardent qu'un boolet ronge : ce n'est que l'action de l'air qui noircit et altère la snr&ce des corps brûlans ; et quand il y aurait une atmosphère d'air autour du soleil , elle serait trop dilatée pour agir à la snrfiice d'une semblable fournaise : un charbon dans nn creuset , un boulet dans sa forge, sont tout blancs lorsqn'îb sont impr^nés de feu. ^ Il s'ensuivrait que les prenves de la roCationdo soleil sur son axe seraient fort douteuses, puisqn'dles n'auraient pour appui qne des écnmes mobiles , qui peuvent être entraînées par des oonrans particuliers sur un globe en fusion. C'est comme si des astronomes placés dans le soleil concluaient un mouvement de rotation de b terre d'un pdie à l'autre, en observant les montagnes de glaces qui en descendent, tons les étés, vers Tcquatenr. Il font l'aroner, l'édifice de nos scieiioes est bien imparfait, et les plus habiles n'ont ps, aotour de lut, élerer qoe qoelqaes petits êchafouds.

L*idéeqn*Hersciieil vient de nous donner du soleil me pbH infininmiL Elle me parait la seule véritable, parce qne je la tromne senle conforme aux plans généraux de h nature, qui varie ses ouvrage» à rinfiiii,et qui n'en foitaocnn^enfain. Si le soM, an moins donae cent mille fois plus gros que tontes les autres planètes ensemble, était un globe de fou uniquement destiné à les éclairer, le réverbère serait beuanHi» plus grand qne les habitatioiis. Les satellites qui ne romuent que de simples reflets de sa Inoûère, sont plus petits qne

DU CIEL

les planètes qa'ils récliauffent. J'aime d'ailleurs à voir le soleil animer le monde sans se montrer , et, à Timage de Dieu, par la seule gloire qui l'environne. Je pense que si ses élémens sont les mêmes que les nôtres, ils doivent être dans un antre ordre que sur nos planètes ténébreuses , et qu'il est lialttté puisqu'il est habitable. Il ne doit point y avoir d'ombre sons une atmosphère de lumière, de nuit aux sources du jour, d'hiver à celles de la cbaleur, ni de mort à ceUes de la vie.

Platon disait que notre monde n'était qu'une figure du monde véritable, qu'il en existait un autre on étaient en réalité les idées des choses dont nous n'avions que «es ombres. S'il existe dans quelque lien visible , ce doit être sans doute dans le soleîL

S'il était permis à un être aussi borné qne moi d'oser étendre ses spéculations sur un astre que je n'ai pas eu même le bonheur de voir dans le télescope, je dirais que sa matière doit être de l'or, d'abord parce que l'or est la plus pesante de toutes les matières que nous connaissons; ce qui convient au soleil placé au centre de notre univers.

Sa lumière, comme l'or, est jaune, indeslructiUe, divisible à l'infini; eUe dore tous les objets qu'elle frappe, et semUe être un or volatilisé. Si an rassemble les rayons du soleil au foyer d'un miroir ardent et qu'on expose de l'or à leiu* action, .alors ce métal se revêt, en se fondant, de la plus ricbe couleur pourpre ; il s'en élève de petits globules qui circulent en l'air parmi les rayons, et s'attirent mutuellement. La lumière du soleil , si légère et si active , est pesante ; elle augmente sensiblement le poids de tous les corps qu'elle pénètre, et on assure qu'elle forme l'or au sein de la terre. Cest ce qde semblent prouver les mines d'or, situées pour l'ordinaire dans les montagnes de la zone torride, en Afrique et au Pérou. Si on en trouve en Sibérie , c'est qu'il y a apparence que cette conMe a été autrefois dans la zone torride , ainsi qne semblent le démontrer les os d'éléphans IbBsiles , et d'autres preuves que nous avons rapportées aux harmonies terrestres. Au reste , il est très remarquable que les anciens chimistes ont désigné, par des rapports d'analogie, les métaux par les noms des planètes; l'or par le soleil, l'argent par la lune, le vif-argent |iar Mercure, le enivre par Vénus , le fer par Mars^ le plomb par Satnrne. II est certain qne ces métaux tiennent, dans Testime des hommes et par rapport à leur Talenr en or, le même rang que leurs planètes eorrélatives ocîcupent dans les cieux , par rapport à leurs distances an soleil. Je conclus de là qne notre système astronomique est bien plus ancien

