Par là Propos
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parfaite, et on b6 peut pas mieux prouver qu'il n'existe qu'une substance unique» ce qui yeut dire, dans la langue de Spinoza 9 qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Mais regardez au corollaire de cette proposition incontestable. Voici ce que Spinoza en prétend déduire : c'est que la chose'; étendue et la chose pensa&te sont des attributs de Dieu ou des affections des attributs de Dieu , en d'autres termes, qu6 les corps et le» imes sont de purs modes dont Dieu est la substance.
U faut avouer que le passage est un peu brusque de cette proposition : il n'y a qu'une seule substance, qui, traduite en langage ordinaire, vent dire : il n'y a qu'un seul Dieu; à celle-ci : tout ce qui est, est un attribut ou un mode de Dieu. De quel droit Spinoza peut-il franchir cette distance infinie?
Plus d'un esprit sérieuK». déconcerté par ce mouvement imprévu et exi apparence dér^lé de la déduction, pourrait croire ici, ou bien que Spinoza raisonne mal et tombe dans quelque erreur logique, ou bien qu'il profite de l'ambiguïté du mot substance pour introduire le panthéisme à la faveur d'un malentendu.
Bkaà de tout cela n'est ùmié. Spinoza n'est point un .sophiste; c'est un esprit-parfaitement sincève et profond ^dément convaîaacu. Spinoza iraisoime avec une rigueur parfaite; mû» il ralsouDè sur cette donnée primitive : il n'y a que trois JS^rme» possibles de l'existence , ta Sobitaiice (c'esit-ànàire l'Élire csa Boi\f l'attribut, le mode. Ce sont là ses^ défiiiitîon«» cfeaM^îse ses principes; il; 8*j 2L]fgmB avec e<»fia]ieeu Or« il a été démcmtré que la Sitbataïuïe existe Qt qu'elle^ est uaifue. Il suit de là ri«> gfweasemeat que teut ce què n'est pas la Substance en est ipi atJRÎbut our %n modei. Et comnte il est clair que
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d'attributs; car suivant qu^une chose a plus de rëalHé ou d'<Hre, un plus grand nombre d'attributs lai appartiennent *. L*étre de la Substance étant infini, il est donc nécessaire qu'il s'eiprime par une infinité d'attributs; autrement les attributs de la Substance tomberaient sous la condition du nombre, du degré, du plus ou da moins, tandis que son être n*y tomboait pas, ce qui est coiitradic4oire.
Nous savons donc de science c»iaine et par la plus claire intuition que Dieu se développe en une infinité d'attributs qui expriment, chacun à sa manière, l'absolue infinité de son être ; et cependant, chose au premier abord inconcevable, nous n'en connaissons véritablement que deux, savoir, FÉtendue et la Pensée. De sorte qu'après avoir dit : Dieu est> il est l'Ét^idae, il est la Pensée, notre science positive de Dieu est épuisée. L'homme peut approfondir à Vinfini cette triple connaissance, mai» il est dans une impuissance élemelle if rien ajouter, et mille gênémlions de plùlosoplies ae dmsumer«Àimt en vaia pour dépasser d'une ligne ce cerde &lal où uiou» eufenne rkrêYiKaUe condilMiB db iMlie nature.
Au\ esprits soperficiris w>tre science 4e Km puatt infiittHfeeia plus ficlML Xoias pou^HMusdfate,. eneflét.qu» Di^ possède Têlenùlê^ rinoautiàbiliiê,. rncU^îiê, bcansalite. U puiâsuce> et ainsi d# snitew Unis Téteinlé de k Substance» cma son ejubtenee eO^nten» cm lait quelle KesuUe de son essence^; ear it ns4 clair «Twa^ telle exiâtetice ue peut s'êlendre dans^ la durée ' bki
que Ton conçoive la durée sans commencement ni fin ^ « Il n*y a, dit Spinoza, que Texistence des modes qui tombe dans la durée; celle de la Substance est dans l'éternité , je Teut dire qu'elle consiste dans une possession infinie de Tétre (e$9êndi), »
L'immutabilité de la Substance, ce n'est encore qoe 4a Substance elle-même, en tant que son existence et son essence sont une seule et même chose; d'où il suit iapàe si la Substance subissait quekfue altération dans son existence, elle la subirait aussi dans son essence, ce •^ui taûj^lîqoe ^
L'Acimié, la Caasalité, la Puissance de Dieu, c'est tout m, et tout cela c'est toujours son essence \ De la seule nécessité -de l'essence divine, il résulte en effet que Diea est cause de soi ' et de tontes choses ^. Donc la («issafiee de Dieu, par lafquelle toutes choses existent «et agiasent, est l'ess^iee même de Dieu.
& suit de là que ncitre science de la nature divine, suivant Spinoza, est contenue tout entière dans ces trois propositions :
Dieu est l'Existence absolue, ou, ce qui est la même etiose, l'Activité ou ki Liberté absolues*.
Dieu est l'Étendue absolue*
Dieu est la Pensée absolue.
Ce n'est point chose aisée qvbs de bien entendre Spi-
1. Sur le rapport de Tétemité à la durée, voyez une fort belle lettre de Spinoza k Louis Meyer, tome III, page 38^ et sdy. — Coœp. Plotm, Ennéades^ Itl, liwe VU.