Éthique, partie 4, Propos
4. Spinoza résume aiusi sa doctrine sur l'amour de Dieu : • H 99t donc utih «I suprême degré, dans la t>i>, de perfectionner auUmi que possible l'efi^
A l'aide de ce principe fécond, Spinoza, qui semblait avoir détruit toutes les vertus en les confondant avec les vices dans un mélange sacrilège , va les retrouver Tune après l'autre.
Il avait fait de l'humanité un assemblage d'êtres égoïstes, uniquement occupés de la satisfaction de leurs grossiers appétits, un troupeau de bétes féroces prêtes à s'entr' égorger sans pitié; il va maintenant réconcilier les hommes et les unir en une grande famille où régnera la charité. Quelle est, en effet, la cause de toutes les haines, de toutes les violences des hommes ? c'est l'appétit, qui les pousse vers des objets dont la possession est incertaine et ne peut se partager. Mais la raison pacifie toutes nos passions en les élevant à leur objet véritable ; et le privilège sublime de ce divin objet, c'est qu'il se donne tout entier à tous ' , et, loin de s'affaiblir, s'augmente encore par une possession commune •- « Vamour de Dieu, dit Spinoza, ne peut être souillé par aucun sentiment d'envie ni de jalousie, et il est entretenu en nous avec d'autant plus de force que nous nous représentons un plus grand nombre d^ hommes comme unis avec Dieu d'un même lien d amour ^, »
Il ne faut pas croire que l'amour de Dieu nous impose rien de contraire à notre nature ; tout au contraire, il est
Undement, la raison ; et c'est en cela seut que consiste le souverain 6<mhewy la béatiltAde. La béatitiuie, en effet, n'est pas autre chose que cette tranquillité de l'âme qui naît de la' connaissance intuitive de Dieu ; et la perfection de l'entendement consiste à comprendre Dieu, les attributs de Dieu et les actions qui résultent de la nécessité de la nature divine, La fin sutprime de l'homme que la raison conduit, son désir suprême, ce désir par lequel il s'efforce de régler tous les autres, c'est donc le désir qui le porte à se con-naître soi-même d'urne manière adéquate, et à connaître de la même façon toutes les choses qui tombent sous son intelligence, » (De l'Esclavage, Appendice, chap. lY.)
i. De l'Esclavage, Propos. 36.