COMPIÈGNE
+ LVDOVICVS RE. Croix cantonnée de deux annelets et de deux fleurs de lis.
1^. + CVMP:I€NE. Temple déformé? ou Château.
Denier de billon. Page 276, n* 9.
La monnaie carlovingienne de Compiëgne est depuis longtemps connue, sa légende COMPENDIO PALACIO indique suffisamment le lieu précis où elle a été frappée et Fautorité dont elle émanait. Cependant on sait qu'en 917 Charles le Simple confirma la donation que Frédérune sa femme avait faite & Téglise de Compiëgne de la moitié de la monnaie; donation qu'en 1120, Louis le Gros renouvela (1). Faut-il entendre par cette moitié de la monnaie le partage des bénéfices que procurait l'émission du numéraire, ou bien le droit de frapper un nombre de deniers et d'oboles égal à celui que le château mettait en circulation ? On sera en droit de se décider pour la première alternative tant que l'on n'aura pas trouvé de monnaie avec le nom de Saint-Corneille ou de quelque abbé. La monnaie unique que je publie ici et que j'ai trouvée parmi des incertaines appartenant à M. Alfred Caron (2), me semble frappée, comme les deniers de Charles le Chauve, in palacio. Le type n'ofi're aucun élément religieux et si le champ du c6té du nom de la ville n'était pas malheureusement si usé au centre, on distinguerait très probablement, ce que je ne puis que soupçonner, un castrum analogue à celui qui se voit sur les deniers des rois de Castille, au commencement du XIII* siècle. Les deux fleurs de lis qui cantonnent la croix et Taspect général de la pièce me portent à la classer au règne de Louis Vn.
(1) V. Mabillon, Diplomatique, p. 562 et 598.
(2) CeUe pièce est entrée depaU cette époque dan» la riche collection de M. Gouault qni l*a acqnise à un prix très éleré.