qne nous ne le croyons. La lune seule est exceptée de cet ordre; mais on peut dire, d'un autre côté, qu'après lé soleil , elle influe le plus sur nous de tous les corps planétaires, et qu'elle est dans le même rapport avec lui que l'argent avec l'or. L'or est le premier mobile des sociétés du genre humain, comme le soleil l'est de l'univers. L'or fait mouvoir toutes les harmonies sociales , chez les jieuples policés comme chez les Sauvages. Les financiers, pour nous en inspirer l'indifTérence , et l'attirer dans leurs coffres , n'en parlent que comme d'un signe idéal et fictif des richesses nationales , qu'on |)eut suppléer aisément par tout autre , mais il a une valeur intrinsèque, du consentement universel de tous les hommes. S'il était possible qu'il vint tout à coup à perdre son crédit chez les nations ou à cesser de circuler entre elles , tous leurs gouvernemens seraient renversés de fond en comble , car tous sont fondés sur l'amour de l'or. Il faudrait en excepter peut-être quelques petites nalioas inconnues qui se gouverneraient par la vertu , car la vertu est autant au-dessus de l'or que Dieu est audessus du soleil.

On doit rapporter à la matière de l'astre de la lumière les pierres qui en décomposent les couleurs primitives, comme les diamans, les topazes, les rubis, les saphirs, etc. Ce qu'il y de certain , c'est que leurs mines ne sont point dispersées sur le globe; nous ne les trouvons que dans les montagnes et les vallées de la zone torride : c'est là aussi que croissent les végétaux les plus aromatiques , l'arbre de l'encens, le cannelier, le giroflier, etc., dont les parfums viennent des influences constantes du soleil dans cette zone , puisqu'ils dégénèrent partout ailleurs.

Nous avons vu que la sphère contenait virtuellement toutes les formes connues et à connaître. Le soleil, qui est une sphère vivante et vivifiante , doit en présenter les plus belles dans les vastes contours de ses montagnes et de ses vallées. Quelles montagnes que celles qui nous apparaissent dixhuit cent fois plus grosses que notre terre ! On ne doit point y voir, comme sur notre globe, des rochers brisés par la rigueur des hivers, des monts dégradés par des torrens, des promontoires formés et détruits par les mers, un globe mourant et renaissant au milieu de ses ruines , mais on y voit nn monde jouissant de toutes les perfections de la beauté et de toutes les plénitudes de la vie. Des vallées riantes doivent se perdre dans des horizons cent dix fois plus étendus que les nôtres. Des Alpes de la même proportion, offrant dans leurs croupes les courbes les plus parÊûtes, doivent porter lenrs sommets non dans tme atmosphère glacée ,

HARMOMES

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cBe pénètre plus subtilement les corps

que les rayons do soleil ne pénè-

fe pÉB pur cristal : elle n'éblouit jamais;

, cBe fortifie les yeux, el porte dans

et raK je ne sais quelle sérénité : c'est

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sort d'eux , et elle y entre ; die les

. et slneorpore à eux coname les alimens

à noos. Il la voient, ils la sentent.

; cOe foit naître en eux une source

de paix et de joie : ils sont plongés

cet abime de délices comme les poissons

la met; tàs ne veulent plus rien; ils ont

aw rien avoir, car le goût de la lumière

la bim de leur cœur; tous leurs de-

, et leur plénitude les élève an-

ée tout ee que les hommes avides et af-

cheicbent sur h terre. »

dit »-aut lui , sur les liabitans de ce ces vers qu'on peut appliquer si beureusedu soleil.

ctlMT et lumiiie veatit sunin , tua aidera, norunt.

