‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 260 sur 280 · PL. VL · texte numérisé non relu

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Dans un article fort intéressant que M. Edouard Foumien consacré aux chiffres de Henri II et de Catherine de Médk^ [Moniteur du 10 janv. 18S6, p. 39), j'ai remarqné le passaff suivant, que je demande la permission de transcrire :

(( Henri lY, aussi hardiment amoureux de Gabrielle d'Estréc5 que Henri U Tavait été de Diane, et non moins ardent à arborer partout les insignes de sa passion, avait semé de tous côlés. {^Fontainebleau, à Saint-Germain, au Louvre, les devises, les chiffres, les emblèmes qui la rappelaient. D'abord, ils avaient été assez hiéroglyphiques ; ils consistaient en un S traverse d'un trait, et il fallait de bons yeux d'héraldiste pour trouver dans ce rébus galant le nom de la favorite, le mot Esirées (S. trait) ; mais bientôt l'amour du roi s' enhardissant, ils devinrent plus distincts; il venait d'ailleurs de divorcer avec Marguerite de Valois et divorce valait veuvage. Au lieu du calembour figuré dont nous venons de parler, il fit mettre partout l'initiale de son nom entrelacée avec l'initiale du nom de sa maîtresse. »

Je dois commencer par avouer que le jeu de mots monumental attribué à Henri lY, est tout à fait dans le goût du temps:

DE h'S BARRÉ DE HENRI IV. 347

il in*cn coûte même d*avoir à en contester l'authenlicilé ; car j'apprécie les calembours des grands hommes, et j'ai toujours su bon gré à Macrobe de nous avoir conservé ceux d'Auguste ot de Cicéron. Mais il faut quelquefois faire taire ses sentiments intimes, et s*incliner devant l'éloquence des faits matériols.

L'explication de TS barré donnée par M. Foumier n'a d* autre autorité qu'une note de M. Vatout, qu'il indique sans la reproduire, et qui est ainsi con'çue :

u C'est ce chiffre mystique d'une S traversée par un trait, comme allusion au nom de à'Estrées. La mode du temps peut justifier cette interprétation. Ce qu'il y a de certain, c'est que dans toutes les lettres de Henri IV, qu'elles soient écrites à Gahrielle d'Estrées, à Henriette d'Ëntragues, à Marie de Mé* dicis, ce signe symbolique se retrouve, tantôt au commencement des lignes, tantôt à la fin, et que la signature est entourée de quatre S barrées, comme celles qui sont sur les lambris de Fontainebleau (1). »

M. Vatout ne s'était pas rappelé qu'on ne prononçait pas plus Es'irées qu'on ne prononçait Es-péCj Es-toile ou Es-trangevy on sorte qu'il n'y avait guère de motif pour que Vidée vint de représenter le nom de Gabrielle d'Étrées par un S et un trait. « Henri IV, dit M. Vatout, prit en aiïection la grand'chambre ovale où la reine avait donné le jour au Dauphin : il la fit orner de paysages par Paul Bril, ot de quinze grands tableaux par Ambroise Dubois, représentant les amours de Théagëne ot de Chariclée. On y remarque aussi divers emblèmes où le souvenir de Gabrielle d'Estrées se trouve mêlé au chiffre de Marie de Médicis. »

Puis vient la note que nous avons rapportée plus haut; or M. Éd. Foumier a, dans son article du Moniteur^ transcrit le passage de Sauvai, qui nous apprend que Marie de Médicis faisait effacer les chiffres de Gabrielle sculptés avant son mariage. Quelle apparence y a-t-il que le roi eût fait à sa nouvelle épouse

(I) Souvenirs hist, (les résidences royales^ i, IV, château de FonlaincbleaUj p. 203.

3i8 DE L'S BARRÉ DE HENRI IV.

l'injure de répandre le symbole de ses anciennes amours -. tes parois de la chambre où elle avait donné le jour aa l*ir. phin? Après avoir posé ces questions préjudicielles, j'air. aux preuves solides, irrécusables :

Il existe dans la collection de jetons de la Bibliothèque îm^ riale de Paris, six pièces dont voici la description.

1» lANNE. P. LA. G. DE DIEV ROYNE D. NAVAR. Busl^ : Jeanne d'Albrct.

Revers t GRATIA DEI SVM ID QVOD SVM. 1S65. Dans champ deux S barrés et placés en sens opposé ; le champ diaj ' de rinceaux. Argent (planche YI, n* 1).

2* lEHANNE PAR LA G. D. DIEV R' D. NAVAR ■:- Bust« ) Jeanne d'Albret.

Bevers. HASTA LA MVERTE- Dans le champ, un graniS barré. CuÎN-re {planche VI, n' 2).

3« DIEV EST U PIN DE MON COMPTES. Chiffre compitv d'un H, au milieu duquel est posé un g^and S fermé ; le tout entre deux branches de laurier ; au-dessus une couronne rorali

Revers. CE Q. SVIS P. U GRACE DE DIEV SVIS. 156o.

Écu aux armes parties de Navarre-Bourbon et de Béaro- Albret, timbré d'une couronne royale fermée. Aident (pianrii. VI, n'3).

Henri de Bourbon, né le 13 décembre i!S53, avait perdu svi pferc, Antoine de Bourbon, en 1562. Jeanne d'Albret, sa m^re. était depuis lors reine de Navarre, et il ne lui succéda qn'c. 1572: Bien que Ig jeton qui vient d'être décrit ne porte pas U nom en toutes lettres du jeune prince, on ne saurait hésiter j le lui attribuer, car l'H couronné ne peut, à la date de 1363. ^'' rapporter qu'à lui seul.

4* CATHARINA REG. SOR. VNIC. NAVAR PRINC. Dans 1^ champ, groupe composé de quatre C qui s'cntrecoup«ni, accompagnés de quatre S barrés.

Revers. CATENIS TANDEM ULIA OAVDENT. Écu en forme de lozange, parti de France et de Navarre, accompagné àt deux branches de laurier, et timbré d'une couronne onverie. Argent (planche VI, n" 4).

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