‹ uvres posthumesChapitre 33 sur 85 · SCÈNE in · texte numérisé non relu

SCÈNE in

FOUGHÉ, Mul.

Je les tiens. Joie extrême I 0 sainte paperasse. Ah ! l'excellente odeur! Que je vais là dedans fouiller avec ardeur! La police ! Art sublime encore dans l'enfance I Belle institution dont je prends la défense, Et que je veux conduire à sa perfection Pour ma gloire et le bien de notre nation ! C'est par elle que l'homme apprend à se connaître Et que le politique en moi s'unit au prêtre ! Cet art est négligé. Quel pays plus heureux Qu'un peuple de mouchards se surveillant entr'eux ! Mais la liberté gêne et dès lors je m'explique Pourquoi je hais d'instinct le nom de République. Sans elle j'étendrais sans crainte mon filet Dont la maille est étroite et le réseau complet. C'est là que les bavards se prendraient tous au piège ; C'est là qu'un pouvoir fort établirait son siège. Sieyès et Talleyrand, en vrais hommes d'État, Sont d'accord avec moi sur ce point déhcat. Par leurs vices cachés ils gouvernent les hommes. Si jamais nous sortons du chaos oii nous sommes Et qu'on me laisse agir, on verra sans horreur. Quelque habile mouchard devenir empereur 1

(11 80tt. Collot-d'Herbois entre avec Billaud-Vorennes et Carnot. Ils s'asseoient autour de la table.)

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