‹ Œuvres, tr (volume 3)Chapitre 35 sur 101 · D« i)teu^ Propos · texte numérisé non relu

D« i)teu^ Propos

parla nécessité de son système, à établir des intermédiaires entre les attributs de Dieu et les choses. Considérez, par exemple, l'ordre des choses dans le développement de la Pensée : la pensée absolue, la pensée de Dieu, a Dieu seul pour objet ; c'est le degré le plus élevé, la fonction la plus tiaute de la Pensée. Allez maintenant aux degrés les plus inférieurs, vous y trouvez les âmes. Or, les âmes, ce sont les idées. Mais toute idée particulière a un objet particulier. Pour Spinoza, l'objet propre de chaque âme, c'est le corps auquel elle est unie. ïi y a sans doute un nombre infini d'âmes, comme il y a un nombre infini de corps; mais ni les déterminations particulières de la Pensée ni la pensée absolue n'épuisent l'être de la Pensée. Ainsi la Pensée implique l'idée de Dieu; Vidée de Dieu implique l'idée de chacun des attributs de Dieu. Or, toutes ces idées diffèrent essentiellement et de la pensée en soi et des déterminations limitées de la Pensée. U^idée de Dieu, en effet, n'est point la pensée en soi, mais la première de ses manifestations. La pensée en soi est absolument indéterminée ; l'idée de Dieu est déjà déterminée en quelque façon. D'un autre côté, l'idée de Dieu est étemelle et infinie : infinie, careHe comprend toutes les autres idées; étemelle, parce qu'elle est une émanation parfaitement simple et nécessaire de la pensée divine ; elle ne peut donc être coûfefldue avec ces idées changeantes et finies qui composent tes âmes.

Maintenant, de l'idée de Weu, qui émane immédiate- Dient de la pensée divine, Spinoza fait immédiatement émaner certaines modifications également éternelles et ^finies ; et je crois entrer dans son sens en citant pour exemple , l'idée de J'élendue de Dieu. CdVe v^è^^ ^^\»

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simple, par conséquent étemelle; elle est infinie, car elle comprend toutes les idées qui correspondent à tous les modes de l'étendue infinie. Et elle n'est pourtant pas une immédiate émanation de la pensée divine ; car l'idée de l'étendue de Dieu implique immédiatement l'idée de Dieu, et d'une façon seulement médiate la pensée divine.

Je ne sais si je me trompe et si l'interprétation que je vais proposer d'un des points les plus importants, les plus obscurs, et jusqu'à présent les plus inexplorés de la doctrine de Spinoza, ne paraîtra pas téméraire. Quant à moi, après un sérieux examen, je persiste à la croire vraie, et je ne dissimule point que je la propose ici avec quelque confiance.

Dieu et ses attributs infinis, la Pensée et l'Etendue, avec tous les autres attributs en nombre infini inconnus à nos faibles yeux, voilà la nature naturante. Quel est le premier degré de la nature naturée? dans l'ordre de la pensée, c'est l'idée de Dieu ; Spinoza le dit expressément '. L'idée de Dieu n'est pas l'idée de la Substance; car alors elle se confondrait avec la pensée infinie et ferait partie de la nature naturante. La pensée infinie n*est pas une idée, elle est le fond de toutes les idées; elle est absolument indéterminée, et n'a pour objet que l'Être absolument indéterminé, la Substance. L'idée de Dieu est donc Tidée des attributs de Dieu. On s'explique ainsi que Spinoza en fasse la première émanation de la Pensée ; car ce que la pensée de la Substance implique immédiatement , c*est Fidée des attributs de la Substance. On s*e\plique également que Tidée de Dieu ap-

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