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TABLETTE DE BRONZE

la Bétique les légendes ASGV, ASGVI, ASCYTA, sans tenir comple de la variété la plus complète fournie par Florez.

En 1847, le D' Judas, étudiant les légendes en caractères phéniciens que portent au revers quelques-unes des pièces qui viennent d'être citées, et y lisant "insia, avait cru pouvoir proposer Tattribution de ces monnaies à la ville de Tipasa en Afrique. Mais son opinion, tout à fait indépendante des travaux de ses prédécesseurs qu'il ne connaissait pas, n*a été, comme on le voit, adoptée par aucun numismatiste : elle parait être passée inaperçue.

En 1851, M. Gaillard, rédigeante Madrid le catalogue de la collection de don José Garcia de la Torre, fait figurer Ascui ou Ascuta parmi les villes de la Bétique ; mais il ajoute cette note :

c( Bien que ces monnaies se trouvent ordinairement dans le midi de l'Espagne, ce n'est que pour me conformer à l'usage que je les classe à la Bétique; car il est impossible, après en avoir examiné l'ensemble, et surtout le style, de douter qu'elles n'aient été frappées en Afrique. » (P. 6, n® 81.)

Gependant, en 1882, M. Daniel Lorichs, ministre de Suède & Madrid, imprimant ses Recherches numismatiques concernant principalement les médailles celtibériennes, fit graver avec un grand soin plusieurs médailles (pi. VIII, n** 1-5), sur lesquelles on lit LASGYT. Mais il ne se préoccupe pas de leur classification exacte, et se contente d'interpréter, suivant son système habituel, la légende phénicienne qu'il croit celtibérienne, par ces mots latins U. OF. G., sectmda officina Citerioris (p. 217). Je n'entreprendrai pas d'examiner ici la méthode toute particulière adoptée par l'auteur. Elle «n'a pas trouvé d'adeptes. Après la mort de M. Lorichs, don Antonio Delgado, chargé de rédiger le catalogue de la riche collection laissée par cet amateur d'antiquités, décrivit (1857, p. 19. n"" 343 et suiv.) quatre médailles de bronze, sous le titre LASGVT (Gonventus Gaditanus). Aucune note n'accompagne la mention des types, et l'on voit que M. Delgado n'a pas même essayé de compléter le nom de la ville en combinant les

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légendes qu'il avait sous les yeux avec celle que Mionnet nous a transmise : ASCVTA AVG. (inscrite près d'une tête d'Auguste; SuppL, i. I, p- 53, n^308).

C'est seulement en 1863 que M. Zobel de Zangroniz, jeune archéologue espagnol qui s'est fait connaître par plusieurs bonnes dissertations, a, dans un mémoire, imprimé dans la Zeitschrift der deutschen morgenl^endùchen Gesellschaft (Leipzig, XVn^ vol.), repris les descriptions de monnaies bilingues qu^il attribue à Lascuta; et il identifie cette localité avec celle que Pline nomme Liscula, ou, suivant un manuscrit de Leyden, dit-il, Lascula.

Nous ferons remarquer que dans la plupart des éditions de Pline le nom de la ville à laquelle M. Zobel fait allusion d'une manière si sommaire est écrit Lacibi, forme qui s'appuie sur le Aax:5{ç de Ptolémée. [Geogr.j H, iv, il.)

Mais M. Silligy dans son édition de Pline, fournit les variantes Lascula, tirée du manuscrit Riccardi, un des meilleurs, au dire du docteur Roulin, Laseula, du manuscrit de Leyden, Liscula^ du manuscrit de Paris, n° 6797. La plus ancienne édition (Venise, 1469), consultée obligeamment par notre confrère M. Quicherat, porte Lasculasa ffuntia, c'està-dire Lascula Saguniia. ^

On voit que cette version, identique à celle du manuscrit Riccardi, ne diffère de la légende monétaire que par le changement du T en L ; que celle du manuscrit de Leyden (inexactement citée par M. Zobel) revient au même, si Ton admet qu^un copiste a pris un C pour un E.

