‹ Œuvres scientifiques (volume 3)Chapitre 8 sur 129 · XII ' INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII ' INTRODUCTION

convaincre, en examinant de près certains de ses raisonnements, que cette prétention n'est rien moins que justifiée (*).

Au lieu de prétendre deviner la nature, il faut se laisser guider par elle; aussi écarterons-nous toutes ces méthodes, qui tendent à déterminer les phénomènes par des considérations a priori^ hypothèses mécaniques, hypothèses analytiques ou hypothèses latentes, pour nous en tenir à l'induction, et voici comment nous entendons mettre en œuvre le procédé inductif.

Au fait primitif de la sensation, à l'image qui l'accompagne succèdent d'autres images, élaborées par nous avec nos souvenirs. C'est au moyen de ces images que nous constituerons la Science. Nous n'exprimerons que des images; ces images seront le calque le plus exact possible de la réalité. Mais elles ne peuvent être les copies exactes des objets réels, trop compliqués. C'est pourquoi nous remplacerons ces objets par quelques systèmes simplifiés, en vertu de ce principe qu'on peut, pour étudier certaines propriétés, faire abstraction des autres ; c'est d'ailleurs ainsi que nous procédons dans la vie.

Ces images interviendront dans toutes nos inductions et la Science que nous ferons ne sera qu'une combinaison d'inductions simples, suggérées par l'expérience. Quant à ces inductions, nous les formulerons toujours en énoncés faciles à retenir, susceptibles de vérification directe^ ne perdant jamais de vue qu^une hypothèse ne peut pas être vérifiée par ses conséquences. A ce titre, nous nous interdirons toute hypothèse portant sur l'infiniment petit, qui est par définition même l'insaisissable (lois difl'érentielles, ou hypothèses élémentaires) ; nous n'énoncerons nos inductions qu'en lois intégrales^ c'est-à-dire en lois concernant des grandeurs finies.

Ces inductions simples, nous devons les combiner^ car l'induction ne fournit guère que des lois qualitatives, ou, en fait de lois quantitatives, que des résultats simples, lels que la constance d'une grandeur mesurable par certains instruments, par exemple la

(*) A Tappui de celle assertion voir la Note sur un théorème d'électrostatique, placée à la fin de l'Ouvrage.

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