‹ uvres posthumesChapitre 25 sur 85 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ROBESPIERRE, .«a.

Ainsi, mes ennemis s'acharnent après moi !

Ils savent que l'honneur est ma suprême loi :

Ne pouvant me corrompre, en leur ignominie,

Ils m'accusent d'avoir rêvé la tyrannie,

Et quand l'amour du peuple enhardit mes projets,

Ils disent qu'en son sein je cherche des sujets.

Insensés! leurs fureurs perdront notre patrie...

Déjà, dans leurs pamphlets ma mémoire est flétrie...

C'est peu! de tels affronts sont faits pour honorer ;

Mais la haine est ardente et veut tout dévorer.

Aujourd'hui, moi, les miens! demain, la République.

Tous leurs coups sont mortels et leur ardeur s'appUque

A salir, à corrompre, à déshonorer ceux

Qui ne sont pas tarés et corrompus comme eux.

(Atcc une colère sourde.)

Si je me lasse un jour de demeurer en butte

A leur acharnement et qu'un instant je lutte.

Ma main qui les soutient n'a qu'à se retirer

Pour qu'ils sentent le sol sous leurs pieds s'effondrer.

Contre la liberté tel que la rage anime,

Je n'ai qu'à le lâcher pour qu'il roule à l'abîme.

La liberté m'enjoint, en dussé-je mourir,

De me laisser frapper et de les secourir.

Je mourrai donc ! je sais que j'ai promis ma tête

A l'échafaud. Oui, tôt ou tard, payons ma dette.

Saint-Just a dû partir. Contre Collot d'Herbois,

Fouché, Tailien et tous je suis seul cette fois.

(Saint-Just parait et pose sa main sur l'épaule de Robespierre,

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