‹ Œuvres, tr (volume 3)Chapitre 40 sur 101 · De l'Ame. Lmmw 3. «près U Vi^fos. ti · texte numérisé non relu

De l'Ame. Lmmw 3. «près U Vi^fos. ti

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IRTBODCCTION. 101

vers des âmes, tout s'y doit expliquer par des idées*. On demandera : quel est doncle premier mouvement? Spinoza répond : il n'y a pas de premier mouvement, J pas plus qu'il n'y en a de dernier. La durée, dans son écoulement infini du sein de l'éternité, forme une série où chaque instant suppose celui qui précède et est supposé par celui qui suit, sans commencement ni fin. De même l'étendue, immobile en soi, se développe dans le temps par une mobilité inépuisable.

Est-ce à dire que dans ce progrès à l'infini Dieu soit absent ou inutile? Mais ce progrès étemel est celui de Dieu même; car c'est le progrès d'une activité infinie qui, dans l'ordre de l'étendue comme dans tous les ordres d'existence , sort de l'immobilité de son essence étemelle et abstraite pour se réaliser successivement en traversant tous les degrés d'une mobilité sans terme.

C'est ainsi que Spinoza se représente la nature. Elle forme une existence pleine et indépendante, une en soi et enveloppant toutefois une diversité infinie. Et il n'y a point là de contradiction. Qu'est-ce, en eflet, q\v constitue l'unité d'un être corporel? qu'est-ce qui en constitue la variété? Considérons le§ composés les plus simples, par exemple un minéral. Ce minéral n'existe, comme individu, qu'à une condition, c'est qu'il y ait un rapport constant entre le mouvement et le repos de ses parties. Mais cette condition suffît. Retranchez, en effet, d'un tel individu un certain nombre de parties, mais faites qu'elles soient remplacées simultanément par un nombre égal ^6 parties de même nature, il est clair que cet individu conservera sa nature primitive, sans que sa forme, son

^. De l'Ame, Schol. de la Propos. 7.

que ceux qui se peuvent concevoir par les rapports de mouvement qui existent entre la lymphe, le chyle, etc.; et de cette façon le sang devra être toujours considéré, non comme une partie, mais comme un tout. Or, comme il existe en réalité beaucoup d'autres causes qui modifient les lois de la nature du sang et sont à leur tour modifiées par elles, il arrive que d'autres mouvemaits, d'autres changements se produisent dans le sang, lesquels résultent, non pas du seul rapport du mouvemait de ses parties entre elles, mais du rapport du mouvement du sang à celui des choses extérieures ; et de cette façon le sang joue le rôle d'une partie, et non celui d'un tout.

« Je dis maintenant, ajoute Spinoza, que tous les corps de la nature peuvent et doivent être conçus comme nous venons de concevoir cette masse de sang, puisque tous les corps sont environnés par d'autres corps et se déterminent les uns les autres à l'existence et à l'action suivant une certaine loi, le même rapport de mouvement au repos se conservant toujours dans tous les corps pris ensemble, c'est-à-dire dans l'univers tout entier; d'où il suit que tout corps, en tant qu'il existe d'une certaine façon déterminée, doit être considéré comme une partie de l'univers, s'accorder avec le tout et être uni à toutes les autres parties. Et comme la nature de l'univers n'est pas limitée comme celle du sang , mais absolument infinie, toutes ses parties doivent être modifiées d'une infinité de façons et souffrir une infinité de changements en vertu de la puissance infinie qui est en elle. »

A côté de cet univers infini des corps se développe l'univers infini des âmes et une infinité d'autres univers.

INTHODUCTIOIÎ. 105

La Pensée est donc aussi un individu infini, immobile en soi dans la variété infinie de ses parties, parce qu*une même loi les enchaîne toutes dans un rapport éternellement subsistant.

Or, ces individus infinis d'eux-mêmes, la Pensée, l'Étendue, ne sont point isolés. Un même rapport les relie et les maintient. Ce sont des parties infinies d*un seul individu infiniment infini : unité suprême qui enveloppe toute variété , maintient tout rapport , produit toute harmonie, identité incompréhensible où les corps et les âmes, la pensée et l'étendue, le réel et Tidéal, en un mot toutes les formes et tous les degrés de Texistence viennent se pénétrer et s*unir.

§2. De f univers des âmes.

Pour Spinoza, comme pour Descartes, l'essence de l'âme, le fond de l'existence spirituelle, c'est la pensée; la sensibilité, la volonté, l'imagination, n'étant que des suites ou des formes de la pensée. L'âme est donc, aux yeux de Descartes, une pensée. Spinoza ajoute qu'elle est une pensée de Dieu, et par là il donne à la définition cartésienne de l'âme, soit qu'il l'altère, soit qu'il la développe, une physionomie toute nouvelle.

La pensée divine, étant une forme de l'activité absolue, ne peut pas ne pas se développer en une suite infinie de pensées ou d'idées ou encore d'âmes particulières. D'un autre côté, il implique contradiction qu'aucune idée, aucune âme , en un mot, aucun mode de la Pensée puisse exister hors de la Pensée elle-même; tout

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ce qui pense, par conséquent, à quelque degré et ^ quelque façon qu*il pense, ea d'autres i^mes toute âme est un mode de la pensée divine, une idée de Dieu.

Or, qu'exprime cette suite infinie d'âmes et d'idées qui découlent éternellement de la pensée divine? eUf exprime l'essence de Dieu. Mais le développement islw de la nature c^poreUe exprime-4-il autre chose (fin l'essence infinie et parfaite de Dieu? L'Etendue exprii«< sans doute l'essence de Dm» .d'une tout autr<e laoc^tt-fM ne fait la Pensée, et de ià la ài^r^n^ nécesid^i^ 4! ces deux choses; mais elles expriment tauitcis dç^x^lfl même perfection, la même iufioitéj ^t delà leur rappoil nécessaire.

Par conséquent, à chaque mode de l'étendue divine doit correspondre un mode de la pensée divine, et, comme dit Spinoza, Tordre et la connexion des idées est le même que l'ordre et la connexion des choses^ De plus, de même que l'Étendue et la Pensée ne sont pas deux Substances, mais une seule et même Substance coDr sidérée sous deux points de vue , ain&i un mode de l'Étendue et l'idée de ce mode ne sont qu'une seule ^ même chose exprimée de deux manières différentes. fti( exemple, un cercle qui existe dans la nature et l'id* d'un tel cercle, laquelle est aussi en Dieu, c'est uneseoU et même chose exprimée relativement à deux attributo différents'. « Et «'est là, ajoute Spinoza*, ce qui paraît

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