INTRODUCTION. XI
torsion el le plan d'épreuve. Mais cet accord avec Texpérience ne prouve pas l'une de ces hypothèses plus que l'autre ; bien d'autres hypothèses, d'ailleurs, pourraient conduire aux mêmes conséquences. Le mécanisme a néanmoins concouru d'une façon efficace à la constitution de la Science, lors de ses débuts, en substituant à Tétude du monde réel celle de divers systèmes fîctifs, beaucoup pllis simples, et dont la connaissance préalable était une condition de progrès.
Une autre manière de procéder tend à s'implanter en France et en Allemagne, à la suite des travaux^ assurément remarquables, de Willard Gibbs. Avant d'en indiquer le principe, rappelons que les systèmes matériels sont caractérisés quant à leur position, leur mouvement, leur constitution et leurs propriétés physicochimiques, parles valeurs de certains paramètres dont la connaissance détermine ce qu'on appelle Vétat du système ; de telle sorte que deux systèmes, pour lesquels ces paramètres ont à un moment donné les mêmes valeurs, se comportent exactement de même dans les mêmes conditions. L'état d'un système étant donc défini par plusieurs paramètres a, P, ..., A, le procédé dont nous parlons consiste à supposer a priori que certaines relations mathématiques existent constamment entre les valeurs des paramètres. Prenons comme exemple le principe de V énergie. Dans l'hypothèse où le système est complètement soustrait, soit par Téloignement, soit par un isolement matériel complet, à l'influence du monde environnant, le principe consisterait en ceci : une certaine fonction U des paramètres variables, ajoutée à la force vive de tout le système, donnera une somme numérique constante à toute époque, à travers toutes les modifications que pourra éprouver le système. Quant à définir la fonction U, on ne le fait pas; on prend une fonction quelconque et l'on essaie s'il y a accord avec l'expérience, puis une autre et ainsi de suite; ou bien on cherche à déterminer la fonction inconnue U en soumettant par la pensée le système à des modifications virtuelles (je cite textuellement) qui peuvent être contraires à des lois naturelles, pourvu qu'elles soient conformes à la définition qu'on se donne des paramètres a, P, ..., A. Enfin Técole de Gibbs se vante de ne point faire d'hypothèses sur la nature de la matière, parce qu'elle ne recourt ni aux fluides électriques, ni à l'éther. Mais on peut se