LES PLUS ANCIENS BRONZES DU MONDE
Nous pouvons déjà constater que la première figure de la collection Posno, celle qui certainement est la plus vieille image de rhomme exécutée en bronze que nous connaissions, est fort supérieure, en style et en modelé, à la Canéphore asiatique d*Afadj, monument qui, consacré à une déesse par un roi, doit être considéré comme un très bon échantillon de Tart dans l'Asie occidentale (1).
(1) Les d«ux précieuses statuettes de bronze qui font l'objet de cet article oQt été acquises par le Musée du Louvre au mois de mai de cette année 1883. (G. S.)
Reuajiqve sur le dieu à trois visages trouvé à Paris en 1867.
(Elirait du Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris et de Clleite-Frama, 3° année, 1815, pp. 162-163, i. du 9 nov. 1S75.)
M. Vacquer ayant signalé au Conseil une lecture récemment faite à l'Institut par M. de Wilte, sur un bas-relief trouvé dans les fouilles de l'Hôlel-Dieu de Paris, et représentant un dieu à trois visages, qu'il parait difficile de déterminer avec certitude, M. de Longpéricr explique que M. de Witte, sans prétendre donner de ce problème une solution positive, a tait à ce sujet quelques observations et quelques rapprochements qui peuvent se résumer ainsi :
On a trouvé depuis quelques années à Reims, à Autun, à Dotinery, à Laon, enfin à Paris, des statuettes représentant tii) dieu tricéphale, debout, tenant une tête de bélier : ce dieu ne peut être un dieu local quisqu'll se rencontre dans des régiiiiis si éloignées les uncsdcs autres : il s'agit évidemment il'iin personnage symbolique qui a eu de la notoriété dans timle la Gaule. On ne saurait l'identifier avec certitude, mais il l'st bien curieux de rappeler qu'Ammien Marcelliu nomme iIl-iix antagonistes d'Hercule, Geryon en Espagne, Tauriscus (iiins la Gaule. Or, on sait que Geryon est représenté sur les nii.numents anciens, et nous est dépeint par la tradition, avec une forme analogue à celle de ce dieu tricépbale. Pourquoi Fantagoniste d'Hercule dans la Gaule, Tauriscus, ne serait-il pas lui aussi tricépbale? Il serait dès lors assez naturel de rapprocher le nom de Tauriscus de la figure trouvée dans les fouillBsde l'Hôtcl-Dieu.
Obsbb va tions à propos d'une note de M. Mowat au sujet des figures tricéphales de JReitns, Paris ^ etc., dont il veut faire des Janus quadrifrons.
( Extrait du tome III (i« série) des Comptes rendus des séances de V Académie des inscriptions et belles^lettreSf 18T!î, pp. 351-352.)
M. Robert Mowat m'ayant fait Thonneur de me charger de communiquer à rÂcadémie la notice que Ton vient d'entendre, je me suis empressé de me rendre à son désir. Mais je dois en même temps faire remarquer que si, dans les monuments trouvés à Reims, à Paris et ailleurs, les antiquaires qui ont précédé M. Mowat n'ont pas cherché l'image de Janus Quadrifrons, c'est qu'ils avaient quelques bonnes raisons pour n'accorder que trois visages au personnage représenté. Il me suffirait de ciler, parmi les monuments de Reims, le cippe cylindrique, au sommet duquel se voient trois faces juxtaposées, occupant tout le développement du cylindre, également partagé. Ce monument appartenant à M. Duquénelle, publié par lui et par M. Maxe-Werly, a été exposé à Paris, en 1867 {Catal. de f exposition rétrospective, n® 895).
Puis la figurine de bronze provenant d'Autun, conservée aujourd'hui au musée de Saint-Germain , et qui nous montre encore trois visages d'inégale grandeur, associés sur une seule tète de ronde bosse; ce qui ne permet aucune illusion. Grâce à l'obligeance de M. Alexandre Bertrand, je mets sous les yeux de mes confrères les moulages qu'il vient de faire exécuter, (expressément pour la séance, de cette statuette et d'un autre cippe trouvé à la Malmaison, près Laon. Ce cippe montre encore le personnage tricéphale représenté de manière à ne pas être confondu avec Janus Quadrifrom.