Ibid., Propos. 21 et son Schol
Théorie de V Entendement.
L*&me humaine est une idée, Tidéedu corps humain.En tantqu*idée, Tàmese connaît elle-même; voilà la codscicncc. En tant qu'idée du corpshumain, Tâme connaît le : corps humain ; et comme les modifications du corps humain enveloppent la nature des corps extérieurs, l'idée iiu corps humain enveloppe la connaissance des autres corps ; voilà les sens , ou , comme dit rÉcole écossaise, la perception extérieure*. Or les impressions des corps étran^rs laissent des traces dans le corps humain, qoi subsistent mt^me quand ces corps étrangers sont absents ou détruits, de sorte que Tàme peut se les représenter; voilà rimafnuatiou'. Enfin ces traces sont liées entre elle», dans Tàme ccanme dans le corps, suivant le même onlre que le$ impressions primitives qui les ont produites; vv>ilà la mênK^r^ el FassociatiiHi des idées*.
La e\>u cietK^. le$ sens, rima^ination, la mémoire, r;à$$oci;àUv^ v)e$ idées, loul cela n^esl que la partie la |4u$ humMe de l iutdOU^exice humùie. Cesl la r^oo de lVa?j^<f«ivv r«i^^« ile$ idées obscures et c<Mifuses, de h |Vj^\iU^ el vW lerreur.
V'jUVK^ huttt^u^v eu eflét. ne eoujuail pas immédiateu^eul W cv>ir(>$ htt£uuùu\ elle u'eu vHMttiil que les afièc- Ik^u^ (^)ar cvtfu^e^Uietti Tilitte ttomoiiiie ne se perç<Nt pas eUe^tt)^^«iK^ vl\ujte w^wÙ!^ ioducttt^&ifie. mais seulanent
în tant qu'elle a l'idée des affections du corps humain '. Enfin Tâme ne perçoit aucun corps extérieur que par 'idée des affections de son propre corps*. Or les idées imnédiates sont seules claires et distinctes. Nous n'avons lonc aucune idée claire et distincte, aucune idée adéipate, ni de l'âme, ni du corps humain, ni des corps extérieurs.
Tel est l'état de l'âme humaine, tant que son activité ne s'est pas encore déployée; telle est la misérable condition où s'ensevelissent pour jamais les âmes vulgaires, toojoars emportées par le flot mobile des sensations et des images, n'ayant de leur corps et d'elles-mêmes qu'un sentiment confus, ignorant Dieu, pleines de ténèbres et de hasard.
Et toutefois l'âme humaine n'est pas faite pour les ténèbres, le sommeil et la mort, mais pour la lumière, l'activité et la vie. Elle est une idée, une idée de Dieu ; elle est destinée à penser, à comprendre, à vivre en Dieu. Comment s'opère cette merveilleuse transforma- Bon qui rend l'âme à elle-même et à sa véritable des-
L'âme humaine perçoit les affections du corps humain et celle des corps étrangers, et cette perception passive est complexe, variable et fugitive comme son objet. Mais qu'est-ce que les affections des corps et les corps euxmêmes? des modalités de l'Étendue. Toute affection corporelle est donc dans l'Étendue et la suppose, comme l'effet suppose la cause, comme le mode suppose la substance. Par conséquent toute idée d'une affection corpo-
J- ^e VÀme, Propos. t3.
-• ^f>id.^ Propos. 26.
130 ncTiLODiicnûiL
relie enveloppe le concept deTÉtendue. Maintenant toute idée, en môme temps qu'elle est Tidée d'un objet, esl aussi ridée de soi-même. Or, qu'estrce qu'une idée? \m modalité de la Pensée. Toute idée est donc danslaPeor sée, la suppose, et en tant qu'elle a conscience de sot même, elle en enveloppe le cojucept. Voilà deux coft* cepts dans Tâme, celui de l'Étendue et celui delà Pensée. Or FÉtendue et la Pensée sont dans la Substasie; d'où il résulte que le concept de l'Étendue et celui (k la Pensée enveloppent le concept de la Substance. Là s'l^ rête nécessairement le progrès de lac<mnaissance ;paica que la Substance étant conçue par soi, il n'y a pas, il ne peut y avoir de concept plus élevé.
Ainsi donc toute affection corporelle , si grossièn qu'elle puisse être, enveloppe en son idée le concept sublime de la Substance, et la plus humble, la plus obfi^ cure, la plus fugitive de nos p^c^iims, développée et éclaircie, contient Dieu'.
Or, dans ce rapide élan qui transporte une ime libtt de la ré^rion des choses qui passent au soounet le ploi élevé de Vordre intelligible, Vâme n'est plus déterminés extérieurement et par le concours fortuit des choses à peixevoir tel ou tel objet; elle est déterminée iatérieure- | ment à la connaissance, elle s\ détormine elle-même^ \ Cest du sehi de sa propre nature, c*est da fond de soa essence que les idées naissent et se développent; c'al une nécessité absolue. iuhén»ite à la pensée même, qé conduit Vàme, suivant une ligne inflexible, à travers les degrés de Vordre des choses» jusqu àleur éternel prift-
IHTRODtCTTOlf. 431
ipe. L*âme est donc essentiellement active dans Vintuion intellecttiene, comme elle est essentiellement pasve dans la perception, et cette activité nécessaire étant essence de la liberté, il s'ensuit qu'esclave par ses senations, l'âme n*est libre que par ses concepts.
Maintenant que représente toute intuition sensible? n corps, c'est-i-dîre un mode de l'Étendue, composé, viable, déterminé au mouvement ou au repos par d*auics modes variables et composés de l'Étendue, qui euxmêmes en supposent d'autres encore dans un progrès à lîafiiii'. Et qu'est-ce que Tintuition sensible elle-même? me idée aussi variable, aussi composée que son objet, n mode de la Pensée déterminé par d'autres modes Dtérieurs, qui sont déterminés par des modes noueaux, et toujours ainsi sans terme et sans repos. De là i confusion nécessaire de ce genre inférieur de connaisrnce , par suite l'erreur, qui a sa source dans des idées mfuses , et par suite encore le mal, dont la racine est ans l'erreur.
Considérez au contraire les objets de l'intuition intelctuelle : la pensée absolue, l'étendue infinie, la Subsnce, l'Être, la Perfection, objets étemels, simples, imluables, existant en soi, conçus par soi, ne supposant en au delà de soi. De là la clarté de ce genre sublime 3 connaissance, et ces idées distinctes, lumineuses, adéaates, où l'âme se repose en toute sécurité, idées fé- )ndes qui engendrent d'autres idées', et augmentent ms cesse notre activité, notre perfection, notre bonsur.