‹ Œuvres, tr (volume 3)Chapitre 50 sur 101 · De l'Ame, Coroll.^de la Propos · texte numérisé non relu

De l'Ame, Coroll.^de la Propos

tix points les plus essentiels et les plus profonds de la octrine de Spinoza, et notamment à toute sa théorie de Tîeen Dieu et de l'immortalité de FAoïe*.

Si nous entondcms bien Spinoaa, Tâme humaine doit re eirrisagée sons deux points de vue, parce qu'elle a mx rapports essentiels , l'un au monde et au temps, itttre à Dieu etàrétemité.

Envisagée dans son rapport à Dieu, Fâme est un mode iemel de la pensée di\ine ; son existence est parfaite en oî et immuable; c'est uneidée de Dieu, claire, distincte, défsate, exempte de changement et d'erreur. Hainte- M considérez l'âme, ncm plus dans l'éternité, mais IBS le temps, non plus ai Dieu, mais dans le monde : tme est l'idée du corps humain. Or le corps humain [ un être composé d*une infinité de parties, et luibne est une partie d'un tout infiniment composé: iites ces parties dépende l'une de l'autre, se déterkueftt l'une l'autre, agissent et pâtissent d'une infinité ! façons. L'idée du corps humain est aussi un être com* tté et dépendant comme son objei. Elle compj*end une finité d'idées particulières; et elle-même est uaie pari de l'univers infini des idées, où, comme dans l'uni- 1rs des corps, toute partie est liée aux autres parties, ^ sur elles et en reçoit Faeticm.

L'âme humaine ainsi envisagée est pleine d^obscurité, & confusion et d'erreur. En efEét, la suite des idées est

i . Spinoza sentait lui même que ta doctrine aurait bien de la peine à se faire 'Biprendre et accepter. Il s'interrompt, contre son usage, pour exhorter ses leçon à la patience :

« Ici, dit-ii (Schol. de la Prop«k 12, ptrt. S), les lecteurs vont sans do«te être ^tés, et il leur viendra en mémoire mille choses qui les «oipècheroBt d^avancer ; ^t pourquoi je les prie de poursuivre lentement avec moi leur chemin^ et de ''Pendre leur jugement jusqu^à ce qu*ils aient tout lu, ■

infinie dans la durée, et Fâme humaine ne remplit qa'uD point du temps; l'univers des corps n^a pas de bornes, et l'âme humaine n'est que l'idée d'un certain corps; elle ne peut donc connaître l'univers que de son poot de vue, c'est-à-dire d'un point de vue très-particulieré très-déterminé.

Il y a donc dans l'âme deux modes d'existence, etpo» amsi dire deux vies : une vie en Dieu, vie étemelle el parfaite, et une vie temporelle, pleine de misère, d'i reur et d'imperfection. De là deux ordres de faculUl dans l'âme : celles qui se rapportent au monde, facullà passives, qui n'embrassent les choses que d'une manièn partielle et déterminée; celles qui se rapportent à Ko, facultés essentiellement actives et capables d'embrasser leurs objets avec plénitude*. L'imagination, les sens, h mémoire, perçoivent les choses dans la durée comffli contingentes ; mais la raison conçoit les choses comiM nécessaires S et il est de sa nature d'apercevoir touscîi objets sous la forme de l'éternité*.

De là ce beau théorème de Spinoza, justement adnûrf de Schelling :

« Notre âme, en tant qu'elle connaît son corps et sw* même sous le caractère de Vétemité, possède nécessairetntu^ la connaissance de Dieu, et sait quelle est en Dieu et estdf^ çice par Dieu*.:»

Maintenant comment s'opère le passage de la vie éte^ nelle de l'âme à la vie temporelle et imparfaite? quel est le nœud de ces deux existences ? L'âme humaine comiD*

1 . Éthique j part. 5, Coroll. de la Propos. 40. î. De lAme, Propos. 44.

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