DE PÉPIN, DE GARLOBIAN ET DE CHARLEMAGNE
Le denier de Carloman, frappé à Arles, qu'a publié Le Blanc dans son Traité historique des mowiaies de France j est resté pendant plus de cent cinquante ans l'unique monnaie connue du frère de Gharlemagne. La pièce dont je donne le dessin, découverte à Lyon par M. Thibaut, il y a une dizaine d'années, est entrée dans la collection de M. Gouaux. Ce denier, comme on le pense bien, a vivement attiré l'attention des numismatistcs ; il parait aussi avoir éveillé la cupidité d'un faussaire, car il existe également dans la collection de M. Gouaux une contrefaçon des deniers de Carloman aux caractères secs, grêles, tels en un mot que ceux qui, fort heureusement, distinguent les imitations de monnaies carlovingiennes si nombreuses depuis quelques années. Le denier faux dont je parle, porte au revers ARE, avec u:. A à barre brisée, un trait fort court au-dessus de l'R, et un 6 lunaire. M. Gouaux savait bien ce que vaut cette pièce, et il ne l'avait achetée que pour la montrer aux antiquaires à côté de son excellent denier de Lyon.
ARLEMAGNE. — Cenomani. Le Mans.
CAROLVS, en deux lignes. Revers, CINOMNI, en deux lignes courbes, entourant une petite croix (pi. V, n" 3).
J'ai décrit un denier de Pépin, frappé au Mans, sur lequel le nom de la ville est tracée en une ligne composée de caractères liés les uns aux autres (1). Cette attribution a rencontré lapprobation de M. B. Fillon (2). J'ai proposé aussi de lire le nom du Mans sur un denier de Charlemagnc qui nous montre des caractères disposés d'une façon très irrégulière : CN au rang inférieur, O au centre, MAI à la ligne supérieure (3). Le denier recueilli par M. Troyon offre encore une autre combinaison dans laquelle le nom du Mans se distingue très facilement.
(1) Notice des monn. franc, de la coUecL de M, J, Hotisseau, p. 100, n^ 223. Ce dénier avait été attribué & Amiens.
(2) Lettres sur quelques monn, franc, inéd., 1S53» p. 119.
(3) Notice des monn, de M, J, Rousseau, p. 111. Voir le dessin do cette monnaie, Revue num., 1846, pi. X, n« 15.
340 QUELQUES DËiNIERS
Cette monnaie a très peu de relief, et la croix qui occu|k centre du revers se fait remarquer par sa forme singulière pj cette époque.
CuoGAE. Les Choges.
CAROLVS, en deux lignes. Revers, CHOGiS, en deux lignes au centre, un point (pi. V, n" 4). Ce denier, acquis par M. ' Rollin, k Vienne (Autriche), vient d'être cédé à M. J. Rousscaqui a eu Tobligeance de m*en donner une empreinte.
Dans le troisième volume du catalogue de sa précieuse ci lection, M. Reichel a décrit un denier semblable, mais il i pris le premier caractère de la seconde ligne du revers pour s: D, et lit en conséquence CHODIS, que, dans une courte noit il propose de rapprocher du nom de Chaudes- Aigles, peti ville de la Haute Auvergne (1). M. Reichel a été trompe je: une fausse apparence ; mais on sait de plus que le nom ancit de Chaudes-Aiguës est Aqitœ CcUidœ. D'ailleurs, la monnai. porte en réalité le nom de Chogis, qui est un pluriel, et qui m. semble convenir au lieu dit Les Choges, situé près de Randas^ (Puy-de-Dôme). Nous n'avons pas de senseignements sur Tantiquité des Choges ; mais nous rappellerons que dans Tlticrraire de Bordeaux à Jérusalem, on trouve cité une mtUatio k nom de Chogeœ, placée sur la route de Nicée de Bithvnict Dablae, et très voisine de la frontière de Galatie (2). Le noo de cette localité pourrait être celtique comme celui des CJioges^
Un G semblable à celui qui entre dans le mot CHOGIS sc rencontre sur une très petite monnaie de cuivre portant GR frappée pour Guillaume III, fils de Tancrède, roi normand di Sicile (3).
(1) Die Reichelsdie Mûnzsammlung in Saint-Petersburg, DrîUer Theil, ] Bsk 1850, pi. I, uo 2.
(2) Wesseliiig, Vet. Rom, itin.j Aiiist., 1735, p. 573.
(3) Prince de San Giorgio-SpiDelli. Mon, cuf, batt. da princ, Longob. wy^ e suevi» Naples, 1814, p. 197, n» 2, et p. 219.