XIV INTRODUCTION
Ici le résultat de l'expérience est évident. Si, au contraire, l'on
écrit
on exprime qu'en réunissant 5 tas de 3 + 7 grains avec 2 tas pareils, on obtient le même tas qu'en réunissant 5 tas de 3 grains, 5 de 7, 2 de 3 et 2 de 7 grains. Mais on n'aperçoit pas immédiatement le résultat de cette expérience; on le met hors de doute en décomposant l'expérience en deux, dont chacune n'est que la répétition de l'expérience précédente. Dans toutes les Mathématiques, on ne fait, au fond, que grouper de diverses manières des tas de grains et proclamer l'égalité des nombres de grains qui figurent dans des groupements différents.
Le calcul ne sera d'ailleurs pour nous qu'un auxiliaire, et ne nous fera jamais perdre de vue la réalité. Ainsi, nous aurons toujours égard, en étudiant les modifications d'un corps, aux autres corps qui sont en contact ou en relation avec lui, au milieu ambiant, d'où émanent les actions mécaniques, les flux de chaleur : beaucoup de fautes ont été commises en Thermodynamique, parce qu'on n'a pas suffisamment tenu compte du milieu. Nous ne raisonnerons jamais que sur des opérations réalisables, ou du moins sur des opérations qui peuvent être considérées comme des cas limites d'opérations réalisables. Nous n'introduirons que des grandeurs accessibles à C expérience; nous ne prononcerons donc pas les mots énergie et entropie.
C'est en vertu des mêmes principes que nous laisserons de côté la notion 4^ force^ pour lui substituer cette notion bien autrement précise du travail, et exclusivement du travail qui accompagne le déplacement de poids. Quand nous emploierons le mol force, il n'aura pour nous qu'une signification malhématique, soigneusement définie dans chaque cas.
Telles sont les règles auxquelles nous nous conformerons strictement. Elles nous permettront de prévoir les phénomènes avec la probabilité même des inductions admises comme prémisses. Or, ces inductions, consistant exclusivement à ériger en lois générales non pas l'interprétation, mais le résultat même d^un très grand nombre d'expériences, sont bien près de la certitude. C'est pourquoi nous serons autorisés, quand une formule aura été