‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 258 sur 280 · DE PÉPIN, DE CARLOMAN ET DE CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

DE PÉPIN, DE CARLOMAN ET DE CHARLEMAGNE

CoxDATE. Gondé.

CàROLVS, en deux lignes. Revers^ CONDAT, en deux lignes séparées par une barre ; à gauche, une hache (pi. Y, n"" 5).

Le moi inscrit en abrégé au revers de ce denier, peut se lire do différentes façons : Condate, Condatiscum^ Cofidatomagus. En nous en tenant à la première lecture, il poun'ait se rapporter & un nombre très considérable de localités. Condate s'est en effet altéré de diverses manières, suivant les propensions dialectiques, dévenant Co/u/^, dans le nord, Candé^ Co^nedans lo centre de la France, et Condat dans le midi.

Ainsi on connaît des lieux nommés Condé dans les départements du Cher, de llndre, de la Somme, de la Marne, de Seineet-Marne, de Seine-et-Oise, de la Manche, de la Meuse, de la Moselle, du Nord ; deux Condé dans TEuro; trois dans chacun des départements de TAi^ne, de l'Orne, du Calvados et des Ardennes. Condat se trouve dans la Corrèze, le Lot, le Lol-ct- Garonne, la Ilaute-Yiennc, le Cantal, la Gironde ; deux fois dans le Puy-de-Dôme et dans la Dordogne.

On connaît Cosne dans la Nièvre, dans l'Allier, dans la Côte-d'or; Candé dans la Vienne, la Charente-Inférieure, Loir-et-Cher et Maine-et-Loire. Il faut ajouter à ces listes, Coudes (Puy-de-Dôme), Candes (Indre-et-Loire), Condac (Charente et Vienne), Cognac (Charente), Cunac (Tarn); puis les Condate^ qui sont devenus Rennes, Montereau, Monistrol d*AIlier et Conflans Sainte-Honorine; et enfin Condate ^ situé entre Genève et Yenne.

Comment choisir entre tant de lieux, tous anciens, à coup sûr, puisqu'ils portent un nom gaulois, et parmi lesquels il en est beaucoup qui ont pu battre monnaie au vin* siècle ! C'est un problème qui pourrait demeurer insoluble, si nous n'avions pour nous guider d'autre donnée que la légende même du denier. Mais on a remarqué que cette légende est»accompagnée d'une petite hache, type que nous sommes habitués à voir sur les deniers de Duersted et de Bonn. Quoique le sens de ce type

342 QUE.LQUES DENIERS

ne soit pas encore expliqué, il n'en est pas moins vrai quli a un caractère germanique ou septentrional bien marqué.

On ne peut s'étonner de voir la francisque ou streitaxt sur des monuments originaires des bords du Rhin. S'il était fosr sible d'établir qu'au vin^ siècle Goblentz a traduit son non} antique de Confluentes par Condate^ ce serait à cette ville, si voisine de Bonn, que nous devrions attribuer le denier At M. Troyon. Mais on admettra aussi que Condé sur TEscant, peu éloigné de Duersted, est dans des conditions qui nous autorisent à lui donner ce denier. On ne peut affirmer que k denier de Charles le Chauve portant la légende CONDATO MONETA, se rapporte bien positivement à Condé en Hainaut. Plusieurs textes, en eiïet, présentent la forme particulière Condalum, s'appliquant tantôt à Condé en Hainaut (1), tantôt à Condé sur Vègre (village de Seine-et-Oise) (2). Seulement, importance de la première de ces deux localités, qui, par la convention de 870, fut dévolue à Charles le Chauve, doit être prise en considération.

Deonantum. Dinant.

CAROLVS, en deux lignes. Revers ^ DEO NEN, en deux lignes séparées par une barre (pi. V, n*» 6).

Les monnaies de Charles le Chauve frappées à Dinant portent IN VICO DEONTNIT et NO VICO DEONITII; dans la portion du royaume de Lothaire, attribuée à Charles par le partage de 870, on voit figurei' Sancta Maria inDeonant. Un texte beaucoup plus ancien^ celui de TAnonyme de Ravenne, noas fournit la forme Dinaniis (3). On connaissait déjà les deniers

(1) Baluze, Capit. I!^ col. 224. Partage du royaume de Lothaire. — Annal Berlin,, ap. D. Bouq., Hist, franç,^ t. VII, p. 110.

(2) Prsfcept, Pippini reg, Hist, franc., t. V, p, 708. — Chart. CaroU magnt. ibid., p. 727. Cf. t. VII, p. 372.

(3) Anonym. Ravenn, qui eirca sspc, VUvixit de Geograph,, Hb. V. Paris, !6^, in-8, p. 188. Dans le même passage ou trouve cité NasagOj DinantiSy Oin, Samoo, Neonsigo, Trega ;VèludQ dos monnaies de Charlemagne, de Charles le GhaoTi*, de Louis le Bègue et des chartes de ces princes, nous donne lieu de croire qoe ce* noms désignent Nassogne, Dinant, Huy, Namur, Viset et Maestrichl.

DE PÉPIN, DE CARLOMAN ET DE CHARLEMAGiNE. 343

de Charlemagno frappés à Maestricht, TRIIECT, ctàTournay, TORNACO; j'ai public un denier de Liège, LEODICO (1). On voit que la numismatique belge de Gharlemagne prend une certaine extension ; mais, en même temps, que la monnaie de lAége ne saurait être considérée comme une exception faite par le grand empereur en faveur de sa ville natale. Il est malheureusement évident que les monnaies ne peuvent être d*aucun secours pour déterminer en quel lieu naquit le fils de Pépin et de Berthe (2).

UcETiA. Uzès.

CAROLVS9 en deux lignes. Revers^ VCECIA, en deux lignes séparées par une barre (pi . V, n° 7).

Les monnaies d*or d'Uzès que MM. Lelewcl et de Saulcy ont les premiers publiées sont trop connues pour qu'il y ait besoin de les rappeler ici. Le denier que je viens de décrire, et qui fait partie de la belle collection de feu M. Gouaux, porte au revers une légende semblable à celle de ces pièces d*or; mais sans ornements.

Quant au denier de Gharlemagne de la collection de M. Henri Morin, qui offre, au revers, une croix cantonnée des quatre lettres VICE, pièce que M. Fillon attribue à Uzès (3), je serais porté à le croire plutAt frappé h Viceliacum^ Vezclay. Il n y aurait cependant rien d'impossible h ce que la même ville ait deux types différents, et d'ailleurs jo ne voudrais pas insîst(*r au sujet d'une monnaie dont je no connais que le dessin.

Venasca. Vcnasque.

CAROLVS, en deux lignes. Revers, VINSCO Cl, autour d'une croix (pi. V, m 8).

(1) Sotice des monn. de M, /. Rousseau, p. 107, u? 233.

(2) Voy. lo fuivant écrit do M. L. Polain, intitalé : Où est né Charlemagne? rapport lu à la classe des lettres de rAcadémie royale de Belgique. Bruxelles, 1S56, iii-80.

(3) IMiressur qq. monn, franc, inéd,, 4853, p. 120, pi. Vif, Qo 8.

Page 1