Traite théologico-politique, ch. vu
UÎTKODUCTION. 201
le l'Écriture contient quelques notions précises sur eu ; mais elles tendent toutes à cet unique point, savoir : l'il existe un Être suprême qui aime la justice et la larité, à qui tout le monde doit obéir pour être sauvé,
qu'il faut adorer par la pratique de la justice et de la larité envers le prochain.
Voilà le catéchisme de Spinoza. Il contient, suivant lui, i substance de toutes les religions. Tout le reste est ffaire de spéculation, sans intérêt pour la pratique, sans apport à la masse du genre humain. « Je laisse à juger
tous, dit Spinoza, de la bonté de cette doctrine, com- )ien elle est salutaire, combien elle est nécessaire dans m Etat pour que les hommes y vivent dans la paix et la îoncorde , enfin combien de causes graves de troubles it de crimes elle détruit jusque dans leurs racines '. »
Quelle est en eifet Torigine de toutes les discordes qui igitent les empires? c'est l'empiétement de l'autorité religieuse sur celle de l'État; et cette tendance perpéuelle du sacerdoce à envahir le gouvernement tient elleûême à ce que la religion n'est point séparée de la phiosophie et circonscrite dans la sphère qui lui est propre, a sphère de la pratique et des mœurs. Bien loin que la eligion doive dominer l'État, c'est l'État qui doit régler t surveiller la religion.