JSixuD, « lib. VI , ▼. 640.

varie que b uACre ooim« leurs parparioe: ibooten propriété

Vîndfe avait

1^ Hkt« $11 est un lien où l'on paisse goôter is jniMàiinfcs cdestes, ce doit être dans le soleil, |Mr Ife Mfenre «le sa lumière vivifiante, et parce «{it U ««t as centre de notre univers. A quoi servinaii ;'iit<nièit des ouvrages de la Divinité , s'il n*y 4«^tit ^ làe» iilies qui en jouissent? Leur princi- »«ii- Hemae smit perdue. Une simple mousse a Mrs îifcWrttJ^ qui la contemplent; le monde doit aMMT aiwn ses spectateurs. Les parties de notre -wnf ^ i|mfc|ue ai^réables qu'elles nous paraissent , ai «:« ^nnt qae des portions infiniment petites : no- 't^ pimr crsil par leur rapprochement. Nous en ifabsitl à la vue d'une simple fleur; il par ctle de h plante qui l'a produite; S vvctNJi par celé de la prairie qui en est émail-

DU CIEL

ke ; U redouble à la vue des brebis qui y cherchent leur pâturage; il devient plus touchant à celle de la bei^ère qui lile la laine de ses brebis, tandb que son amant avec son chien défend le troupeau; il acquiert encore plus d'intérêt à celle du hameau voisin, composé de familles laborieuses et innocentes : mais le bonheur d'un homme se termine souvent à son liorizon ; heureux encore s*il peut y atteindre! S'il s'en éloigne, d'autres mœurs, d'autres lois , un autre langage , des procès , des religions contraires, des guerres cruelles, lui font douter s'il n'a pas pour ennemie sa propre espèce. Aiasi , dans le petit coin que nous habitons, nous n'embrassons pas plus la sphère de la vie que celle de la terre : nous ne jouissons à la fois que du jour qui nous éclaire et de l'horizon qui nous environne ; les révolutions des temps et des générations ne nous paraissent souvent que comme un cercle monotone et difforme de jours et de nuits , d'étés et d'hivers , de naissances et ct^ morts. Placés sur un point de sa circonférence , le monde se montre à nous comme une figure peinte en perspective sur des cercles concentriques ; parmi quelques couleurs agréables , elle ne nous présente qu' un ensemble monstrueux : mais mettez à son centre le miroir cylindrique qui en rassemble les traits , au lieu d'une furie vous verrez une Vénus.

U en serait de même de la terre, si nions la considérions du soleil : nous la verrions avec l'astre qui (aÀi tout voir. Nous l'observerions^ à travers cette atmosphère merveilleuse de lumière qui, comme un cristallin vivant, entoure l'œil de notre univers. Les rayons qu'il lance sont peut-être semblables à ceux qui sortent de nos yeux, qui en expriment bien quelques passions au dehors, mais qui ne manifestent pas les images qu'ils reçoivent au dedans : ils ressemblent peut-être aux lunettes de longue vue, qui rapprochent par un bout et éloignent par l'autre. Newton les a décomposés par l'extrémité qui arrive juscfu'à la terre; encore n'y a-t-il aperçu que des couleurs, quoiqu'ils renferment bien d'autres qualités , comme le prouvent tant de productions qu'ils font 6;lore : mais qui les analysera par le côté où ils émanent du soleil ? Il y a grande apparence que, si nous étions habitans de cet astre, nous verrions la terre, dans sa grandeur naturelle, tourner sur elle-même, et nous développer toute sa circonférence dans le plus grand détail. Nous verrions son continent former des harmonies innombrables avec ses mers, exposer tour à tour aux influences du soleil , dans des rapports opposés de sécheresse et d'humidité, deux zones torrides, deux tempérées et deux glaciales. Nous y ver-

rions les aurores et les coudians , les jours et les nuits, les étés et les hivers se succéder tour à tour dans chaque lieu, et paraître tout à la. fois dans chaque hémisphère. Nous y distinguerions le genre humain, seul, de tous les genres animés, répandu sur le globe pour en recueillir les pnvductions , et seul en rapport avec les influences de l'astre du jour.

Nous verrions les mêmes harmonies du soleil se répéter en grand dans les cieux : la terre n'en a que des zones, le ciel en a des sphères. Le soleil ikit circuler autour de lui, dans deux zones torrides, Mercure à onze millions de lieues de dislance , et la brillante Vénus à vingt-deux millions; dans deux zones tempérées , la terre à trente-quatre millions, et Mars, couleur de sang-, à quarante-sU millions ; dans deux, zones glaciales , Jupiter, couleur d'azur, à cent cinquante-six millions, et Saturne à trois cents. Le solitaire Herschell trace, par un cercle de six cent cinquantecinq millions six cent deux mille six cents lieues de rayon , les pôles de cette sphère immense , auKlelà desquels cependant circulent encore des comètes.

