I. Spinoza à Blyenbergh, tome III, pag
S. SpiruKa à Oldenburg, tome III, pag. 370.
HITRODUCTION. i6t
de modérer et de contenir ses passions. En effet, rien n'est compris dans la nature de chaque chose que ce qui résulte nécessairement de la cause qui la produit \
Voici enfin un dernier passage où éclate avec plus de force encore la dureté de cette philosophie sans entrailles, d'où la Providence est exilée et qui laisse l'âme faible dans un désespoir étemel de se relever de son abaissement et de fléchir une nécessité inexorable :
« Voulez- vous dire, répond Spinoza à Oidenburg qui le presse, que Dieu ne peut s'irriter contre les méchants, on bien que tous les hommes sont dignes de la béatitude? Dans le premier cas j'accorde parfaitement que Dieu ne s'irrite en aucune façon et que tout arrive suivant ses décrets, mais je nie qu'il résulte de là que tous les hommes doivent être heureux ; car les hommes peuvent être excusables, et cependant être privés de la béatitude et souffrir de mille façons. Un cheval est excusable d'être un cheval, et non un homme; mais cela n'empêche pas qu'il ne doive être un cheval et non un homme. Celui à qui la mordre d'un chien donne la rage est assurément excusable, et cependant on a le droit de Vétouffer, De même, f homme qui ne peut gouverner ses passions ni les contenir par la crainte des lois, quoique excusable à cause de l'infirmité de sa nature, ne peut cependant jouir de la paix de Pâme ni de la ymnaissance et de l'amour de Dieu, et il est nécessaire qu'il Térisse^.^i