‹ Œuvres, tr (volume 2)Chapitre 86 sur 150 · I. Voyti les Notet marginales de Spinoza, noie · texte numérisé non relu

I. Voyti les Notet marginales de Spinoza, noie

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chapitre xm du livre I (vers, i) deShamuel, que Saûl régna deux ans ; mais ce texte est évidemment tronqué, et il résulte de l'histoire de ce roi qu'il a régné beaucoup plus longtemps. Pour s'assurer que le texte est tronqué effectivement, il suffît de ne pas ignorer les premiers rudiments de la langue hébraïque. Voici en effet les paroles de l'Écriture : Saûl était âgé de...y quand il commença de régner, et il régna deux ans sur Israël. Qui ne voit que U'âge de Saûl commençant son règne est omis dans ce 'passage ? Reste donc à prouver seulement, par l'histoire de Saùl, qu'il a régné plus de deux ans. Or, il est dit au chapitre xxvn du même livre (vers. 7) que David demeura tm an et quatre mois parmi les Philistins, chez qui il s'était réfugié pour se mettre à l'abri de la colère de Saiil. Il j faudrait donc, que le reste du règne de Saùl n'eût duré que huit mois, ce qui est absurde et hors de toute vraisemblance, du moins d'après Josèphe, qui, dans ses Antiquités (à la fin du livre VI), corrige ainsi le texte de l'Écriture : Saùl régna dix-huit ans du vivant de Shamuelet eux ans après sa mort. Ajoutez à cela que cette histoire du chapitre xm n'a aucun rapport à ce qui précède. Sur la fin du chapitre vu, il est dit que les Philistins furent débits par les Hébreux, de sorte qu'ils n'osèrent plus les attaquer tant que vécut Shamuel; et dans le xine, que les Hébreux furent tellement pressés par les Philistins (Shamuel vivant encore) et réduits aune telle extrémité fu!iis n'avaient plus d'armes pour se défendre, ni aucun moyen d'en fabriquer. On voit que ce ne serait pas une entreprise facile que de concilier tous les récits historique» du premier livre de Shamuel, et de les ajuster si Heu. l'un à l'autre qu'il semblât qu'une seule main les eût tracés et mis en ordre. Mais je reviens à mon sujet, ' et je conclus qu'il faut ajouter à notre compte les années fa règne de Saùl. On peut remarquer que je n'ai pas Compté non plus les années de l'anarchie des Hébreux ; e'est que l'Écriture n'en marque pas le nombre. Or, il est impossible, je le répète, de fixer la durée des événe-

mente qui sont racontés dans le fine des Juges à partir du chapitre xvn jusqu'à la fin. Tout cela prouve donc Ken qoe les récits historiques de la Bible ne sont pas réglés par une exacte chronologie et que, bien loin de s'accorder entre eux, fis contiennent souvent des choses trèsdiverses. D'où il faut conclure que ces récits ont été empruntés à des sources différentes, et enregistrés sans critique et sans ordre.

Il n'y a pas moins de désaccord dans la supputation des années entre les Chroniques des rois d Israël et celles des rois de Juda. Ainsi, il est dit aux Chroniques des rois d'Israël (voyez Bois, liv. H, chap. i, vers. 17) que Jehoram» fils d'Aghab, commença de régner la seconde année du règne de Jehoram, fils de Jehosaphat; et dans les Chroniques des rois de Juda (voyez ibid., chap. vin, vers. 16) que Jehoram, fils de Jehosaphat, commença de régner la cinquième année du règne de Jehoram, fils d'Aghab. Que Ton compare les Paralipomènes avec les Bois, on trouvera une foule de discordances semblables, et il n'est point nécessaire d'en faire ici le dénombrement, et moins encore de discuter les suppositions fantastiques des commenta* teurs qui ont voulu résoudre toutes ces contradictions. Sur ce point, les rabbins tombent dans un vrai délire. D'autres interprètes, que j'ai également lus, ne paraissent pas dans leur bon sens, tant ils corrompent le texte par les inventions les plus chimériques. Par exemple, on trouve , au livre II des Paralipomènes, qu'Aghasia était âgé de quarante-deux ans quand il commença de régner. Or voici les commentateurs qui imaginent de compter ces années, non point à partir de la naissance d'Aghasia, mais depuis le règne drHomri. Il faudrait donc, pour attribuer une telle pensée à l'auteur des Paralipomènes, supposer qu'il ne savait point dire ce qu'il avait l'intention de dire. Je pourrais citerbeaucoup d'autres imaginations de cette espèce, qui n'iraient à rien moins, si elles étaient vraies, qu'à faire croire que les Hébreux ignoraient leur propre langue, que l'ordre des événements était pour

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eux une chose inconnue , par conséquent qu'il n'y a aucune règle, aucune méthode pour interpréter l'Écriture et qu'on y peut voir tout ce qu'on voudra.

Quelqu'un dira peut-être que je raisonne ici d'une manière trop générale et que mes preuves ne sont pas suffi* santés; ma réponse, c'est que je prie qu'on veuille bien marquer un ordre déterminé dans les récits historiques de l'Écriture , de telle façon qu'on y puisse établir une exacte chronologie; je prie aussi qu'en interprétant les témoignages de l'historien et les mettant d'accord les uns avec les autres, on n'altère en rien les phrases et les tours dont il s'est servi, ainsi que la disposition et la contexture de ses récits, tout cela avec une si grande fidélité que l'on puisse prendre pour règle , en écrivant soi-même des' phrases hébraïques, la manière d'expliquer celles de l'Écriture ■ ; que si quelqu'un parvient à satisfaire à toutes ces conditions, je déclare que j'en passerai par tout ce qu'il voudra, et le regarderai comme un oracle. Pour ma part, j'ai cherché longtemps à réaliser le plan que je viens de tracer; mais j'avoue qu'il m'a été impossible d'y réussir. J'ajoute qu'il n'y a pas une seule de mes opinions sur l'Écriture qui ne soit le fruit d'une longue méditation ; et bien que, dès mon enfance , j'aie été habitué aux sentiments ordinaires qu'on a sur les livres saints, je n'ai pu m'empêcher d'être conduit à ceux que je professe actuellement. Mais il est inutile d'arrêter le lecteur sur de pareils détails et de l'exciter à entreprendre une œuvre impossible; j'ai voulu seulement expliquer plus clairement mon opinion en mettant la difficulté dans tout son jour. Je vais donc poursuivre l'examen que j'ai commencé de la destinée des livres de l'Écriture.

JD faut observer, en premier lieu, que les dépositaires de ces livres ne les ont pas gardés avec un tel soin qu'il ne s'y soit glissé aucune faute. Car les plus anciens d'entre les scribes y ont remarqué plusieurs leçons douteuses, et

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