CHAP. I. — TEMPÉRATURES, SOURCES, SYSTÈME. I I
imperméable à la chaleur. Les corps (S) sonl en dehors des sources; les corps (S'), quand ils sonl à rinléricur des sources, n'ont avec elles el avec le s^sU-me (|ue des échanges de chaleur négligeables. Par suite, le sjst«*me (S) n'échange de chaleur qu'avec les sources, et les corps (2) ne peuvent échanger de chaleur avec les sources. On suppose en outre qu'ils n'en échangent pas entre eux.
D'après cela, étant donnée une portion (P) de l'univers, isolée, formée d'un ensemble de corps déterminé, on ne |)Ourra pas toujours prendre arbitrairement certaines parties de cet ensemble pour en composer le sjslémc, et les autres pour en composer le milieu, puisqu'on risquerait ainsi d'aller à l'encontre des définitions posées ci-dessus ou des relations stipulées entre les divers éléments {voir Chap. IX, § IV, remarques sur la pile).
Equilibres du milieu et du système. — Le milieu (M) et le système (S) sont supposés primitivement en équilibre, c'est-à-dire que rien ne change, ni dans Tun ni dans l'autre, avec le temps : nous entendons par là que non seulement il ne s'y produit pas de mouvements, mais que la température, et |>lus généralement l'état physi(|ue, ainsi que la composition chimique des corps qui composent le milieu et le syslèuK», restent invariables.
En outre, (M) est constitué de telle manière que (S) ne peut pas être en équilibre sans qu'il y soit lui-même, ce cpii impli(|ue évidemment que toute modification de (M) entraîne une modilicalion de (S); mais il peut arriverque le svstème se transforme sans que le milieu éprouve aucun changement, sauf certaines modilicjitions infiniment petites, qui rentrent dans les déclenchements, dont il va maintenant être question.
Di'clenchements et enclenchements ; actions de présence, — Un SNstème étant en é(|uilibrc, il suffit parfois de couper \\\\ fil, de donner à un agent mécanique un déplacement insignifiant, d'approcher du système un corps témoin, de masse négligeable, ou de communiquer à un tel corps une quantité de chaleur pnsque insensible, pour détcrnnner dans le système une modification //Vz/^, ln)is de proportion avec le changement infinitésimal (|u'on a fait éprouver par la au milieu. On dit alors (|u'il y a eu déclenchement el que l'état antérieur du système était un équilibre apparent
OU un faux équilibre. Inversement, il arrive qu'un système étant en transformation, on puisse, par des moyens tels que ceux qui viennent d'être indiqués, arrêter brusquement sa modiflcation et le fixer dans son état actuel ; c'est ce qu'on appelle produire un enclenchement.
Ainsi, deux gaz étant contenus dans deux ballons que sépare un robinet fermé, il suffit de tourner le robinet pour permettre aux gaz de se mélanger (milieu non modifié). Un gaz étant confiné dans un corps de pompe, sous un piston chargé de poids, il suffira d'agir sur une vis de pression pour déterminer ou arrêter la compression du gaz (milieu modifié).
Dans ces premiers exemples, le déclenchement ou l'enclenchement consiste en une modification infinitésimale des agents mécaniques. Quand le déclenchement ou renclenchement est dû aux corps témoins, on dit qu'il y a action de présence.
L'action de présence est donc caractérisée par ces trois conditions : déterminer un changement fini dans l'état du système, n'exiger qu'un eflort ou un échange de chaleur insignifiant, ne produire aucune modification sur les agents mécaniques, sauf peutêtre des déplacements, et cela non pas directement (* ), mais par l'intermédiaire du système.
Ainsi, dans une masse d'eau surfondue, c'est-à-dire restée fluide à une température inférieure au zéro centigrade, projetons un fragment de glace extrêmement petit ; toute la masse se congèlera presque instantanément.
Si, dans un mélange de gaz tonnant, on fait pénétrer un fil de platine incandescent ou passer une étincelle électrique, on détermine la combinaison brusque de l'hydrogène avec l'oxygène. L'introduction d'un petit tampon de mousse de platine a le même efi'et.
Une pile étant en activité, il suffira pour l'arrêter, si sesrhèophores sont très rapprochés, d'interposer entre eux une mince lame isolante. On peut aussi interrompre le courant en intercalant dans le circuit extérieur une résistance suffisamment grande, ce qui se fait en tournant simplement un bouton.
(') Il est d'ailleurs entendu que le système doit pouvoir être soumis ou soustrait à l'aclion de présence des corps témoins, d'une façon instantanée, sans qu'il en résulte, dans ce temps très court, aucun cliangement appréciable de positions respectives ou autre dans l'euseuible du système et du milieu.
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Un flacon, contenant un mélange de chlore et d'hydrogène, est placé dans une pièce obscure avec une lampe au magnésium : cette lumière fera combiner les deux gaz, mais il suffira d'interposer un voile noir entre la lampe et le flacon pour arrêter brusquement la réaction, sans modifier sensiblement l'eflet que la lampe produit sur le milieu.
Le mélange tonnant se combine, dès 44^** ^-î d'une façon appréciable, dans un récipient de verre neuf. Mais Van't Hoff a observé que la transformation s'arrête complètement quand les parois du verre ont subi une légère dévitrificatîon. Si donc on chaufle le mélange tonnant dans un vase dont toutes les parois soient déjà dévitrifiées, sauf une, la combinaison se fera; mais il suffira, pour l'arrêter net, de masquer brusquement la paroi neuve par une lame dévilrifiée.