‹ Œuvres ... réunies et mises en ordreChapitre 29 sur 280 · Croix à bras coudés. — Havercamp, n · texte numérisé non relu

Croix à bras coudés. — Havercamp, n

7. Trépied. — H. Cohen, Méd. imper,, t. VI, p. 376, n» 65. On remarque encore tracés en creux ou incrustés dans le

champ des médaillons contorniates une épée, une pique, un cheval, divers animaux féroces; il est donc bien évident que ces symboles avaient rapport au genre de lutte et à la victoire que les médaillons étaient destinés à rappeler et à récompenser. Les couronnes et les nombreuses palmes que nous avons indiquées donnent bien le sens qu'il faut attribuer à ces représentations (i). Au monogramme du Christ s'attache l'idée exprimée par ces mots célèbres : Hoc signo vicior eris. Le trépied est aussi un symbole de victoire, parce qu'il était décerné en prix dans les jeux (2).

Munera principio unie oculos circoquc locantur In medio : sacri tHpodes, viridesque coronœ, Et palmsEy jiretium victoribus (3).

Des vases peints nous montrent la croix à bras coudés figurée sur le disque d'un athlète vainqueur (4). Tout cela s'accorde bien avec le sens de l'épitaphe d'Eleulheria :

[Uxc libi 3el€]rna domus in qiia nunc ipsa secula quiescùi, [Cnrpore namque iuu]s spirilus a carne recedens [Est socialus] sanctis per mentis et opéra tanta, [Quxque Deu]m meluisli semper quiescis seciira.

(1) II eu est dt^ même d'ane petite figure de la Victoire signalée par Eckhel» Doclr. num., t. VIII, p. 279.

(2) Voy. les peintures des vases, Mon, de Vlnst, arch.f vol. IV, 1848, pi. LIV. — Panolka, Mus, Blacas, pi. I. — Panofka, Cabinet Pourtalès, pi. VI. — Stackelberg, Die Gra^bet^ der Helfettent pi. XVII. — Ch. Leuormant et J. de Witte, Élite des monum, céram., t. I, pi. XCI, XCVII. — Éd. Gerhard, Auserl. VasenhUder, l. IV, pi. CGXLVII, CCLVi, CCLVII, n«» 1 et 2.

(3) .Eneid,, V, v. 109.

(*} Gerhard, Auserl. Vasenbild,, t. IV, pi. GCLIX. — J. de Witte, Notice sur quelques voses peints de la collection Castellaniy 1865, p. 31, n<> 48.

OHSERVATIONS

Son fils Pacatianus s'est plu à la montrer récompensée comme Un athlète^ un aurige, sorti victorieux de la lutte. Les symboles complétaient le texte, et n*avaient rien de trop ouvertement chrétien.

Le monogramme composé des caractères EP, si fréquent sur les médaillons contorniates, doit encore être une marque de triomphe. On le trouve gravé, ainsi que l'a déjà fait remarquer Eckhel, sur une petite lame de bronzé, accompagné d*une palme et du monogramme du Christ (1).

« Quare cum hae literaB EP. vel PE. in hoc monumento jungantur cum palmae ramo, in multis vero contorniatis in hujus rami vices succédant, conjici potest eas aliquid ad victoriam pertinens significare (2) ».

Très vivement impressionné par cette réflexion du célèbre numismatiste viennois, j*ai cherché si le monogramme ne pouvait pas se lire lEP, en prenant la haste verticale commune aux deux lettres pour un iota, auquel cas nous aurions eu le commencement d'*Ispsvty.rj;, vainqueur dans les jeux sacrés (on nommait ainsi les Olympiques, les Pythicns, les Néméens, les Isthmiques). Les hiéroniques étaient les vainqueurs par excellence; mais, dans le monogramme, on ne voit jamais de prolongement de la haste, soit en haut, soit en bas, qui dénonce la présence de Viota. Il existait d^ailleurs dans la collection Renesse un médaillon contorniate dans le champ duquel on voit un E retourné près du buste d'un aurigc, aimé d'un fouet et accompagné de son cheval (Sabaticr, Con-tom.^ pi. VI, n** 10). Cet E pourrait être, il est vrai, la lettre initiale du nom de Taurige ; mais il semble se rattacher étroitement au monogramme EP. Dès lors on est ramené vers ce passage de Pline : « Eporedias Galli bonos equorum domitores vocant (3). » Les Romains se servaient de mots gaulois, comme nous employons des mots anglais pour tout ce qui concerne les courses et les chemins de fer. Ils nommaient un char

(1) Laur. PigQorii De servis^ 1694, p. 32.

(2) Doclr. num., t. VHl, p. 280.

(3) Uist. nat., HI, 17.

SLR TROIS MÉDAILLONS ROMAINS DE BRONZE. iVô

rheda, un cocher rhedariuSy des rênes epirhedium. On peut admettre qu'ils accordèrent le surnom eporedia à ceux qui s'étaient montrés assez habiles à manier leurs chevaux pour triompher de leurs concurrents. Les mots rheda et rhedarius furent en usage dès le temps de la meilleure latinité et subsistaient au Bas-Empire (1).

Si nous trouvions quelque jour la conlirmation de Texplication que je propose ici à titre d'hypothèse et pour fomenter les recherches, le monogramme EP deviendrait un équivalent de la palme, de la couronne, du trépied, un signe de victoire. En conséquence, on ne s'étonnerait pas de le rencontrer à la place qu'il occupe dans Tépitaphe d'Eleutheria, et faisant pendant à une palme près du monogramme du Christ, entouré d'une couronne, qui se voit sur la plaque d'esclave publiée parLorenzo Pignoria. Dans tous les cas, ces deux derniers monuments nous paraissent inséparables des contorniates. Les épigraphistes et les numismatistes sont appelés à se prêter sur ce terrain un mutuel secours.

^l) Cicer., MiL^ 10. — Attic, VI, 1. — Varro, Ling. iat., III. — Ctesur, Bell, galL, !, 51. — Suetoa., Cxs., o7. — Martial, Epifjr, X, 13. — Cod, Theod., m. V, leg. 8.

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