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OSTVMI
VI TIITRICI
(1) Voir notainmeut, dans le Journal des Savants de juillet 1827, p. 387 vi suiv., les observations de Letronue au sujet des publications de Pauofka el d'Osann, relatives à ces inscriptions. — Cf. les renseigoeiuents fournis par Raoul-Rochette, Mém, de f^Acad. des inscr,, 1840, t. XIV, p. 237 et suiv.
(2) Alb. Lenoir, Statistique monumentale de Paris, 1867, in-l», p. 25.
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Le premier a été fort altéré par des coups d'outils, probablement à Tépoque où il fut employé dans une construction de la cité (1). Quant aux deux autres, récemment détachés des arènes, ils sont fort lisibles. Devons-nous attribuer au hasard la rencontre, sur les assises d'un édifice public, de deux noms qui ont été portés par des empereurs gaulois du m"" siècle, et qui pourraient appartenir aussi à des hommes de condition privée? Si le bloc n* 1 n'avait subi aucune altération, et si, par conséquent, le texte qu'il présente était à l'abri de toute contestation, la difficulté serait nulle. Il est peu probable qu'un autre que Postumus ait porté les mêmes noms que lui : Cassianius Latinius (2). Au moins devrait-on reconnaître qu'il s agit d'un membre de sa famille. Le surnom Tetricus ne suffirait pas pour établir une assimilation historique; mais, sur le troisième bloc, ce surnom est précédé de deux caractères qui appartiennent, comme on va le voir, à l'un des noms de famille de l'empereur Tetricus, Esuvius; en sorte qu'ici on pourrait, sans trop de témérité, admettre qu'on est en présence d'une inscription impériale. Dans plusieurs de nos épigraphes, on remarque cet A de forme antique (avec barre médiane verticale) que les Gaulois avaient rapporté lors de leurs campagnes <i*Italie, et dont ils s'étaient servi pour les légendes de leurs monnaies autonomes (3). Le nom de TU TRI Cl contient un E formé de deux hastes verticales, qui a la même origine et la même antiquité (4), mais qui était très certainement encore en usage au temps où régnait Tetricus, témoin l'inscription de
1} Les caractères L el P du premier bloc ont subi des additions qui nous paraittsent de la même époque que le grand trait courbe profondément creusé qui entoure rS de ce groupe. Les autres caractères sont parfaitement dis- UbcU; si Ton tenait compte des traits ajoutés on lirait CASilATB, ce qui ne présenterait pas de sens.
(«) Ces nums, que les monnaies n'offrent qu'eu abrégé, se trouvent dans les iu«criplions; voir, notamment, l'inscription do Cordone (Fabrctti, 686, 95) et • «.-Ile de Meathcock dans le comt^ de &reckuocl£ (Strange daus VArcheologia^ ^' W, p. 7).
l3) Revue numismatique^ nouv. série, t. V, 1860, p. 187. — P. 480 du tome H dits Œuvres de A, de Longpérier,
(^) /6ief,, t. I, 1856, p. 73, Note sur la lettre E dans les légendes de quelques médailles gauloises, — P. 392 du tome U des Œuvres de A, de Longpérier,
son contemporain et de son antagoniste Âurélien , qui fut recueillie dans la commune de Tréteau, près Moulins, et qui a été publiée par M. E. Tudot (1) :
IMP - CIISARI ■ L - DV M II TIOAVRII Ll AN OM-GIIRMANICO TRIBVNICIII P • V CO SSIIIPPCIARLXXXVI
Quant à ce nom Esuvius, que nous signalions, il y a plus de vingt ans comme un composé dans lequel entre le nom du dieu Esus (2), dont la présence se reconnaît aussi dans les nomsEsunertus,Esumagius,Esugenus (cf . Camulogenus) (3), hous croyons qu'il n'est pas inutile de montrer par suite de quels rapprochements nous l'avions dégagé des nuages dont les modernes l'avaient entouré.
Pendant longtemps, les écrivains qui se sont occupés de rhistoire romaine n'ont, à l'imitation d'Aurelius Victor et de Trebellius Pollio, désigné les empereurs de la Gaule, Victorinus et Tétricus, que par leur surnom. Cependant, dès 1579, Adolphe Occo, s'appuyant probablement sur des légendes de médailles mal lues, donne à ces personnages les noms de Marcus Aurelius Victorinus et de Caius Pivesus Tetricus (4). En 17S4, dans une dissertation spéciale qui a joui d'un grand crédit, l'abbé Venuti dit, en parlant du dernier : « Son nom de famille était PI VESVVIVS. PESVVIVS ou PIVESIVS. On trouve le premier le plus souvent sur les médailles et dans les ins-
(1) Enseignes et inscriptions murales qui subsistent encore sur des construetio7is anciennes à MouJins, in-8o, p. 14.
(2) Mém, de la Soc. des antiquaires de France^ 1832, t. XXI, p. 368. — P. 290 du tome U des Œuvres de A. de Longpéner, — Eu 1853, M. Zeuss, éuuméraDt dans sa Grammatica celtica, p. 125, les noms dérivés d'Esus, n'avait pas encore pensé au nom de Tétricus.
(3) Au sujet des noms dans lesquels entre comme élément celui du dieu Camulus, voir le savant Mémoire de M. Alfred Maury : Reck. sur la divinité mentionnée dans les Inscr. latines sous le nom de Camulus, dans les Mm. de la Soc. des ant. de France^ 1849, t. XIX, p. 15 et suiv.
(4) tmpp. Romanorum numisniata, Anvers, 1579, 10-4», p. 333 et 337. — Dans la seconde édition que l'auteur publia à Âugsbourg, en 1601, on trouve M. Aureolus Victorinus et P. Pives. Tetricus (p. 486 et 488).
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criptions ; les autres ne doivent leur origine qu'à Tignorance des monétaires gaulois. Il est cependant vrai que le mot PI VE- SVVIVS a par lui-même quelque chose de rude, de barbare et d^inconnu, parmi les anciennes familles de la République (1). » Le mémoire de Venuti n'est pas fort répandu, sans doute ; mais les auieiirs de Y Art de vérifier les dates et la Doctrina mmioriini d'Eckhel, en accueillant les conclusions du savant ecclêsifitôlîque, leur ont conféré une autorité imposante (2).
Depuis un siècle, des inscriptions ont été recueillies, soit dans les Gaules, soit dans la Grande-Bretagne ; les monnaies ont été mieux étudiées ; lem* nombre, en s'accroissaut dans une proportion très considérable, a permis d'épurer les lectures qui avaient été proposées d'après des exemplaires incomplets. On peut donc faire en quelque sorte table rase de tous les documents rassemblés par Venuti.
Nous nous permettrons cependant de faire une remarque au sujet de cet auteur. Il existait, de son lemps, chez M. de Pontcarré, premier président du parlement de Normandie, un fragment de borne milliaire qui a été publié, en 1682, par Thomas Reinesius, dans son grand recueil épigraphique (3). Ce monument portait une inscription mutilée ainsi conçue :