Supposons-nous donc dans le soleil, au centre du mouvement des planètes. Non-seulement nous les verrions tourner autour de nous dans leurs périgées, c'est-à-dire quand elles sont du côté de la terre; mais encore dans leurs apogées, c'est-âdlre au-delà du soleil, parce que cet astre tourne sur lui-même en vingt-cinq jours et denù. Nous les verrionsdetouteleur grandeur dans leurs périhélies, c'est-à-dire quand elles en sont le plus proches, et dans leurs aphélies, quand elles en sont le plus éloignées; car elles décrivent autour de lui non des cercles, mais des ellipses. Nous les distinguerions parfoîtement dans le plus grand éloignement, comme dans le plus grand détail , parce que notre vue, qui aurait toutes ses perfiîctions, ne serait pas inférieure à celle des insectes sur la terre, qui réunit souvent les avantages du microscope et du télescope. Telles sont, par exemple, les abeilles qui voient à la fois les glandes ncctarées dans le calice des fleurs où elles pompent leur miel, et au loin la ruche on elfes doivent le porter. La vue des hommes, sur la terre, est proportionnée à leurs horizons et à leurs besoins matériels et passagers; mais elle doit s'étendre, dans le soleU, aussi loin (pie la sphère de ses rayons, et n'avoir d'autres limites que la bonté toute puissante du Créateur dans l'étendue des mondes. Ils doivent tout connaître dans l'astre qui fait tout voir et tout mouvoir; il est pour eux le séjour de la vérité comme celui de la lumière. Ils n'ont entrevu sur la terre que quelques harmonies éparses de jours.

HARMONIES

comme sur notre terre , mais au sein de celle atmosplière de lumière (|ui ranime au loin les mondes. Leurs rocliers de diamans, d'émeraudes et de ru* bis y élincellent de feux que ne peuvent su{)porter les yeux des mortels ; ils brillent au sein du soleil comme de nouveaux soleils; de leurs gerbes éblouissantes, tout éclatantes à la fois des reflets de Taurore et du coucliant , s'écoulent des ruisseaux de liqueur, de lait, de vin, que le soleil colore de ses rayons immortels. La lumière ne s'y harmonie point avec les ombres, ni Tété avec Thiver, ni la vie avec la mort ; mais la hmiière s'y conjugue avec la lumière , le printemps avec le printemps , la vie a^'ec la vie : là , tout silence est un repos , tout bruit une mélodie , toute odeur un parfum. La géograptiie de notre terre ne nous présente que des noms insignilians , ou ceux des puissances qui l'ont bouleversée : ici est l'île du Volcan , là le cap des Tourmentes; la Nouvelle -Espagne, la Nouvelle-Angleterre , la Nouvelle-France, fameuses par leurs complètes sanguinaires , sont au sein de l'innocente Amérique. Mais si la géograpliie du soleil pouvait porter , dans la langue des hommes, des noms convenables à sa nature , on y trouverait tout ce qu'ils cherchent en vain sur la terre , et dont leurs instincts ne leur offrent que des images fugitives. Dans ses courbes innombrables sont la quadrature du cercle et la réunion de l'hyiierbole à ses asymptotes; dans ses terres viipnales est la fixation des rayons du soleil en or, et dans leur atmosplière lumineuse et ondoyante est la volatilisation de l'or en rayons de lumière; à la source du mouvement est le mouvement perpétuel , et une jeunesse étemelle à celle de la vie et de la beauté : là sont aussi d'étemelles amours et des générations sans fin; sur ses pics sont les ravissemens du génie , et dans leurs grottes profondes les extases de la contemplation. Leurs influences se répandent sur notre terre avec les rayons du soleil , et y voltigent avec l'espérance; elles se reposent de temps en temps sur la vertu. Elles éclairaient votre intelligence, chaste Newton, quand vous décomposiez la lumière , et que vous pesiez les mondes ; elles se firent sentir à vous, infortuné Jean-Jacques, quand, panenu aux extrémités de la vie terrestre et sur les limites de la vie du ciel , vous vous écriâtes en expirant : a Oh ! que le soleil est beau ! je le sens » qui m'appelle. »

