Par la Propos. 1 6, part. 1 , et son Coroll
6. Pour ridentité de T Activité et de la Liberté, voyez Éthique, part, l, Défin. 7, et Propos, i 7, avec ses Coroll. et son Schol.
noza sur ces trois grands objets, l'essence, retendue ^ la pensée de la Substance.
Si l'essence de Dieu, prise en soi, s'exprinae, se dér^ loppe par une infinité d'attributs, et d'un autre côté, t nous ne pouvons connaître positiyement que deux d ces attributs, l'Étendue et la Pensée, nous ne connaig sons donc qu'infiniment peu l'essence de Dieu, et cet( connaissance misérable s'évanouit et s'efface entièremeo devant l'idéal d'une connaissance pleine et absolue d'une connaissance véritable de l'essence divine.
Ce n'est point ainsi que Spinoza entend les choses. ] convient que nous ne connaissons qu'infiniment peu le attributs de la Substance infinie, puisque nous n'en pov vous atteindre qu'un certain nombre, et qu'elle ei possède un nombre innombrable, une infinité. Mais i soutient que nous concevons parfaitement, que nou comprenons dans son fond, que nous connaissons enfii d'une connaissance adéquate l'essence de la Substance ' Comment, en effet, savonsnnous que la Substance a uni infinité d'attributs? parce que nous voyons clairemen et distinctement son essence qui les contient. A quelli condition mesuronsHoous la différence infinie qui sépara notre science des attributs de Dieu, de l'idéal de cett< science? à condition de comprendre qu'il y a un idéal c'est-à-dire à condition de comprendre que l'essence d( Dieu enveloppe une infinité d'attributs, c'est-à-dire enfii à condition de comprendre cette essence. Oui, il exista un abîme entre le néant que nous sommes et l'Être qu nous contemplons. Cet abîme infini confond et accabl notre nature; mais elle se relève en le mesurant.
i. Jk rjtÊt, Propos. 47.
Si nous avons une connaissance adéquate de l'essence de Dieu, aussi bien que de l'étendue et de la pensée divines, il est donc possible de définir la nature de ces 'trois choses et d'en marquer les rapports; mais c'est ici qu'il est surtout difficile et nécessaire d'aller au fond de la doctrine de Spinoza.
Spinoza déclare positivement que Dieu est absolument indivisible, aussi bien dans ses attributs que dans son essence * ; d'où il suit évidemment, et c'est encore sa doctrine très-positive et très-expresse *, que Dieu est incorporel.
Or, si Dieu pris en soi ne souffre aucune limite corporelle, il doit être également afiranchi de toute limitation intellectuelle. Supposer en Dieu un entendement et une volonté, même infinis, ce n'est pas moins absurde que d'y supposer du mouvement ; dans les deux cas on dégrade également la majesté de la nature divine \ L'entendement, en effet, et la volonté, même infinis, sont des modes de la Pensée *, comme le mouvement et la figure sont des modes de l'Étendue. Dieu en soi n'a donc ni corps, ni entendement, ni volonté*.
La science de Dieu, suivant Spinoza, aboutit donc à ce triple résultat :
Dieu est étendu, et toutefois incorporel.
Dieu pense, et il n'a pas d'entendement.
Dieu est actif et libre, et il n'a pas de volonté.