U QUELQUES DENIERS
Eckardt, qui a publié ce denier, y lisait COCIVINS, ce qui signifie, suivant lui, Colonia civitas (1). Lelewel y voit Na- GOnCI Cl VI tas ; c'est-à-dire Mogoncia civitas (2). Il m'a semblé qu*en admettant l'absence d'un A comme dans NRBO pour Narbo, PRISVS pour Parisim, KLA pour Kala, STRTBVRG, pour Stratburg, PRIMA pour Parma, etc., on pouvait facilement trouver sur cette monnaie le nom de Venasque. Le titre de civitas convient à cette ville, puisque dès le vi* siècle, les évêques de Carpentras se disaient évêques de Venasque ; c'est ainsi que les actes du concile tenu à Paris, en 573, sont souscrits par Tetradius^ episcopus ecclesiâs Vendascensis, et ceux du synode de Chalon-sur-Saône (sous Clovis H), Licerius episcopus ecclesiœ Vindauscencis.
La seule difficulté que me présente cette attribution, c'est la terminaison neutre de Vinascum; car l'absence du D montre seulement que la forme moderne tendait à s'établir dès le VHP siècle, et il suffit de parcourir les diplômes carlovingiens pour recueillir beaucoup d'exemples analogues.
Il y avait, dans la trouvaille faite à Bel- Air par M . F. Troyon, sept deniers semblables à celui qui est gravé sous le n"" 9 de la pi. V. Cette pièce se distingue par son grand module et par la forme de ses caractères, dont les extrémités sont pour ainsi dire bifurquées. On ne s'est pas jusqu'ici occupé de rechercher où les deniers de Charlemagne, qui portent au revers REX F et RX F ont pu être frappés. Cependant il existe des pièces comme celles qui se trouvent dans la collection de feu M. Gouaux (pi. V, n**' 10 et 11), sur lesquelles on remarque de petites lettres qui doivent indiquer des noms de villes. C'est ce qu'on peut du moins conclure de Texamen d'une monnaie dont j'ai publié la description en 1840 (3), et sur laquelle on distingue bien clai-
{h) De reb. Franc, orient, comment,, t. H, p. 92, n» 31,
(2) Num. du moyen âge, t. I, p. 98.
(3) Monn. franc, inéd. du cab.de M, Dassy, 1840, p. 8.
DE PËPIN, DE CARLOHAIS ET DE CHARLEUAGNE. 343
remenl le mot PARM formé de lettres toutes semblables (pi. V, II" 12). Le V du n' H pourrait être l'initiale de Verceil ou de Vérone. Quant à l'I du n° 10, il est plus embarrassant, car les noms de lieux commençant par cette lettre sont aussi rares en Italie qu'en France ; dans la numismatique carlovingienne, on no pourrait guère citer que lotrum et Impurix. Au vni* siècle, Ivrée se nommait encoteEporedia (1); Gènes a, dans Eginhard, la forme Genua, ot M. G. C. Gandolfi, le savant historien de la monnaie de cette ville, n'a pas trouvé d'exemple do lanua antérieur au X* siècle (2). D'un autre cûté, nous ne proposerons ui Ingelheim ni lopila, parce que le style du denier qui porte le caractère | est trop conforme à celui de la monnaie frappée à Parme. C'est là une question que la découverte d'autres monnaies permettra de résoudre.
(I) ^Inliardi Ann. fraa^., ap. Perli, JVonum. Oertn. hht., 1. I, p. 19Q. (3) Mlamontia aniiea di titnoi-a, IRH, 1. 1, p. 19.
DE l'S BARRÉ DE HElVRr l\