Si les poètes portent aussi en latin le nom de rates ^ qui veut dire prophète , parce que , dans leur enthousiasme, ils sont quelquefois inspirés sur l'avenir , pourquoi les hommes vertueux , ces amis de la Divinité , n'auraient-ils pas aussi de semblables pressent imea<t? Fénelon a di\ en avoir à ces deux

titres. Il décrit , sans y songer , dans son Télémaque, le séjour des âmes heureuses dans les Champs- Elysées , comme s'il était placé dans le soleiL

a Le jour n'y finit point, et la miit, avec ses Y) sombres voiles , y est inconnue : une lumière » pure et douce se répand autour du corps de o» » liommes j ustes , et les environne de rayons comme » d'un vêtement. Cette luhiière n'est point sein- » blable à la lumière sombre qui éclaire les yeux » des misérables mortels, et qui n'est qne ténè- » bres; c'est plutôt une gloire céleste qu'une la- » mière : elle pénètre plus subtilement les corps » les plus épais que les rayons du soleil ne pénè- » trent le plus pur cristal : elle n'éblouit jamais; » au contraire , elle fortifie les yenx , et porte dans » le fond de l'ame je ne sais quelle sérénité : c'est » d'elle seule que les liommes bienheoreax sont » nourris; elle sort d'eux , et elle y entre; elle les » pénètre , et s'incorpore à eux comme les ilîmens » s'incorporent à nous. Il la voient, ils la sentent » ils la respirent; elle foit naître en eoz one soom » intarissable de paix et de joie : ils aunt plongés » dans cet abîme de délices oonmie les poisMins » dans la mer; ils ne veulent plus rien; ib ont » tout sans rien avoir , car le goAt de la lumière » pure apaise la faim de leur ooenr; tous lenn de- » sirs sont rassasiés , et leur plénitude les élève an- » dessus de tout ce que les honunes avides et af- » famés cherchent sur la terre. »

Virgile avait dit avant lui, sur les liabitansdece séjour , ces vers qu'on peut applkpier si heoreosement aux habitans du soleil.

Largior hic campos elher et Inmiiie vestit Ptirpureo; soleiiuiiie suum, tua aidera, nomoL

iGivnD. . Ub. VI . V. 640.

c Une atmosphère phu vaste que la oACre oourre lean B campagnes d'wie lumière purpurine; Ht ont en propi-iété > le soleil et ses planètes. >

En effet, s'il est un lieu où Ton pnisse goâter des jouissances célestes, ce doit être dans le soleil, par la nature de sa lumière vivifiante , et parce qu'il est au centre de notre univers. A quoi servirait-1'ensemble des ouvrages de la Divinité , s'il n'y avait pas des êtres qui en jouissent? Leur principale beauté serait perdue. Une simple mousse a des insectes qui la contemplent; le monde doit avoh* aussi ses spectateurs. Les parties de notre terre, quelque agréables qu'elles noos paraissent, n'en sont que des portions infiniment petites : notre plaisir croit par leur rapprochement. Nous co éprouvons d'abord à la vue d'une simple flenr; il augmente par ceUe de la plante qni Fa prodoile; il s'accroît par celle de la prairie qni en est énnS-

DU CIEL

lée ; H redouble à la vue des brebis qui y cherchent leur pâturage; il devient plus touchant à celle de la bergère qui file la laine de ses brebis, tandis que son amant avec son chien défend le troupeau; il acquiert encore plus d'intérêt à celle du hameau voishi, composé de familles laborieuses et innocentes : mais le bonheur d'un homme se termine souvent à son horizon ; heureux encore s'il peut y atteindre! S'il s'en éloigne, d'autres mœurs, d'autres lois, un autre langage , des procès , des religions contraires, des guerres cruelles, lui font douter s'il n'a pas pour ennemie sa propre espèce. Ainsi , dans le petit coin que nous liabitons, nous n'embrassons pas plus la sphère de la vie que celle de la terre : nous ne jouissons à la fois que du jour qui nous éclaire et de l'horizon qui nous environne ; les révolutions des temps et des générations ne nous paraissent souvent que comme un cercle monotone et difforme de jours et de nuits , d'étés et d'hivers , de naissances et de morts. Placés sur un point de sa circonférence , le monde se montre à nous comme une figure peinte en perspective sur des cercles concentriques; parmi quelques couleors agréables , elle ne nous présente qu'un ensemble monstrueux : mais mettez à son centre le miroir cylindrique qui en rassemble les traits , au lien d'ime furie vous verrez une Vénus.

