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SUR TROIS MÉDAILLONS ROMAINS DE BRONZE

légende a élé mal lue. De son côté, Cannegieter a cru que le mot MACCO, formé des initiales de cette légende incorrecte et tronquée, désignait une personne insensée, parce que Texpression maccus a été quelquefois employée dans ce sens par quelque auteurs latins ; mais elle s'applique plutôt à un bouiïon ou espèce de polichinelle romain (1). »

M, Henry Cohen, dans le tome VI de sa Description des médailles romaines^ donne aux pages 857 et 387 la légende NVSMACCON MONIMVS, en consei*vant la division de M. Sabalier. Mais & la page 553, il imprime NVSMACON MONIMVS avec cette remarque ;

« Cette légende est la seule bonne, et Thomme assis doit avoir la tête tournée & droite (lisez à gauche). Mais ce revers a souvent été refait au burin, et alors on voit NAXIMACO EVMONIMVS ou d'autres altérations de la vraie légende, qui est incompréhensible pour nous, et Thomme assis ayant la tête tournée à gauche (lisez à droite). »

Il semble donc que depuis un siècle et demi, la question, loin de se simplifier, tende à se complfquer d'éléments contraires à une bonne solution.

Commençons donc par établir un point fort important. Le sixième caractère de la légende du revers, est positivement sur tous les exemplaires du médaillon que j'ai pu regarder non pas un C, mais bien un G comme Tavait vu le graveur de lord Pembroke, comme Ta vu aussi M. Léon Dardel en dessinant la planche XVI de M. Sabatier.

Ce G, qui ne peut se relier au C qui le suit montre tout de suite qu'il y a là une coupure, et par conséquent un mot abrégé, car il n'existe pas de mot latin terminé en G.

On comprend encore très facilement que NVS et MAG ne sauraient former un seul groupe. Il faut donc les séparer et lire NVS MAG, après quoi il nous reste CONMONIMVS, mot dans lequel on ne refusera pas de reconnaître le verbe Cornmoneo (archaïquemcnt conmoneo) à la première personne du pluriel du prétérit.

^1) Descripi. génér tles méd, contom., 1860, p. 103.

00 OBSERVATIONS

J'obtiens donc NVS MAG CONMONIMVS, c'est-à-dire : Nos magna c ommonnimus {nou^ avons retracé de grandes choses).

Ici, il n'est pas inutile de rappeler la remarque du grammairien Agrœtius dans son traité De orthographia: « Commonemus praeterita, admonemus prœsentia, praemoncmus futura(l) ».

A coup sûr une pareille phrase conviendrait merveilleusement à Salluste, et l'orthographe archaïque de la légende répondrait encore au goût bien connu de l'illustre historien de CatilLna et de Jugurtha pour les vieilles formes latines.

Mais le costume militaire du personnage assis sur un tertre, la couronne de laurier qui ceint sa tète, son visage tourné vei*s le ciel, manière d'exprimer l'apothéose au temps du bas empire; tout en un mot nous indique un autre grand écrivain, Jules César, l'ami du premier Salluste, comme Julien était Tami du dernier.

On objectera que César a été chauve et que quelque petite que soit la figure gravée au revers du médaillon contomiate on distinguo des cheveux sur son front au-dessous de la couronne de laurier. Mais sui: les deux beaux aureus du Cabinet des médailles nous retrouvons ce même détail, plus apparent encore dans les tètes que nous montrent d*excellents bronzes de Corinthe dont on ne tient pas assez compte lorsqu'on recherche les portraits de César (^).

On pourrait préférer commonemus à commonuimits à cause de réchange trfes fréquent des caractères E et I, aussi bien dans les temps fort anciens qu'aux époques basses. Les recueils d'inscriptions nous en fournissent de nombreux exemples que chacun connaît. Toutefois il me semble qu'en raison du long espace de temps qui s^étail écoulé depuis la mort de César et celle de Salluste jusqu^au moment où le médaillon a étéfabriqué« le prétérit est plus probable. On aura écrit cmnmoHWUis comme on écriMiit monimenittm^ contiber- Holis, eirisciis. Cependant «je le reconnais^ commoptemits peut être défendu.

C* Mioauet. Dt^^fJ.. I. \h p, m. — T. IV. Suppl.. p. ^.

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