ACTE II, SCENE III
Pourront servir en tout d exemple aux nations.
LE ROI DE FRANGE
Oui, c'est le noble empire où nous devons prétendre. La gloire vient du Ciel ; qu'il daigne vous entendre ! Qu'il hâte les honneurs aux Français destinés ! Nous, préparons ces jours brillans et fortunés. Le bien de mes sujets m'occupera sans cesse; Puissé-je par mes soins obtenir leur tendresse !
l'amiral.
O mon roi ! je réponds de la France et de vous, Si vous sentez le prix d'un hommage aussi doux. Excusez ma franchise, à la cour étrangère; Vous n'en redoutez point le langage sévère ; Eh bien , souffrez encore un avis généreux : De tous ceux que m'inspire en ce moment heureux A vous , à votre État mon dévoûment sincère , Ce sera le dernier, mais le plus nécessaire. Sire , on vous a trompé. Vos édits inconstans , Scellés presque toujours du sang des protestans , Ont annoncé chez vous un cœur faible et mobile , Dont pourrait abuser quelque imposteur habile. Evitez les malheurs des rois trop coniplaisans ; Ne laissez point sans cesse , au gré des courtisans, Errer de main en main l'autorité suprême ; Ne croyez que votre âme, et régnez par vous-même; Et, si de vos sujets vous désirez l'amour. Soyez roi jie la France, et non de votre cour: Elle opprime le peuple. Ah ! d'un œil équitable Voyez toujours en lui votre appui véritable ; Songez qu'autour de vous des millions d'humains D'un mot de votre bouche attendent leurs destins ; Songez que pour vous seul tout ce peuple respire. ,
Œuvres anciennes. I. ^ T
Il fait par ses travaux Téclat de votre empire , Il cultive nos champs , il défend nos remparts ; Mais un voile ennemi vous cache à ses regards; Mais, tandis qu'il se plaint, son monarque sommeille ; Et ses cris rarement vont jusqu'à votre oreille. Rappelez-vous , mon maître , ayez devant les yeux L'exemple révéré de vos plus grands aïeux. Lun, sujet malheureux, eut un règne prospère; Il chérissait le peuple , et fiit nommé son père : L'autre , plus grand encor, dans la seule équité D'un monarque français mettant la majesté, Indulgent pour ce peuple , à ses besoins propice , Au pied d'un chêne assis , lui rendait la justice. De ce royal esprit laissez-vous animer:
Pour obtenir l'amour, leur secret fut d'aimer.
LE HOI DE FRAHCE
Leur vertu m'est présente ; et l'Etat me contemple.
Comme eux, je veux un jour laisser un grand exemple ;
Je saurai mettre un terme à nos calamités ;
Vos desseins , Goligni , seront tous adoptés.
Allez : à vos amis portez-en la nouvelle.
Gardez cette franchise et ce vertueux zèle :
Régner par vos avis est mon vœu le plus doux.
l'amiral.
Le mien, Sire, est de vivre et de mourir pour vous.