‹ Œuvres, tr (volume 3)Chapitre 61 sur 101 · De l'Esclavage, Défia · texte numérisé non relu

De l'Esclavage, Défia

iC6 nrrBODucnoff.

le violatewr de ses serm^ts plus de donniiage que de profit '. 3

Voilà les prhidpes d^ÉiMCCHre et de Hcdbbes dans: tonte leur nnditë, dans tout leur excès. Maie sait-on quelles conséquences Spinma v&wi en éédairef ^inoza n*aspire qu'à un seul b«t dans tonte sa morale et dans tonte s» phrifeseplûe : e^est de prouver que Famour de Dieu est la règle snpréme de l'activité de Fhomme, comme l'idée de Bien est ki règle supréfae de son intelligence. De sorte que sa doctrine morale se présente à nous jusqu'à ce moment sous la fiQvmela plus étrange^ et il semble qu'il se soit fait un jeu d'y réunir toutes les cooti'ardictions. Commcant comprendre &k effet que cet exact et rigoureux Ic^cien, après avoir nié d'une mârnière si absolue le Ufere sffbitre, accorde à l'homme le pouvoir de régler sa destinée, et Êsisse succéder à ce même livre de VÉthiquer ou il a décrit d'un: pincean si sévère et si rude l'esclavage de l'homme, un autre livre où il le convie à la liberté? D'un autre côté,, est-il possible de concevoir qu'après avoir égalé l'appétii brutal à la raison épurée, la folie à la sagesse, le vice à la rertift, après avoir tout rendu légitime, le parjure et le mensonge, Texiaravagance et le crime,^ Spîiioza nous impose au nom de la raison le respect du serment, l'amour de nos frères, la vie la plus austère et la plus pure, et cet amour de Dieu, aliment des âmes saines, source ds toute vertu et de toute félkUé, terme siq)réme de nos désirs?

Qui résoudra ces contradictions? Spinoza l'a essayé; suivons-le dans cette étrange entreprise.

t. Traité thiologieo^Utiqw^ ch. zri.^Comp. Traité poliUqne ch. ii, § 11.

De Tamottr de Dieu.

Fataiirie ahsohi, S^kioeaiie pouvait admetoe les idées de bie« et 4e mal, de perfeciÂOQ et d'iiB|i«rfection, prises m sens saoral qiiie leur doaae la conaeience du genre baioaÎB ; mais ai Y<m coofiddère ces idées , abstraction &ite idtt Ikbre asbitre et <ie la responsabilité hiafnaîne , n on ies yasmà au aens purement métaphysique , je ne vois rkn dans le syirïème de Spmosa ^ dûtt'enïpécher de les neconfiadUce : itout au contraire , je les trouTe au fond de sa Maorie de VJboiaine et de toute sa métaphy> ai^ueu

fiien^ suii'a»! Spinoza, est l'Êb» parfait. En /fuoi consiste sa perfection ? dans Tinfinité de son être. Les aMribute-de &em jont aussi des -ebottes parfaites. Pourquoi €ela? pavo&iqtt'àsie oonsèdérer «que le genre d'être qui kiir apfiartie»!, rien ne mampie à leur plénitude; mars ûiXà les «oaqpûBe à f êtne en soi , lesr perfection , tout «mprdUKtéet^doQte reiatiiie, s'éclipse dev»it la periectkm ûÊBLODiée. €e nombre infini de anodes qwi émanent des divans ateiilMits ne cmittent qu'une perfœtkm pffss affaiblie encore ; mais chacun pourtant, suivaM le^egré précis de sqb âtre, exprime ia p€a*£Betîon id»c4iie de VÊàitB^eaï soi.

La perfeelioD ahaiîfaie a done saplace d»isla doctrrne deSpiki43Ea, ainsi qne la |)ierfec4»on relative à 4otts ses de- ^és, laqwelkea^kiipfMe'en mélange nécessaire d'imperiecÉio&. SenlènKent la perfection ne diffère pas de Tëtre ; die s^y rapporte et i^y nesure, et rebelle dos degrés 4e l'être es! cdk des4egré6 de la p^^feetion.

â 168 INTRODUCTION.

Dans rhomme, qu'est-ce pour Spinoza que le biecL c'est Futile, et l'utile, c'est ce qui amène la joie ou mz:^ qui écarte la tristesse. Mais qu'est-ce que la joie et Tl tristesse? la joie, c'est le passage de l'âme à une p^:»fection plus grande, et la tristesse , c'est le passage ^3e l'âme à une moindre perfection. En d'autres termes, la joie , c'est le désir satisfait ; la tristesse , c'est le désir contrarié ; et tout désir se ramène à un seul désir fondamental, qui fait l'essence de l'homme, le désir de persévérer dans l'être. Ainsi, toute âme humaine a un degré précis d'être ou de perfection qui la constitue, et qui de soi tend à se maintenir. Ce qui augmente l'être ou la perfection de l'âme lui cause de la joie, lui est utUe, lui est bon. Ce qui diminue l'être ou la perfection de l'âme lui cause de la tristesse , lui est nuisible , est un mal à ses yeux.

Il y a donc de la perfection et de l'imperfection , du bien et du mal, dans la nature humaine comme en toutes choses , et la vie des hommes est une série d'états successifs qui peuvent être comparés les uns aux autres, mesurés, estimés, sous le rapport de la perfection et du bien, le tout, sans tenir aucun compte du libre arbitre, du mérite, du péché, et comme s'il s'agissait de plantes ou de minéraux.

Spinoza a donc parfaitement le droit de poser cette question, qui est pour lui la question morale: quelle est pour l'homme la vie la plus parfaite? Car cela veut dire: quelle est la vie où l'âme a le plus de joie, c'est-à-dire le plus de perfection, c'est-à-dire le plus d'être? Je dis qu'on ne peut contester à Spinoza le droit de poser ce problème : car peu importe ici que l'âme influe ou non sur sa destinée ; pourvu qu'elle en ait une, pourvu qu'il

soit certain que par ractîon des causes étrangères et son action propre (bien que nécessitée ) , son être augmente :>u diminue, on peut rechercher dans quel cas elle a [>lus d*ôtre et dans quel cas elle en a moins , en d'autres ^rmes, quelles sont pour Tàme humaine les conditions ie la plus grande perfection possible. On dira : qu'importe de savoir quelle est la vie la plus parfaite, si on ne ^euty conformer la sienne? Mais Spinoza répliquera que -*est une autre question , et qu'il se réserve de prouver [>lus tard que la connaissance de la vie la plus parfaite 3t la plus heureuse n'est pas étrangère à notre perfection st à notre bonheur.

Le problème ainsi posé , Spinoza en donne une solution d'une simplicité et d'une élévation également remarquables.

La loi de Thomme et son droit, c'est de conserver son être, et en ce sens toute action, la plus violente et la plus criminelle en apparence, est légitime. Mais il y a deux voies qui conduisent l'homme à la conservation de son être : l'appétit aveugle et brutal, et le désir que la raison conduit. Or la raison vaut mieux que l'appétit ^ L'appétit, esclave des sens et de l'imagination, ne va qu'au plaisir du moment * ; la raison médite l'avenir ; et comme il est de son essence de concevoir les choses sous la forme de l'éternité*, elle affecte l'âme par l'idée des biens à venir aussi fortement que par celle des biens présents ^. De là cette sagesse qui ne donne rien au hasard, s'abstient à

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