SCÈNE V. COFFINHAL, ROBESPIERRE
COFFINHAL
J'accours te délivrer.
ROBESPIERRB.
Coffinhal, je t'en prie, Au nom de la justice, au nom de la patrie, Et pour sauver mes jours que tu crois menacés Par de vagues périls qui sont déjà passés, Laisse-moi, dans ces lieux où je cherche un refuge A l'abri de nos lois, attendre qu'on me juge.
COFFINHAL
Us te condamneront.
ROBESPIERRE
Mais, je me défendrai.
COFFINHAL
Ils ne t'entendront pas.
ROBESPIERRE
Mais j'en appellerai
Au peuple. Il faudra bien alors qu'il me défende.
GOFFINHAL.
Tu seras mort avant que le peuple t'entende ; La Commune t'attend, tu ne peux plus tarder. Elle est debout pour toi, tu dois la commander; A la Convention elle préfère un homme. Elle prend ton parti sans hésiter. Vois comme Elle t'aime ! suis-nous ! Sors de cetie prison Où tu ne fus conduit que par la trahison. Si tu le veux, d'un mot, ta victoire est certaine ; Ne t'abandonne pas en victime à la haine.
ROBESPIERRE
Quoi ! tu m'empêcherais d'aller au tribunal ?
GOFFINHAL.
Non ! mais pour les juger eux-mêmes.
ROBESPIERRE
Goffinhal !
OOFFINHAL.
Cède, ou bien je t'enlève 1
ROBESPIERRE
Il est mal de contraindre Un homme qui toujours agit sans ne rien craindre,
Et si tu m'enlevais par force dans tes bras,
Mon corps se soumettrait, mais mon esprit non pas»
COFFINHAL
Mais enfin ! la Commune à te défendre est prdte.
ROBESPIERRE
Qu'en ses préparatifs la Commune s'arrête.
COFFINHAL
Quoi ! tu ne voudrais pas même être protégé?
ROBESPIERRK.
On m'accuse ; dès lors je dois être jugé.
COFFINHAL
Écris ta volonté : J'attendais ta réponse.
(Robespierre s'assied et écrit sur un portefeuille que Coffinbal lui présent*. Méda parait sur le seuil de la porte à gauche; il guette Robespierre asti* •ar le banc & droite, Coffînhal passe un moment de l'autre cAté de la grill* •ù «e tieiuent les hommes armés.)