TROUVÉES AU MONT-BERNY (OISE
(Eiiroit (lu t. XI (uouvelle séricj de la Bévue numismatiqaf,
isae, pp. 1-8.)
Il V a près de cinq ans, j'ai publié dans celle Itevue l'empreinte d'une monnaie de plomb trouvée à Alise-Sainte-Rcine, ot portant le nom des habilants de celte antique localité, ALISIENS[iHml. .
Un peu plus tard, un second exemplaire de la même monnaie, retrouvé dans une collection particulière, a été donné par l'Empereur au Cabinet des médailles de la Bibliothèque impériale.
Ces monnaies ont pour type, comme on le voit dans le dessin ci-dessus, d'un côté, Mercure dans un édîcule, et de l'autre un petit rameau autour duquel ta lég'cnde est tracée.
J'avais cru pouvoir me permettre de rapprocher de cette pièce, en raison de la ressemblance du type, deux autres plombs, édités autrefois par Ficoroni, sur lesquels on voit ALS
W0N.\A1KS DE Pl.pMB DE MliUlOLANlM.
vt \. Je considérais ALS comme auc abréviation, ui Iraction d'Alisiensium.
La publication de la monnaie d'Alise nous valut bientûl lu ronnaissancc d'un plomb absolument semblable quant aux U-pes, mais offrant la légende PERTE[ns!«»(] et trouvé à Perthes, village situé entre Vi try-le-Français et Sainl-Dizier. M. Guâlave d'Amécourt, à qui cette pièce appartient, a ruconiiu très ei:aclement qu'elle avait été fabriquée pour le jtays même où elle a été recueillie.
On a été généralement frappé de ce fait : deux motmaies portant un type commun ont été découvertes dans deux localités aujourd'hui sans importance, et elles oiïrent précisément le nom des habitants de ces localité».
Plus tard encore, en examinant, avec la permission de l'Eiii' pen^'ur, le musée d'antiquités nationales fondé au ch&leau de ■''Ompiègne par Sa Majesté, musée dans lequel se trouvent maintenant rassemblées des séries extrêmement remarquables de monuments de toutes les époques provenant de la forêt ou (les environs, j'ai remarqué deux monnaies de plomb trouvées AU Mont-Berny, en 1861 et en 18G3, par M. Albert de Roucy, vi qui n'avaient point été classées.
L'une de ces monnaies u pour type un rumeau entouré d'un nom de peuple, }AEMOL{finettsitii}i), comme les pièces
98 MONNAIES DE PLOMB Dt) MEDIOLANCM
d'Alise et de Perthes; mais, au lieu du Mercure, elle otfre, au
droit, deux divinités, Jupiter et Vénus céleste.
La seconde, de plus petit module, présente, au droit. Hercule el la Fortune, accompagnés d'une tête de taureau et des lettres CM; au revers, l'inscription MED — L en deux lignes.
Les caractères de la pièce au rameau (MEDIOL) sont identiques pour les dimensions et le style à ceux des légendes AUSIENS et PERTE.
La légende MED — L do la petite pièce, qui me parait être une division de la grande, m'a semblé être aussi une abréviation du nom des Mediolaneiises.
Ainsi donc les monnaies du Mont-Bemy, trouvées dans un même lieu, mais non à la même place et à deux ans d'intervalle, nous ollrent, avec des modules différents, les inscriptions MEDIOL el MED— L. Ne peut-on pas, sans trop de témérité, supposer qu'elles ont la mémo origine, et que la légende abrégée indique encore cette fois une division monétaire? On sait que depuis longtemps M. le duc de Luynes a établi que dan.s la numismatique grecque la division des types (un cheval, un demi-cheval, une tête de cheval par exemple) correspond aux fractions monétaires, aux diverses valeurs dont elle est un indice matériel facile à distinguer.
Ce n'est pas tout; en continuant les fouilles entreprises