LE SORT D'UN AMANT
J'étais jeune, une déesse Des cieux pour moi descendit ; Souriant elle me dit :
« Je suis l'antique Sagesse. »
yGoogk
Son air de sincérité
Ajoutait encore aux grâces
De sa douce austérité;
Elle ajouta : « Suis mes traces;
Je mène à la vérité. »
Je la suivis; mais les belles
De moi détournaient les yeux.
a Ahl redisait l'une d'elles,
Jeune sage est bientôt vieux. »
A ces mots, de ma déesse
Je pris congé sans retard,
Et dis à l'enchanteresse :
« Prends pitié de ma vieillesse,
Rajeunis-moi d'un regard. »
Embrasé du feu lyrique, J'osai jusque dans les cieux Suivre l'aigle audacieux En son essor pindarique.
Je vis les belles alors Accueillir d'un ris perfide Mes poétiques transports.
Et ces colombes de Gnide S'enfuir devant mes accords.
Elles me disaient : e Compose De plus gracieux écrits Dont le baiser, dont la rose Soient le sujet et le prix. »
A cette voix adorée Je ne pus me refuser
yGoogk
LIVRB PRBMIBR.
Et de ma lyre effleurée Le chant n'eut que la durée De la rose ou du baiser.
Maintenant que ma jeunesse Traîne des jours sans désirs, Et que Tabus des plaisirs Me condamne à la sagesse :
Les belles, le front glacé.
Me regardent comme une ombre ; Et pour elles, du passé Les baisers, doux et sans nombre Semblent un songe effacé.
Les ingrates m'osent dire :
« Nous te répétions toujours Que les travaux de la lyre Usaient lentement tes jours. »
Plus que vous fidèle et tendre, Cette lyre au monument Avec moi voudi*a descendre ; Mais qui de vous sur ma cendre Viendra rêver un moment t
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