‹ Œuvres, tr (volume 3)Chapitre 37 sur 101 · De Dieu, Propos · texte numérisé non relu

De Dieu, Propos

lêê fertstÀions de la Sabdioiee, dte doit se comprendre eUerméme ; ear elle est eUe-utoe une perfeciion de U Substance. La pensée absolue se panse dooc eUe-m^ei et il y a par conséquent une idée d^ la Pensée.

VoiU les deux seules idées que nous conDaissioo^ positivement « de toutes eelles qui sont comprises m nombre infini dans Tidée de I>i^u.

MaÂntenant que caniiesA chacune de ces idées de chacun des attribuas de Dieu, par exemple, l'idée de rÉtendue ? elle comprend les idées de toutes les modalités de retendue. Or qu'estnce qu'une modalité d$ l'Étendue? c*est une ftme, une âme particulière jointe i un eorps particulier. Vidée de l'Étendue enveloppe doue toutes les âmes ; elle est donc, à la lettre, l'âme du mondu corporel. C'est une âmo universelle, conçue à la faç<» des Alexandrins, dont toutes les âmes particulières soot des émanations. C'est im océan infini d'âmes et d*idées. Chaque idée, chaque âme est un fleuve de cet océap; chaque pensée en est un flot.

Mais ce n'est pas tout, et les analogies du monde d^ r Ethique et de celui des ennéades ne s'arrêtent pas là.

L'idée de l'Étendue est YiLpae du monde corporel ; matf l'idée de l'Étendue est ellermôme une émanation partie culière d'un principia qui en eoutieut une infinité , un fleuve d'un océan plus vaste. L'idée de l'Étendue est enveloppée avec l'idée de la Pensée, avec u»^ infinité d'idées du même degré, dans l'idée de Dieu. L'idée de Dieu n'est plus l'âme de l'univers que nous connaissons; elle est l'âme ie cette infinité d'univers qu'eufante sans casse l'incompréhensible fécondité de l'Être. Elle est vraiment l'âme du monde, en prenant le monde dans ce sens étendu où l'univers infini que nous connaissons,

l'univers des âmes et des corps, de la matière et de Tesprit, se perd comme un atome imperceptible

Que cette conception de Tordre de choses élève notre âme et à la fois confond notre faiblesse I Que sommesnous? une âme jointe à un corps. Cette âme se connaît un peu elle-même et connaît un peu le corps auquel elle est unie, et par suite, mais déjà beaucoup moins, les corps qui peuvent agir sur le sien. Voilà le cercle de nos connaissances. Mais cet univers borné que nos sens nous font voir et où nous occupons si peu de place ^'e&i qu'un point dans l'univers infini des corps et des âmes Eh bien ! cet univers lui-même dont l'infinité nous passe , que nos sens ignorent , que notre raison conçoit mais sans l'embrasser, cet univers infini se réduit lui-même à une infinie petitesse, quand on songe qu'il n'est qu'une partie d'une infinité d'univers semblables qui se développent à côté du nôtre en une infinité de modifications. L'idée de l'Étendue enveloppe notre univers; mais elle-même est enveloppée par l'idée de Dieu, qui contient tous les univers possibles. Et Dieu enfin enveloppe ce nombre innombrable d'univers dans sa Pensée et sa Pensée elle-même dans sa Sul)slance, dernier fond qui contient tout, foyer primitif d'où tout rayonne, inépuisable océan où tout s'alimente, profond deur insondable que la pensée humaine adore en s'y abîmant.

De l'univers des corps. — De V univers des âmes, — De r union des âmes et des corps,

^'àire absolu est identique à l'acUvilé a\>ç>o\w^. ^\x^..

pour Dieu, c'est agir; agir, c'est produire; produire, c'est parcourir et remplir tous les degrés de l'existence.

Dieu produit d'abord la Pensée et l'Etendue, qui résultent immédiatement de son essence. De la Pensée et de l'Étendue découlent éternellement des modes infinis qui contiennent en soi d'autres modes, infinis encore, mais d'une perfection inférieure; car ce qui fonde et mesure la perfection d'une chose, c'est le rapport plus ou moins immédiat qui l'unit à l'être. Enfin, au-dessous de ces émanations successives qui enveloppent l'univers comme des sphères concentriques de grandeur proportionnellement décroissante, s'agite la variété infinie des êtres mobiles, les âmes et les corps. Dans cette région inférieure , les âmes composées d'idées claires et distinctes occupent le premier rang. Elles correspondent à des corps plus parfaits que tous les autres, d'une organisation plus riche et plus variée. Viennent ensuite aux divers degrés de l'échelle infinie, ordonnés suivant leurs rapports de perfection , unis par une loi nécessaire de correspondance, des âmes de plus en plus obscurcies, des corps de plus en plus simples , et ce progrès n'a d'autres limites que celles du possible; car il y a delà place dans l'univers pour tous les degrés et toutes les formes de l'existence. Les êtres les plus humbles sont bons encore, parce qu'ils sont , et si chétifs qu'on 1^ suppose, ils représentent pourtant à leur manière, selon leur nature et leur fonction, la perfection absolue i® l'être.

rarnoDUCTioir. 93

§ * De Vunivers des corps.

Spinoza définit un corps en général : un mode qui ex' prime d^une certaine façon déterminée Vessence de Dieu, en tant que Von considère Dieu comme chose étendue • .

Il y a deux parties dans cette définition : Tune qui est commune à Descartes, à Malebranche, à Fénelon, à Spinoza, en un mot à toute Técole cartésienne ; Vautre qui appartient en propre à Fauteur de V Éthique, et qui fait le caractère original de sa théorie de la nature. Tout corps, dit Spinoza est un mode de retendue ; jusque-là il reste fidèle à Descartes. Mais il ajoute : un mode de retendue divine. Ici le disciple se sépare du maître, ou s'il lui reste fidèle encore, c'est d'une tout autre façon.

Suivant les cartésiens , toutes les qualités des corps peuvent se réduire à quatre : retendue, la figure, la dit visibilité, le mouvement. Tout le reste, le chaud et le fc- froid, la mollesse et la dureté, la saveur, le son, la couèî leur, n'existe que dans la sensibilité humaine. Ce sont i ^ des images ou des impressions que le vulgaire, dupe des t^' illusions des sens, répand sur les objets extérieurs, mais s -^ qui, séparés de l'âme, n'ont aux yeux des philosophes ot' qu'une réalité fantastique ^ Or, qu'est-ce que la figure? ^' une limitation de l'étendue. Qu'est-ce que la divisibilité? ^e suite nécessaire de l'étendue. Qu'est-ce enfin que le Diouvement? un changement de rapports dans l'étendue.

'• Éthique, part. 2, Définition t.

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