La table de bronze tranche toute espèce de difficulté. L'ethnique Lascutana est formé de Lascuta, comme Romanus de Roma, Albanus d'Alba, Airicanus d'Africa, etc.

La Turris Lascutana est une localité, comme la Turris Régine de la Bétique qui nous est connue par de précieuses monnaies, portant la légende TVRI RIIGINA. (Fierez, Med. de Espaha^ pi. LXVIU, n* 10 ; — Akerman, Ancient coins, ^p. 119; — Delgado, Cai. Lorichs, p. 28, n* 503; — Zobel, Zeiischr. der deuisch morg, Gesellsch.) D'un autre côté, le style des

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moDuments numismatiques que nous invoquons ici montre que Lascttta et Turris Lascutana étaient situées trèa prfes de Gadës, et par conséquent d'Hasta, qui, suivant ntinéraire d'AntoDÎn et les itinérures gravés sur les vases d'argent de Vicarello {Aquœ Apoltmares), existait à seize milles de Gadès. La table de bronze découverte dans les montagnes de Gibraltar, du câté de la Jimena, à 6 kilomètres de Alcala de las Gaveles, est donc bien un monument de la Bétique, se rapportant à des localités dont le site était fort rapproché de celui de Gadès.

Il demeure aussi constant qu'il faut introduire le nom de Lascuta dans le texte de Pline, au point où quelques manuscrits portent la variante Lascula ou Laseuia, trop négligée par les éditeurs, sans pour cela peut-être exclure Lacîbi qui se retrouve dans Plolémée. Les deux noms ont pu être primitivement inscrits dans les listes dressées par l'auteur de l'Histoint naturelle. Mais Lacibi devrait se lire dans l'énumérBUon des villes appartenant à la juridiction de Cordoue, comme Obulco,Sac)li, Onoba, Escua, Iltpnla citées et par Pline et par Ptolémée.

JyscaiprjoNs en l'honneur de QUIRINUS, trouvées

à Vilette {hère).

1 Extrait du tuuic III (iiouveUc série] des Complet rendus de V Académie des inscriptions et bettes-lettres, 1867, pp. 319*321.)

M. R. Géry, numismatistc très zélé qui habile Voiron, déparlement de l'Isère, nous fait connaître une intéressante trouvaille qui vient d'avoir lieu à Yilette, paroisse dépendant de Saint-Laurent-du-Pont, dans le voisinage de la Grande-Char- Ireuse. — Des ouvriers occupés à niveler remplacement d*une ancienne église dont les déblais obstruaient la façade d'une église nouvellement construite, ont mis à découvert quelques antiques monuments : deux tombes de pierre, un bloc de 1",60 de long, sur lequel on lit en magnifiques caractères de la belle époque romaine, hauts de 12 millimètres :

QVIRINO AVG SACRVM

Tn cippe de forme quadrilatérale, haut de l'",30 avec soubassement et chapiteau. On lit sur une des faces cette inscriplion entourée d'une bordui*e saillante :

QVIRINO AVG COTVS MODES TVS ET IVLs MA CRINVS EX RP

Dix lettres capitales à chaque ligne ; c'est probablement

178 INSCRIPTIONS KN L'HONNKUR UE QL'IRIMS.

afin de conserver la régularité de ce nombre que le nom IVUVS a élé abrégé.

« A la seconde ligne, dit M. Géiy, on pourrait lire COIVS au lieu de COTVS, parce que la barre supérieure des T est si courte, que ces caractères ressemblent à des I. » Nous ferons remarquer que le nom COIOS est inscrit sur des monnaies g-auloises d'argent, au revers desquelles on lit le nom ORGITIRIX. Mais, d'un autre côté, on se rappelle que COTVS est le nom d'un Eduen cité par César {Bell. Ga/i.,\U, 32, 33).

Les monuments signalés par M. Géry sont remarquables à plus d'un titre. Les dédicaces h Quirinus paraissent être de la plus grande rareté. M. Mommsen en a publié une :

QVIRINO

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