Il en serait de même de la terre, si nous la considérions du soleil : nous la verrions avec l'astre (fui fait tout voir. Nous l'observerions à travers cette atmosphère merveilleuse de lumière qui, comme un cristallin vivant, entoure l'œil de notre univers. Les rayons qu'il lance sont peut-être semblables à ceux qui sortent de nos yeux, qui en expriment bien quelques passions au dehors, niais qui ne manifestent pas les images qu'ils reçoivent au dedans : ils ressemblent peut-^tre aux lunettes de longue vue, qui rapprochent par un bout et éloignent par l'autre. Newton les a décomposés par l'extrémité qui arrive jus<|u'à la terre; encore n'y a-t-il aperçu que des couleurs, quoiqu'ils renferment bien d'autres qualités , comme le prouvent tant de productions qu'ils font éclore : mais qui les analysera {xar le côté où ils émanent du soleil ? Il y a grande apparence que, si nous étions habitans de cet astre, nous verrions la terre, dans sa grandeur naturelle, tourner sur elle-même, et nous développer toute sa circonférence dans le plus grand détail. Nous verrions son continent former des harmonies innombrables avec ses mers, exposer tour à tour aux influences du soleil , dans des rapports opposés de sécheresse et d'humidité, deux zones torrides, deux tempérées et deux glaciales. Nous y ver-

rions les aurores et les couclians , les jours et les nuits, les étés et les hivers se succéder tour à tour dans chaque lieu , et paraître tout à la. fois dans cliaque hémisphère. Nous y distinguerions le genre humain, seul, de tous les genres animés, répandu sur le globe pour en recueillir les pnvductions, et seul en rapport avec lesinfluenees de l'astre du jour.

Nous verrions les mêmes liarmoniesdu soleil se répéter en grand dans les cieux : la terre n'en a que des zones, le ciel en a des sphères. Le soleil fait circuler autour de lui , dans deux zones torrides. Mercure à onze millions de lieues de dislance , et la brillante Vénus à vingt-deux millions; dans deux zones tempérées , la terre à trente-quatre millions, et Mars, couleur de sang, à quarante-six millions; dans deux, zones glaeiales, Jupiter, couleur d'azur, à cent cinquante-six millions, et Saturne à trois cents. Le solitaire Herschell trace, par un cercle de six cent cinquantecinq millions six cent deux mille six cents lieues de rayon , les pôles de cette sphère immense , auKlelà desquels cependant circulent encore des comètes.

Supposons -nous donc dans le soleil, au centre du mouvement des planètes. Non-seulement nous les verrions tourner autour de nous dans leurs périgées, c'est-à-dire quand elles sont du côté de la terre; mais encore dans leurs apogées, c'est-àdire au-delà du soleil, parce que cet astre tourne sur lui-même en vingt-cinq jours et denû. Nous les verrionsdetouteleur grandeur dans leurs périhélies, c'est-à-dire quand elles en sont le plus proches, et dans leurs aphélies, quand elles en sont le plus éloignées; car elles décrivent autour de lui non des cercles, mais des ellipses. Nous les distinguerions parfaitement dans le plus grand éloignement, comme dans le plus grand détail , parce que notre vue , qui aurait toutes ses perf^tions , ne serait pas inférieure à celle des insectes sur la terre, qui réunit souvent les avantages du microscope et du télescope. Telles sont . par exemple , les abeilles qui voient à la fois les glandes nectarées dans le calice des fleurs où elles pompent leur miel , et au loin la ruche où elfes doivent le porter. La vue des hommes, sur la terre, est proportionnée à leurs horizons et à leurs besoms matériels et passagers; mais elle doit s'étendre, dans le soleil, aussi loin cpie la sphère de ses rayons , et n'avoir d'autres limites que la bonté toute puissante du Créateur dans l'étendue des mondes. Ils doivent tout coimaitre dans l'astre qui fait tout voir et tout mouvoir; U est pour eux le séjour de la vérité comme celui de la lumière. Ils n'ont entrevu sur la terre que quelques harmonies éparses de jours,

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