‹ Œuvres, revues, corrigées et mises en ordreChapitre 38 sur 233 · Acte n, scène rv, page aag, ven 6 et suiv · texte numérisé non relu

Acte n, scène rv, page aag, ven 6 et suiv

Malgré les qualités de diction, d'ordonnance et de costume , remarquables en cette tragédie , je partage le sentiment de son auteur, qui parait se défier un peu lui-même de la tristesse empreinte également dans tout le sujet : c'est un triste spectacle que la défection des forces de l'héroïsme et de la vertu. Il eût fallu que des réactions plus puissantes

pussent animer ce tableau; mais on en doit apprécier la simplicité, d'après les justes principes qui dictèrent à Chénier ces préceptes sur le vicieux abus des incidens et des coups de théâtre, auxquels il attribue la perte du bon genre, dans sa dédicace à son frère.

« Quand on n'est point en état d'instruire et « d'émouvoir, il faut bien tâcher de plaire aux yeux. (( On est parvenu de cette manière à dénaturer la « tragédie, ce chef-d'œuvre de l'esprit humain. a Elle n'est plus destinée à peindre les passions «c les plus énergiques, à représenter les grandes ce époques de l'histoire du monde et les hommes « qui ont honoré l'humanité, à traiter enfin ces « sublimes questions de morale et de politique a qui intéressent tous les peuples : ce n'est plus (c qu'un roman dialogué, un amas d'événements « bizarres, d'aventures incroyables, terminé par « quelque machine digne à peine du théâtre lyri- « que , ou par quelque coup de théâtre d'une exéa cution difficile , et dont le succès est dû , non a pas même au talent des acteurs, mais à leur « force et à leur adresse ' . »

Ces mêmes principes avaient dirigé l'auteur dans l'œuvre savante qui commença la renommée qu'il i^^Bt acquise, en traçant, à la manière des grands

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